Environnement : Un appel à destination des hôtels

L’association Soulcial Trust s’apprête à lancer une campagne en faveur de l’environnement. Ciblant dans un premier temps les hôtels, l’organisation entend contribuer à la diminution de l’usage du plastique d’ici 2021.

Comment résoudre les problèmes posés par l’usage immodéré du plastique ?

Une partie de la solution pourrait venir d’un concours de bonnes volontés, comme l’ambitionne l’initiative Clean Green Cambodia menée par Soulcial Trust.
En sensibilisant les acteurs du secteur de l’hôtellerie, l’ONG souhaite donner un nouvel élan dans la lutte contre le plastique.

Bannir le plastique à usage unique

Mis au point selon des critères simples à respecter, le programme « No plastic in my hotel » impose à ses signataires un code de bonne conduite environnementale. « Il s’agit de mesures de bon sens », explique Juliette Goulet, coordinatrice du programme.

« Supprimer les brosses à dents jetables, les bonnets de douche, ou encore placer shampoing et gel dans des récipients réutilisables font partie des actions demandées. Nous sollicitons aussi le même effort dans les cuisines, notamment vis à vis des pailles, des emballages en polystyrène, ainsi que des bouteilles et des sacs en plastique ».

Les établissements se conformant à cet appel bénéficieront d’une visibilité accrue, par le biais du site cleangreencambodia.org et des réseaux sociaux.
Carte listant les établissements participants, articles hebdomadaires résumant les initiatives et campagnes d’information seront menées en faveur des hôtels s’engageant dans cette démarche.

« Nous ne sommes pas un label », précise Juliette, « et nous ne distribuons pas de certificat. Notre but est essentiellement de donner de l’information ».

Bénéfices réciproques

Mais une mise en avant des participants ne constitue pas le seul avantage de cette campagne.

D’un point de vue financier, la suppression des emballages en plastique entraînera une réduction des coûts tout en attirant une clientèle de plus en plus sensibilisée au problème environnemental. Joni Aker, directrice de l’hôtel Treeline, l’un des plus engagés sur Siem Reap, estime que 80% des retours clients sur Trip Advisor mentionnent positivement les mesures mises en place par l’établissement pour réduire l’utilisation du plastique.

À l’heure actuelle, douze hôtels font d’ores et déjà partie des « bons élèves » listés par Clean Green Cambodia, la majorité d’entre eux étant située à Siem Reap. Mais la structure, basée dans la cité des temples, ambitionne de renforcer ses actions dans tout le pays. « Nous sommes une petite équipe, et le travail est considérable. C’est pourquoi cette campagne cible dans un premier temps les hôtels, mais l’action pourrait s’étendre aussi aux restaurants. Comme nous sommes basés à Siem Reap, nous privilégions cette région, mais n’importe quel établissement du Cambodge peut nous rejoindre dans notre démarche ».

Un constat alarmant

Omniprésent dans la vie quotidienne, le plastique sous toutes ses formes envahit rues, cours d’eau et océans.

Les structures de recyclage, très rares dans le Royaume, sont bien souvent situées hors des frontières, à l’heure où de nombreux pays choisissent d’interdire l’importation de déchets. Ce qui ne peut être récupéré se retrouve donc soit dans la nature, soit brûlé, l’une ou l’autre alternative entraînant problèmes environnementaux et risques sanitaires.

Une étude menée par la fondation ACRA effectuée en 2015 estime à 2 000 le nombre moyen de sacs en plastique utilisés chaque année par habitant. Soit dix fois plus que la moyenne relevée en Chine ou en Europe. Rien qu’à Phnom Penh, pas moins de 10 millions de sacs en plastique circuleraient chaque jour.

Un engagement nécessaire

Pour contrer cette menace, le gouvernement a voté en 2016 une loi rendant les sacs en plastique payants. Mais la somme de 0,10 centimes dont le consommateur doit s’acquitter pour chaque sac n’est que rarement facturée et ne semble concerner que les supermarchés.

Le 27 juillet, Neth Pheaktra, porte-parole du ministère de l’Environnement, a annoncé le début d’une campagne de sensibilisation ciblant trois provinces, dont celle de Siem Reap. En mars dernier, l’autorité APSARA avait déjà interdit toute consommation de nourriture dans la zone des temples, souhaitant par là limiter les déchets devenus pénalisants pour le tourisme.

Si ces quelques initiatives sont le témoignage d’une prise de conscience, elles ne suffiront guère à endiguer une problématique devenue majeure. Des associations ont donc décidé, à leur manière et avec leurs moyens, d’apporter leur contribution à un monde sans plastique. Créée en 2017 par l’ONG Soulcial Trust, Clean Green Cambodia a mis en place une plateforme internet regroupant les initiatives durables au Cambodge, organise régulièrement des sessions de prévention et d’information tant auprès des écoles que sur les réseaux sociaux, et participe à des actions de nettoyage. La mise en place de cette campagne devrait permettre de contribuer encore un peu plus à la lutte contre des déchets plastiques dont la durée de vie oscille entre 400 ans pour un sac et 1 000 ans pour une bouteille.

Rejoindre le mouvement

Les établissements voulant répondre à cet appel pourront trouver toutes les informations nécessaires en se rendant sur le site ou en suivant le hashtag #noplasticinmyhotel.

Par Rémi Abad

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