Initiative – Conférence : Durable et profitable, 5e Green Biz Forum d’EuroCham

Déjà une cinquième édition pour le Green Biz Forum d’EuroCham qui a eu lieu le 10 octobre dernier! Cette fois-ci pour démontrer concrètement que le développement durable peut aller de pair avec la profitabilité pour les entreprises.

cinquième édition pour le Green Biz Forum d’EuroCham
Cinquième édition pour le Green Biz Forum d’EuroCham

Pour les habitués du Green Biz Forum, le thème de cette année est l’aboutissement naturel des précédentes éditions et confirme des problématiques clairement identifiées tels que mettre en place des alternatives énergétiques plus propres, trouver des solutions pour le traitement ou le recyclage des déchets ou travailler de concert avec les différents acteurs pour construire des villes plus durables.

De plus en plus d’initiatives vertes et durables…

La croissance toujours soutenue du Cambodge ces dernières années a eu un impact sur l’environnement qui n’est plus ignorée par personne. Il existe aujourd’hui une prise de conscience et une volonté politique affichée pour trouver des solutions urgentes, en partenariat étroit avec le secteur privé et les acteurs institutionnels.

Comme le souligne Arnaud Darc dans son discours d’ouverture, le vif succès du premier concours RSE de l’EuroCham a clairement montré les progrès importants du secteur privé en terme d’initiatives vertes et durables. Ces progrès sont associés avec un changement notable dans les mentalités : le développement durable n’est plus une option ou une utopie, il est devenu pour un nombre croissant d’entreprises une donnée qui se doit d’être intégrée à plus ou moins grande échelle dans leurs plans futurs.

Des choix durables pour un surcoût parfois modeste…mais des bénéfices multiples

En effet, contrairement aux croyances populaires, choisir des options plus écologiques et durables n’est pas forcément beaucoup plus coûteux mais surtout les bénéfices retirés en terme de bien-être, d’économies ou de productivité en valent largement la peine.

Le Global Green Growth Institute (GGGI) a estimé que plus de 500 000 emplois pouvaient être créés au Cambodge grâce à la mise en place d’initiatives vertes dans le secteur industriel. Le premier panel, au travers de nombreux exemples, s’est attaché à démontrer ces points : que ce soit la construction de logements abordables de Worldbridge Homes, la mise en avant des économies substantielles que peuvent apporter la construction de «green buildings’’ pour un surcoût relativement modeste, le développement exponentiel récent des projets en énergies renouvelables comme les projets de fermes solaires ou la présentation d’innovations simples mais majeures telles que des grilles en céramique naturelle qui, installées sur des installations existantes d’air conditionné, réduisent de 25% la consommation énergétique de ces systèmes.

Un travail important de sensibilisation à mettre en oeuvre

Beaucoup de solutions existent donc mais le travail de sensibilisation à faire reste important : il existe un effet « trop beau pour être vrai » et une résistance naturelle à des changements d’habitudes.

Éduquer ses employés à des gestes simples d’économie d’énergie peut faire baisser sans autre la note d’électricité de 10%. L’application plus systématique de systèmes de notations internationales tels que le LEED certification ou EDGE pourrait être une source de motivation pour les entreprises à intégrer des solutions plus économes dans la construction de leurs bâtiments.

A une plus grande échelle, il faut aussi tenir compte du temps nécessaire pour adapter les infrastructures existantes aux progrès réalisés dans les énergies renouvelables : par exemple, le réseau électrique actuel n’est pas capable aujourd’hui d’absorber une grosse quantité d’énergie produite par le solaire.

Des défis importants pour construire des villes durables au Cambodge

En effet, si au niveau des entreprises, les défis existent, ceux-ci prennent effectivement une tout autre dimension au niveau de la ville.

L’humain et la place du citoyen restent pourtant au cœur des priorités de la ville durable. La construction d’un écosystème pérenne passera par des investissements nécessaires et conséquents dans des infrastructures tels que la distribution d’eau potable, le traitement des déchets et celui des eaux usées.

En terme de distribution d’eau potable, la Régie des eaux de Phnom Penh (Phnom Penh Water Supply Authority) affiche tranquillement ses ambitions : un quasi doublement de la production actuelle pour atteindre en 2030 plus d’un million de m3 par jour, ceci grâce à deux nouveaux projets qui recevront une aide importante de l’Union Européenne, à travers la Banque Européenne d’Investissement, l’aide allemande KFW et l’AFD. Une révision des tarifs permettra de baisser ceux-ci pour les foyers à bas revenus en les répercutant sur les catégories les plus aisées.

S’il n’y avait que l’eau potable…mais comme le souligne le Vice-Gouverneur de Phnom Penh M. Nuon Pharat, la principale ville du pays a pratiquement doublé de surface. elle couvre aujourd’hui environ 692 000 m2 avec une population estimée à 3 millions d’habitants.

Gestion des déchets, traitement des eaux usés, circulation difficile, besoins d’infrastructures…les défis à relever sont non négligeables. Mais les opportunités le sont également et le second panel du Forum a présenté de nombreux exemples tels le soutien de GGGI pour essayer de mettre en place des systèmes viables de transformation des déchets en énergie, les activités de recyclage de GOMI (en particulier dans le plastique) ou encore les multiples initiatives vertes de start-up ou de PME locales, très dynamiques.

Des collaborations plus étroites à tous les niveaux

Il est intéressant d’ailleurs de constater cette année le soutien affiché du Ministère de l’Economie et des Finances qui a ouvert le Forum par l’intermédiaire de son représentant, S.E. Dr Phan Phalla, qui a souligné l’apport précieux des recommandations incluses dans le White Book d’EuroCham.

Le Gouvernement a d’ailleurs adopté des mesures allant dans ce sens, notamment en ce qui concerne le domaine du recyclage.

Alors ? Est-ce que durable rime vraiment avec profitable ? La 5e édition du Green Biz Forum a permis de démontrer que c’était non seulement possible mais que les initiatives se multipliaient, à petite ou grande échelle, en collaboration étroite entre les différentes parties prenantes ou de par des initiatives citoyennes individuelles.

Citons en conclusion deux points importants mentionnés par Andéol Cadin, Chairman du Comité Green Biz : il est important d’intégrer la nouvelle génération si prometteuse et dynamique de jeunes entrepreneurs et start-up dans ce nouvel écosystème en devenir, et surtout, plus que jamais, il est nécessaire de renforcer l’éducation et la formation en développement durable pour faire face aux futurs besoins !

Par Ratana Phurik-Callebaut

Photographies Eurocham – Jérémie Montessuis

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