Droits de l’homme : Michelle Bachelet interpelle le gouvernement cambodgien

La Haute Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet fustige le Cambodge pour le traitement des militants de l’opposition.

Michelle Bachelet, a pris la parole lors de la 42e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, le 9 septembre 2019.

Demande de mesures

Bien qu’elle ait souligné une collaboration régulière avec le gouvernement cambodgien, Mme Bachelet a lancé une attaque contre ce qu’elle qualifie de « harcèlement des autorités cambodgiennes à l’encontre de membres du Parti du sauvetage national cambodgien », soulignant l’interrogatoire par la police de plus de 100 militants du parti, et la détention de plus de 20 d’entre eux depuis le début de l’année.

La Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet
La Haute Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet

« La pression continue sur les sympathisants du principal parti d’opposition, qui a été dissout en 2017. La police ou les tribunaux ont interrogé plus de 130 personnes. Et, au moins 22 supporters de l’opposition sont actuellement en détention sous le coup d’une série d’accusations liées, directement ou indirectement, à leur opinion politique », a déclaré Mme Bachelet.

« Le droit au développement doit reposer sur la participation de chacun à la prise de décision — y compris ceux qui offrent un point de vue critique ; et j’encourage le gouvernement à prendre des mesures pour instaurer un dialogue authentique et le respect des libertés fondamentales. », a-t-elle ajouté.

Rappel

En septembre 2017, les autorités cambodgiennes ont arrêté le président du PNSC, Kem Sokha. La Cour suprême a dissous le PNSC et a interdit toute activité politique à 118 de ses élus deux mois plus tard. Leurs droits ont été ensuite rétablis et Kem Sokha est, depuis, assigné à résidence à Phnom Penh.

« Un cas normal »

Chin Malin, porte-parole du ministère de la Justice et vice-président du Comité national des droits de l’homme au Cambodge, a rejeté les critiques de Mme Bachelet en affirmant qu’il est « normal » pour la commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies de faire ce type de déclarations.

« Michelle Bachelet doit exprimer les préoccupations formulées par certaines organisations de la société civile, qui critiquent en permanence le gouvernement en raison de considérations politiques », a déclaré le porte-parole à la radio RFA.

Changement de ton

« Cependant, lors de plusieurs réunions avec notre ministre des Affaires étrangères et le Premier ministre Hun Sen, elle a reconnu les efforts et les progrès réalisés par le gouvernement dans le secteur des droits de l’homme au Cambodge, en particulier en ce qui concerne les droits des femmes, des enfants et des travailleurs. », a rappelé Chin Malin.

Mme Michelle Bachelet s’était engagée, d’après le Premier ministre, « à inclure les points positifs dans le prochain rapport du HCDH
Mme Michelle Bachelet s’était engagée, d’après le Premier ministre, « à inclure les points positifs dans le prochain rapport du HCDH

En effet, lors d’une discussion de travail entre le Premier ministre cambodgien Hun Sen et Mme Michelle Bachelet, à Genève, en marge du Forum mondial de l’investissement en octobre 2018, elle avait remercié le gouvernement royal d’avoir prolongé de deux ans le mandat du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme au Cambodge (HCDH).

“Bien que certains challenges demeurent”, Mme Michelle Bachelet s’était engagée, d’après le Premier ministre, “à inclure les points positifs dans le prochain rapport du HCDH sur le Cambodge et à continuer de coopérer avec le royaume”.

CG

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