Economie : La Banque mondiale maintient ses prévisions pour une croissance forte

Le rapport de la Banque mondiale sur la mise à jour économique concernant l’Asie de l’Est et du Pacifique ne modifie en rien ses projections concernant la croissance du PIB du Cambodge en 2019 par rapport à ses précédentes prévisions d’avril 2019.

La Banque mondiale maintient ses prévisions pour une croissance forte
La Banque mondiale maintient ses prévisions pour une croissance forte. Photographie Christophe Gargiulo

Maintien des prévisions

Le rapport, publié jeudi après-midi, indique que la croissance du PIB cambodgien sera de 7% en 2019. Elle baissera légèrement en 2020 pour s’établir à 6,8%. Ce taux de croissance est supérieur à celui des autres pays de l’ASEAN. Ceux du Myanmar et du Vietnam seront à 6,6%. La prévision pour le Laos est de 6,5%.

Le rapport indique que la croissance globale des économies en développement de l’Asie de l’Est et du Pacifique devrait ralentir, passant de 6,3% en 2018 à 5,8% en 2019 et à 5,7  en 2020 et 5,6% en 2021. Cela provient des effets d’une baisse généralisée de la croissance des exportations et de l’activité manufacturière.

Tensions commerciales

Selon la Banque mondiale, la faiblesse de la demande internationale et l’incertitude grandissante entourant les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine ont entraîné une baisse de la croissance des exportations et de l’investissement, mettant ainsi à l’épreuve la résilience de la région.

En dehors de la Chine, la croissance de la consommation est restée stable, mais légèrement inférieure par rapport à 2018. La croissance des petites économies de la région est cependant restée robuste en raison d’une activité soutenue dans les secteurs du tourisme, de l’immobilier et de l’extraction de matières premières.

Pauvreté

« Le rythme de réduction de la pauvreté ralentit la croissance », a déclaré Mme Victoria Kwakwa, vice-présidente de la Banque mondiale pour l’Asie de l’Est et le Pacifique. « Nous estimons que près du quart de la population des pays en développement d’Asie de l’Est et du Pacifique vit au-dessous du seuil de pauvreté (5,50 USD par jour). Cela comprend près de 7 millions de personnes de plus que prévu en avril, lorsque la croissance régionale semblait plus robuste », a-t-elle ajouté.

Manque de moyens

Le rapport indique clairement que les tensions commerciales croissantes constituent une menace à long terme pour la croissance régionale. Certains pays ont espéré tirer parti d’une reconfiguration du paysage commercial mondial, mais le manque de souplesse des chaînes de valeur mondiales limite les avantages potentiels à court terme pour les pays de la région.

« Alors que les entreprises cherchent des moyens d’éviter les droits de douane, il sera difficile pour les pays en développement d’Asie de l’Est et du Pacifique de remplacer à court terme le rôle de la Chine dans les chaînes de valeur mondiales en raison d’une infrastructure inadéquate et d’une production à petite échelle », a déclaré M. Andrew Mason, économiste en chef de la Banque mondiale pour l’Asie de l’Est et le Pacifique.

Risques de baisse

Le rapport indique que les risques à la baisse pour les perspectives de croissance de la région se sont intensifiés. Les tensions commerciales prolongées entre la Chine et les États-Unis continueraient de nuire à la croissance des investissements, compte tenu des niveaux d’incertitude élevés. Un ralentissement plus rapide que prévu en Chine, dans la zone euro et aux États-Unis, ainsi que des désordres liés Brexit, pourraient encore affaiblir la demande extérieure pour les exportations de la région.

Freins

Les niveaux d’endettement élevés et croissants dans certains pays limitent également leur capacité à utiliser les politiques budgétaires et monétaires pour atténuer les effets du ralentissement. En outre, toute modification abrupte de la situation financière mondiale pourrait se traduire par une augmentation des coûts d’emprunt pour la région. Cela est susceptible de freiner la croissance du crédit et de peser davantage sur l’investissement privé et la croissance économique de la région.

Recommandations

Pour faire face à ces risques croissants, la Banque mondiale recommande aux pays disposant d’une marge de manœuvre suffisante de prendre des mesures fiscales et / ou monétaires pour stimuler leur économie, tout en veillant à la viabilité des finances publiques et de la dette. Les pays de la région auront également intérêt à maintenir le cap sur l’ouverture commerciale, et à renforcer l’intégration commerciale régionale.

Le différend commercial en cours entre les États-Unis et la Chine, ainsi que le ralentissement de la croissance mondiale, accentuent également la nécessité pour les pays de la région d’entreprendre des réformes pour améliorer leur productivité et stimuler leur croissance.

Cela comprend des réformes réglementaires susceptibles d’améliorer le climat des échanges et des investissements et de faciliter la circulation des marchandises, des technologies et du savoir-faire.

Source Banque mondiale

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