Économie – Doing Business 2020 : Chute du royaume dans le classement de la Banque mondiale

« Démarrer une entreprise au Cambodge est devenu plus onéreux », indique le récent classement du document « Doing Business 2020 » publié jeudi dernier par la Banque mondiale.

Économie : Chute du royaume dans le classement de la Banque mondiale
Économie : Chute du royaume dans le classement de la Banque mondiale

Calcul

Le Cambodge, qui se classait 138e en 2018, est tombé au 144e rang cette année.

Le classement de la Banque mondiale est calculé en fonction d’une dizaine de facteurs : la facilité de création d’une entreprise, les permis de construire, l’électricité, l’immatriculation foncière, l’octroi de crédits, la protection des investisseurs minoritaires, le paiement des taxes, le commerce transfrontalier, le respect des contrats, et le traitement des problèmes d’insolvabilité.

Pour cette mouture 2019, la Nouvelle-Zélande occupe le premier rang, suivie de Singapour, de Hong Kong, du Danemark, de la Corée du Sud, des États-Unis, de la Géorgie, du Royaume-Uni, de la Norvège et de la Suède.

Carences

Le Cambodge reste classé au premier rang pour l’accès au crédit, en se classant 25e. Toutefois, la facilité de création d’une entreprise et le respect des contrats donnent des résultats moins enthousiasmants.

« Le Cambodge a rendu la création d’une entreprise plus onéreuse en augmentant les coûts liés à l’enregistrement des entreprises auprès du ministère du Travail et de la Formation professionnelle », indique le rapport en faisant référence à la facilité de création d’une entité commerciale.

« Le Ministère du commerce a toutefois entrepris de gros efforts pour faciliter la création d’une entreprise en créant un portail d’enregistrement en ligne, et en permettant la création numérique de certains documents. Sur le plan régional, le Cambodge se comporte mieux que Laos et le Myanmar, mais accuse un retard conséquent par rapport à la Thaïlande et au Vietnam », cite le document.

Banque mondiale

Charlotte Nan Jiang, spécialiste de la réglementation à la Banque mondiale, a déclaré que l’un des plus gros obstacles était l’obtention de permis de construire, faisant du Cambodge l’un des plus lents au monde.

« Il faut 652 jours pour obtenir tous les permis de construction nécessaires à la construction d’un nouvel entrepôt commercial à Phnom Penh. Il s’agit du délai le plus long parmi les 190 économies couvertes par le rapport », a-t-elle déclaré.

Elle a ajouté que d’autres facteurs, tels que les difficultés pour faire respecter un contrat et le manque de meilleures pratiques judiciaires pour traiter les différends contractuels, obèrent le classement du Cambodge.

Efforts du gouvernement

Le porte-parole du gouvernement, Phay Siphan, a indiqué que le gouvernement était conscient de ces problèmes et qu’il s’efforçait de les résoudre : « Le gouvernement cambodgien a réduit certains coûts pour accroître la compétitivité en supprimant CamControl et des agents aux points de contrôle frontaliers », a-t-il déclaré.

Le rapport de la Banque mondiale indique également que le gouvernement a réduit les frais d’obtention des permis de construire.

Nget Chou, chercheur en économie, a déclaré qu’il était essentiel que le Cambodge réponde à ces préoccupations, sinon il serait difficile d’attirer les investissements étrangers non chinois : « Je pense que le Cambodge doit déployer davantage d’efforts pour faciliter la création d’une entreprise. Dans le cas contraire, nous ne serons pas en mesure d’attirer de bons investissements directs étrangers de pays autres que la Chine.»

CG avec VOA Khmer

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