Politique : Sam Rainsy promet de provoquer un « tsunami » de partisans pour destituer le Premier ministre

Le président par intérim du PNSC a déclaré vendredi qu’il dirigerait un « tsunami » de partisans pour arrêter le Premier ministre Hun Sen, et libérer Kem Sokha lors de son retour dans le pays.

Sam Rainsy. Photographie RFA (cc)
Sam Rainsy. Photographie RFA (cc)

Déclarations et confirmations

« Je conduirai les gens à arrêter Hun Sen, et il n’aura pas d’autre choix que d’accepter », a déclaré Sam Rainsy au service Khmer de RFA. Il a également évoqué, une nouvelle fois, son intention de procéder à la « restauration de la démocratie  au Cambodge ». « Si 200 000 personnes se rassemblent pour entrer au Cambodge avec nous, le Premier ministre ne pourra pas contrôler la situation. »

«Je me suis bien préparé physiquement et émotionnellement pour mon retour, et rien n’a changé. J’arriverai au Cambodge le 9 novembre 2019. Je suis sûr à 100%. Je ne peux pas dévoiler en détails mon itinéraire, mais j’annonce que la route a déjà été pavée pour mon retour », a-t-il ajouté.

Il y a quelques semaines, Sam Rainsy avait exhorté ses partisans et les membres des forces armées cambodgiennes à le rallier lors de son retour. Mais, le Premier ministre Hun Sen, et d’autres officiels ont promis d’arrêter le chef de l’opposition, et ceux qui l’accompagneraient, dès qu’il poserait un pied dans le pays.

Probabilités

En réponse à une question d’un auditeur de RFA sur la probabilité de succès de son projet, au regard du soutien chinois et vietnamien en faveur du parti au pouvoir après les élections de 2018, Sam Rainsy a indiqué qu’il ne fallait pas « sous-estimer le peuple cambodgien ».

« Nous ne devons pas accorder trop de crédit aux étrangers », a-t-il déclaré sur ce point, ajoutant que « les gouvernements étrangers ne peuvent pas retenir le peuple cambodgien ».

La vice-présidente du PNSC, Mu Sochua, a déclaré sur sa page Facebook qu’elle-même et d’autres dirigeants du parti étaient arrivés en Thaïlande samedi dernier. « Les prisonniers du régime de Hun Sen se rassemblent, et sont prêts à rentrer au Cambodge le 9 novembre 2019 », a-t-elle affirmé.

Condamnations

Sam Rainsy a été saisi de 21 chefs d’accusation différents depuis 2008. Ces dernières semaines, la police a procédé à plusieurs arrestations de ses sympathisants, portant à 48 le nombre de militants du PNSC détenus depuis le début de l’année, et à près de 184 le nombre de personnes interrogées au cours de la même période.

Fermeté du gouvernement

Au début du mois d’octobre, le Premier ministre Hun Sen a ordonné à l’armée de procéder à l’arrestation des dirigeants du PNSC actuellement en exil s’ils se rendaient dans le pays en vue d’organiser des manifestations contre le pouvoir.

S’exprimant lors d’une cérémonie de remise des diplômes d’élèves du secondaire à Phnom Penh, S.E. Hun Sen avait ordonné au ministre de la Défense, Tea Banh, de déployer toutes ses forces et ses « armes à la pointe de la technologie » pour empêcher le rapatriement des dirigeants de l’opposition.

« Empêchez-les d’agir partout où vous les verrez – vous n’avez pas besoin de mandat d’arrêt », avait-t-il déclaré, ajoutant que « toutes les forces armées sont autorisées à mener cette opération ».

« Nos troupes devront être déployées. Ce n’est plus une manifestation ou une contestation normale, c’est devenu un conflit armé. »

Le Premier ministre a également averti les travailleurs migrants cambodgiens en Thaïlande de s’abstenir d’apporter leur soutien au PNSC, menaçant de les faire « arrêter et rapatrier au Cambodge pour y être condamné ».

Coopération thaïlandaise

Sok Eysan, porte-parole du PPC, a déclaré hier que les autorités thaïlandaises remettraient M. Rainsy à leurs homologues cambodgiens avant qu’il n’entre au Cambodge. « Les deux pays collaborent étroitement. Si le condamné Sam Rainsy monte dans un avion à destination de la Thaïlande, il sera arrêté et jeté dans un sac avant d’être envoyé à Phnom Penh », a-t-il déclaré.

CG. Source : Service khmer de RFA

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