Société : Message de Kem Sokha, « Pas de manifestation violente en mon nom »

Dans un message marquant sa deuxième année de détention, Kem Sokha, a promis de ne pas traiter ses partisans comme des « boucliers ».

Message de Kem Sokha, « Pas de manifestation violente en mon nom »
Message de Kem Sokha, « Pas de manifestation violente en mon nom »

Il les a également exhortés à adhérer aux principes de la non-violence en attendant son procès pour trahison.

Pas de violence

Dans un message publié sur son compte Facebook, le leader de l’opposition a déclaré qu’il était prêt à tout sacrifier pour la démocratie dans son pays, et a néanmoins appelé ses partisans à s’abstenir de toute manifestation violente en son nom.

« Je sais qu’en tant que démocrate et dirigeant de l’opposition, je ferai face à d’innombrables dangers et souffrances, mais je demande à mes sympathisants d’adhérer aux principes de la non-violence, malgré ma détention », a-t-il écrit.

« Bien que je sois une victime, je l’accepte. En tant que dirigeant, je ne traiterai pas mes partisans comme des boucliers. Je lance un appel à tous les Cambodgiens pour qu’ils se réconcilient, car nous avons déjà suffisamment souffert. », a-t-il ajouté.

Déjà

Le dernier message de Kem Sokha avant celui-ci remonte au mois de janvier 2019. À l’occasion de la nouvelle année, M. Sokha avait déclaré que les leaders politiques devraient servir de modèles à leurs partisans, et ouvrir la voie à la prochaine génération de Cambodgiens : « … s’il vous plaît, ouvrez un nouveau chapitre de l’histoire en devenant un dirigeant politique idéal… », avait écrit M. Sokha, sans citer de nom en particulier.

Rappel

Rappelons que la Cour suprême du Cambodge a interdit le parti d’opposition PNSC en novembre 2017 pour son rôle dans un supposé complot visant à renverser le régime actuel. Deux mois après, la police arrêtait Kem Sokha. Il risque jusqu’à 30 ans de prison s’il est déclaré coupable de trahison. Pour l’instant, aucune date n’a été fixée pour son procès.

Demande d’abandon des charges

Le mois dernier, Chin Malin, porte-parole du ministère de la Justice, avait déclaré à RFA que l’équipe juridique assurant la défense de Sokha devait produire « de nouvelles preuves convaincantes » pour prouver son innocence.

Sa déclaration faisait suite à une requête de l’un des avocats de Kem Sokha, Pheng Heng, qui demandait au tribunal d’abandonner les poursuites contre son client. Selon l’homme de loi, la détention préventive prolongée n’est pas conforme à la loi cambodgienne.

Mardi, Meng Sopheary, également responsable de la défense de M.Sokha, a demandé à nouveau au juge d’instruction d’abandonner toutes les charges retenues contre son client.

« Le juge a restreint la liberté de Kem Sokha », a-t-elle déclaré, soulignant qu’en vertu de son assignation à résidence, il doit rester autour de son domicile, ne peut rencontrer les responsables de l’opposition ni accueillir des rassemblements ou exercer des activités politiques.

« Ce sont des conditions extrêmement strictes », a-t-elle argumenté.

En septembre 2018, les autorités ont transféré Kem Sokha, après plus d’un an de détention provisoire dans une prison isolée, dans sa résidence de Phnom Penh, sous un « contrôle judiciaire extrêmement restrictif qui équivaut à une détention à domicile », indique une lettre publiée par des ONG souhaitant dénoncer ce qu’elles appellent « une crise des droits de l’homme au Cambodge ».

« La loi cambodgienne ne prévoit pas de résidence surveillée et il n’y a aucune preuve que Sokha a commis une infraction reconnue par le droit international », indique la lettre.

Réponse du gouvernement

Le porte-parole du ministère de la Justice, Chin Malin, a rejeté mardi ces accusations selon lesquelles Kem Sokha serait placé en résidence surveillée. Il affirme qu’il est libre de « quitter son domicile ».

« C’est son droit de rester chez lui, mais il peut sortir — selon les conditions imposées par le juge —. Et, s’il veut voyager dans le pays, il peut faire une demande en règle au magistrat », a-t-il précisé. Il a ajouté que Kem Sokha « ne serait pas arrêté s’il fait les choses dans l’ordre ».

Motifs

Les preuves présentées contre Kem Sokha et ayant conduit à son arrestation sont une vidéo enregistrée en 2013 dans laquelle il discute d’une stratégie visant à gagner le pouvoir aux élections avec l’aide d’experts américains.

Kem Sokha avait alors déclaré que sa déclaration dans le document filmé « était simplement un discours éducatif sur l’appréciation des droits de l’homme et de la démocratie », une explication qui n’a pas convaincu les autorités cambodgiennes.

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