Politique : Sam Rainsy annonce son retour le 9 novembre

Le Parti de sauvetage national cambodgien, dissous par une ordonnance du tribunal en novembre 2017, a annoncé vendredi que Sam Rainsy et d’autres dirigeants du parti retourneraient au Cambodge le 9 novembre.

Sam Rainsy. Photographie RFA
Sam Rainsy. Photographie RFA

Sam Rainsy est en exil depuis fin 2015 pour éviter une peine de deux ans d’emprisonnement prononcée pour diffamation. Depuis lors, le gouvernement a enclenché de nombreuses poursuites judiciaires.  En juin dernier, Sam Rainsy avait déjà annoncé qu’il rentrerait au pays en septembre, dans le but de ”rétablir la démocratie .”

Date symbolique

Eng Chhai Eang, vice-président du PNSC, a déclaré à la radio RFA que le retour prévu en novembre donnerait au parti assez de temps pour se préparer. Il a précisé que la date choisie est symbolique car elle « représente la liberté pour les Cambodgiens de décider de leur avenir. » En effet, le 9 novembre prochain marquera le 66ème anniversaire de l’indépendance du Cambodge vis-à-vis de la France.

Intentions

“Nous pensons également que notre retour au Cambodge à cette période contribuera à résoudre la crise politique qui pourrait avoir une incidence sur la décision de l’Union européenne de retirer ou non les préférences commerciales pour le Cambodge.”, a ajouté Eng Chhai Eang.

En janvier, Sam Rainsy avait largement encouragé l’UE à suspendre le programme Tout Sauf les Armes : ”…Au nom du Parti National de Secours du Cambodge (PNSC), je voudrais exprimer ma profonde gratitude à l’Union Européenne pour ses efforts et sa détermination à contribuer à la défense des droits de l’homme et à la restauration de la démocratie au Cambodge…”, avait-t-il écrit à l’époque sur les réseaux sociaux.

“…Je voudrais confirmer à l’Union européenne qu’une suspension du programme TSA est acceptable et se révèle une mesure appropriée à nos yeux…”, avait ajouté Sam Rainsy.

Avertissements

A plusieurs reprises, le Premier ministre Hun Sen a fermement affirmé que le leader de l’opposition serait immédiatement arrêté par les autorités s’il foulait le sol cambodgien. ”…Je veux que vous (M. Rainsy) veniez là où vous appartenez…conformément au verdict du tribunal. Je vous attends avec impatience…Je regrette de vous avoir laissé fuir si tôt…”, avait déclaré le Premier ministre en janvier lors d’un meeting à Kampot.

Le ministre de l’Intérieur, Sar Kheng, avait également déclaré aux dirigeants du PPC que le projet de retour de M.Rainsy faisait partie d’un stratagème politique. Le ministre avait précisé que M. Rainsy perdrait la confiance de la communauté internationale et d’anciens membres des partis d’opposition s’il ne rentrait pas au Cambodge comme promis.

L’annonce de ce retour en novembre intervient aussi peu de temps après que des responsables des forces de sécurité cambodgiennes aient annoncé qu’ils allaient organiser le déploiement de forces à tous les postes de contrôle frontaliers, en prévision de l’éventuel retour de Sam Rainsy et d’autres hauts dirigeants de l’opposition en exil.

Kim Santepheap, porte-parole du ministère de la Justice, a averti dès samedi matin que les autorités procéderont à l’arrestation de Sam Rainsy, même le jour célébrant l’indépendance du Cambodge.

Le commissaire de la police nationale, Neth Savoeun, a confirmé que ”la police nationale prendra toutes les mesures nécessaires pour arrêter le condamné afin qu’il purge ses peines.”

Avec RFA

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