Politique : Nouvelles invectives de Sam Rainsy à l’encontre de Sa Majesté le roi

Nouvelles attaques verbales

« Je perds confiance dans le roi actuel. Il n’ouvre jamais les yeux pour voir la souffrance des gens. Le roi suit les ordres du Premier ministre. Le roi actuel est donc inutile, cela ne m’intéresse pas et je ne le respecte pas », a déclaré Sam Rainsy dans une interview avec Hello VOA vendredi dernier.

Selon l’agence de presse cambodgienne Fresh News, M. Rainsy a également désigné Sa Majesté le roi en utilisant le pronom personnel « it », un pronom personnel qui désigne en anglais un objet ou s’utilise pour traduire le pronom démonstratif — neutre « cela ».

Les déclarations de Sam Rainsy à propos de Sa Majesté le roi Norodom Sihamoni ont été suivies de nombreuses protestations sur les réseaux sociaux. L’agence Fresh News a aussi publié sur sa page web quelques communiqués de Cambodgiens de l’étranger qui annoncent se désolidariser de M. Rainsy en raison du manque de respect manifesté à l’encontre du monarque.

Confirmation

« Le roi actuel n’a aucun pouvoir. Accorder ou non l’amnistie dépend de Hun Sen. Ainsi, nous devons résoudre le problème de Hun Sen. Celui du roi se réglera tout seul », a déclaré M. Rainsy lors de l’interview.

« Ils m’ont accusé d’avoir insulté le roi, je continue d’affirmer que le roi n’est qu’une décoration pour le régime », a écrit l’opposant sur sa page Facebook le 19 septembre. Il confirme ainsi une position annoncée quelques jours auparavant à l’encontre du roi.

M. Koy Sao, juge d’instruction du tribunal de Phnom Penh, a délivré le 16 septembre 2019 un mandat d’arrêt contre Sam Rainsy pour avoir insulté Sa Majesté le roi, quelques jours auparavant. Ce dernier avait traité le monarque de « marionnette ».

Retour avec effets

Vendredi, le ministre cambodgien de la Justice a qualifié le retour du chef de l’opposition de « tentative de coup d’État » . Dans un communiqué, le ministère annonce : « Ceux qui participeront à l’organisation de ce coup d’État fomenté par Sam Rainsy seront poursuivis en justice et pourraient se voir infligés des peines de prison de à 15 à 30 ans. Et, si les suspects sont des participants actifs, ils seront condamnés à la prison à vie. »

« Le porte-parole du ministère de la Justice exhorte toutes les autorités cambodgiennes à prendre des mesures strictes contre les criminels afin de protéger la stabilité sociale », ajoute le communiqué.

Rappel

Sam Rainsy envisage de rentrer au Cambodge en compagnie de plusieurs autres hauts responsables du PNSC le 9 novembre prochain, une date qui coïncide avec le 66e anniversaire de l’indépendance du Cambodge vis-à-vis de la France. Lors de son interview vendredi à Washington, Sam Rainsy a affirmé que la déclaration du ministère n’empêcherait pas ses partisans de le rejoindre lors de son voyage au Cambodge.

« Au Cambodge, si vous êtes accusé d’être un traître, cela signifie que vous êtes un vrai patriote. Les dirigeants du pays qui se prétendent patriotes sont les véritables traîtres. J’exhorte les membres des forces armées à quitter Hun Sen et à se joindre à la population. S’ils le font, ils deviendront des héros nationaux », a-t-il déclaré.

Rejeter la Chine

Sam Rainsy a déclaré que son projet de retour et de mener une « manifestation pacifique pour dépouiller Hun Sen du pouvoir » n’avait pas changé et que son nouveau gouvernement « expulserait les Chinois » . Il a également indiqué qu’il refuserait à Beijing la permission d’utiliser le Cambodge comme base militaire.

« Hun Sen travaille avec la Chine et celle-ci étend son influence en envahissant d’autres pays. Mais, lorsque nous reviendrons à une véritable démocratie, nous retrouverons notre intégrité », a-t-il ajouté.

Confirmation de la demande de soutien américain

Sam Rainsy s’est rendu aux États-Unis mercredi et a rencontré des sénateurs américains, cherchant à obtenir leur aide pour son retour en novembre. Il a confirmé avoir « discuté de tous les aspects » de la situation à laquelle il est confronté, mais n’a pas donné de détails sur leurs conversations.

« Les États-Unis sont un bon ami du Cambodge. Par conséquent, lorsque nous traitons de questions importantes, nous devons les informer et leur demander conseil et soutien », a-t-il déclaré.

Arrestations

Entre-temps, plus de 100 policiers ont été déployés au domicile de l’activiste du PNSC, Nhem Van, dans le district de O’Meas Haek, dans la province de Svay Rieng, alors que d’autres membres du parti s’y étaient réunis vendredi. Arrestations de la semaine dernière et récentes perquisitions seraient directement liées à l’appel de Sam Rainsy. Le chef de la police a déclaré aux médias locaux que les activistes de l’ancien parti d’opposition s’étaient « réunis sans permission ».

Réaction américaine

Mercredi, le département d’État américain a fait part de son inquiétude face à la détention de militants politiques. Par la voix de son porte-parole, Morgan Ortagus, il a appelé le gouvernement cambodgien à lever les restrictions imposées aux membres de l’opposition.

Le porte-parole du gouvernement cambodgien, Phay Siphan, a déclaré aux journalistes lors d’une conférence de presse jeudi que le Cambodge “en avait marre” que Washington refuse d’arrêter Sam Rainsy.

Le porte-parole du ministère de la Justice, Chin Malin, a également qualifié de « politiquement motivés » les propos tenus par Mme Ortagus, soulignant que le département d’État américain « ne comprenait pas les lois du Cambodge », car les arrestations d’activistes du PNSC avaient pour seul but de « rétablir L’ordre social et la sécurité ».

Les propos de Phay Siphan sont intervenus alors que le porte-parole du PPC, Sok Ey San, eut exprimé l’espoir que le nouvel ambassadeur américain M. Murphy contribuerait à rétablir les liens entre les États-Unis et le Cambodge durant son mandat.

CG

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