Société – Enfance (1) : Le Cambodge s’engage à mettre fin à la violence à l’égard des enfants

Le gouvernement royal du Cambodge s’est engagé à agir pour mettre un terme à toutes les formes de violence à l’égard des enfants. Le royaume entend devenir un pays pionnier dans cette initiative.

Conférence

Jeudi dernier, lors d’une grande conférence organisée par le Ministère des Affaires sociales, des anciens Combattants et des Jeunes, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Partenariat mondial pour mettre fin à la violence à l’égard des enfants (GPEVAC), le Cambodge a réaffirmé son engagement à mettre en œuvre le plan d’action interministériel visant à prévenir et à combattre la violence à l’encontre des enfants.

Le Cambodge est le quatrième pays de la région à adhérer officiellement au GPEVAC et à devenir un pays pionnier, après l’Indonésie, les Philippines et la Mongolie.

Cet engagement est bienvenu alors que le Cambodge déclare souhaiter intensifier ses efforts pour concrétiser son ambition de devenir un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure avant 2030 et un pays à revenu élevé en 2050.

conférence organisée par le Ministère des affaires sociales, des anciens combattants et des jeunes, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Partenariat mondial pour mettre fin à la violence à l’égard des enfants (GPEVAC)
Conférence organisée par le Ministère des Affaires sociales, des anciens Combattants et des Jeunes, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Partenariat mondial pour mettre fin à la violence à l’égard des enfants (GPEVAC)

Au Cambodge, un enfant sur deux est victime d’au moins une forme de violence avant l’âge de 18 ans.

La violence a de graves conséquences à long terme sur la vie des enfants, leur développement et l’avenir de leurs communautés. Les enfants victimes de violence peuvent faire face à des déficiences physiques et mentales, à une perte d’estime de soi, à des actes d’automutilation et à des pensées suicidaires. Ils risquent davantage de devenir des auteurs ou des victimes de violence plus tard dans leur vie d’adulte.

Enfants des bidonvilles
Enfant des bidonvilles. Photographie Christophe Gargiulo

Rappel

Le KidsRights Index , publié en mai dernier, classe le Cambodge 128e sur 181 pays en matière de droits de l’enfant. Le rapport, qui utilise des indicateurs tels que la santé, l’éducation et la protection des enfants, avance que la croissance économique ne conduit pas forcément à une meilleure mise en œuvre des droits de l’enfant.

Huy Khy, conseiller principal à l’ONG Save the Children, a déclaré que bien que des progrès significatifs aient été accomplis dans le cadre juridique pour la protection des droits des enfants, la mise en œuvre reste fragile.

Discours

Son Excellence Vong Sauth, ministre des Affaires sociales, des anciens Combattants et de la Réhabilitation des jeunes, a déclaré : « Face à la violence contre les enfants, le gouvernement s’engage fortement à respecter et à promouvoir la Convention relative aux droits de l’enfant afin de garantir que les enfants puissent vivre en liberté, dans la paix et la prospérité. Le gouvernement a adopté de nombreuses mesures, notamment la promulgation de lois, de programmes, de plans stratégiques et de procédures légales, pour améliorer la protection des enfants. Dans ce contexte, le Cambodge a été le premier pays de l’ASEAN à mener une enquête nationale sur la violence à l’encontre des enfants. »

Le ministre a ajouté : « Cette étude a clairement identifié l’ampleur du problème et dévoilé des évidences concrètes de violences physiques, sexuelles et émotionnelles subies par des enfants cambodgiens. Sur la base de ces résultats, un plan d’action pour prévenir et combattre la violence à l’encontre des enfants 2017-2021 a été préparé pour lutter contre cette violence et promouvoir des solutions durables. »

Son Excellence Men Sam An, ministre de l’Inspection nationale, des Relations et de l’Inspection du Sénat, représentant de Samdech Hun Sen, a ajouté : « Le sixième mandat du gouvernement donne la priorité aux questions relatives aux enfants. Pour mettre fin à la violence à l’encontre de ceux-ci, il y a un besoin de responsabilité commune de la part de tous les acteurs concernés. La participation de tous les ministères, institutions, organisations non gouvernementales nationales et internationales et de toutes les parties prenantes est indispensable. »

UNICEF

« Cette conférence marque une étape importante pour les droits de tous les enfants cambodgiens. La violence à l’encontre des enfants est injustifiable et intolérable. Il est possible de mettre fin à ce fléau, et c’est notre responsabilité à tous », a déclaré Cristian Munduate, représentant de l’UNICEF au Cambodge.

Howard Taylor, directeur général du GPEVAC, participait aussi à cet événement. « Nous démarrons aujourd’hui un nouveau partenariat avec le gouvernement, la société civile, le secteur privé et d’autres groupes et personnes clés au Cambodge. Nous nous unissons derrière un seul objectif : une société au sein de laquelle chaque enfant grandit en sécurité. Nos efforts doivent être des investissements judicieux pour les enfants d’aujourd’hui, avec des impacts positifs sur les générations à venir », a-t-il déclaré.

La conférence a rassemblé plus de 250 membres de la société civile, partenaires de développement, fonctionnaires, acteurs du secteur privé et journalistes.

Au cours de l’événement, Son Excellence Nath Bunroeun, secrétaire d’État au ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports et haut représentant de Son Excellence le ministre Hang Choun Naron, a approuvé l’initiative Safe to Learn, qui vise à assurer la sécurité des enfants dans et autour des écoles, et à améliorer leurs résultats scolaires.

À propos de GPEVAC

Le Partenariat mondial contre la violence à l’encontre des enfants a été lancé en juillet 2016 par le Secrétaire général de l’ONU. Cette collaboration entre le secteur public et le secteur privé vise à mettre fin à la violence à l’encontre des enfants. Le projet inclut les gouvernements, les agences des Nations Unies, les organisations internationales, la société civile, les groupes confessionnels, le secteur privé, les fondations philanthropiques, les chercheurs, les universitaires et les enfants eux-mêmes.

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