Technologie : Le digital au service du patrimoine

Architecte de formation, spécialisé dans les relevés et l’étude des sites archéologiques, on peut dire qu’Yves Ubelmann, président et co-fondateur d’Iconem, est un passionné de vieilles pierres. Et ce sont les vieilles pierres en voie de disparition qui l’intéressent tout particulièrement.

Yves Ubelmann – Crédit Photo : IFC

Grand voyageur, Yves est témoin de la disparition progressive de sites millénaires face à l’urbanisation galopante et des phénomènes climatiques de plus en plus violents. Lors d’un séjour en Afghanistan, où il y retourne année après année, il voit s’effondrer des pans entiers d’une muraille ancestrale de la ville de Zariaspa – où Alexandre le Grand y épousa Roxane – emportée par la fureur d’un fleuve sorti de son lit. De cette tragédie est née Iconem.

Créée en mai 2013, l’objectif de l’entreprise est le suivant : préserver la mémoire et la connaissance des sites avant qu’ils ne disparaissent, en numérisant le patrimoine, et en particulier le patrimoine en danger.

Utilisation de la numérisation 3D

Pour ce faire, Yves Ubelmann a recours à la numérisation 3D, grâce à des compétences développées d’abord chez INRIA, où il s’est formé aux côtés de Jean Ponce à l’algorithme photogrammétrique développé par ce dernier, qui permet d’assembler et de fusionner de gros volumes sur ordinateur pour donner naissance à des modèles 3D. Ces modèles aux résolutions infra-millimétriques permettent aux scientifiques d’étudier les sites, y compris à distance, de déceler les dégradations et de suivre leur évolution, ainsi que de réaliser des numérisations 3D à grande échelle. Une technologie qui change la donne dans l’étude et la préservation des sites historiques.

Aujourd’hui présente dans un nombre grandissant de pays – 28, dont le Cambodge – Iconem a le vent en poupe.
En plus d’activités philanthropiques, la société développe de plus en plus son rôle de médiateur, via la formation d’équipes sur les sites ou au travers d’expositions innovantes visant à sensibiliser le grand public.

Pour Yves Ubelmann, l’aventure est loin d’être terminée : mettre la technologie la plus innovante au service du patrimoine en danger, créer une mémoire numérique de ces sites pour en conserver la connaissance, les rendre plus accessibles aux chercheurs et aux experts et les transmettre aux générations futures, continuer à intervenir sur de nouveaux sites…

Utilisation de la numérisation 3D

Par l’équipe de l’IFC

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