Culture – Exposition : L’héritage architectural fait recette

La galerie d’art Kbach à la Factory de Phnom Penh organisait du 10 au 12 août 2019 une exposition de photographie de Srin Sokmean : ”Underrated Heritage Buildings Photo Exhibition.” L’exposition dont le vernissage a eu lieu le 10 août à 18h, a fait salle comble.

Les visiteurs, pour la plupart cambodgiens étaient au rendez-vous pour admirer près de 50 photographies d’édifices oubliées, abandonnés ou tout simplement détruits.

Srin Sokmean (troisième personne à partir de la droite) posant avec des visiteurs,
Srin Sokmean (troisième personne à partir de la droite) posant avec des visiteurs

Travail de mémoire

Srin Sokmean est un professeur d’anglais de 29 ans. Son imaginaire a été longtemps nourri par le nom d’anciens cinémas et autres bâtiments. En 2004-2005, il commence à compiler des images en collectionnant le magazine « The Popular » qui décrit les évolutions que connaissent des vieux édifices des années 1960.

Avec Facebook, il poursuit ses recherches tout en créant la page Amazing Cambodia pour partager ses trouvailles. Les anciens bâtiments coloniaux, monastères bouddhistes et cinémas sont autant d’éléments qu’il aime collectionner, montrant ainsi le dynamisme et l’émergence d’un style architectural typiquement khmer.

Un cinéma à Battambang datant des années 1960, photo de Srin Sokmean
Un cinéma à Battambang datant des années 1960, photo de Srin Sokmean

Phnom Penh est durant les années 60 un laboratoire d’urbanisme et d’architecture. La capitale est admirée par tous ses visiteurs, et qualifiée de Perle de l’Asie. Les architectes cambodgiens qui participent à ce renouveau architectural, formés en France, puisent dans les éléments architecturaux traditionnel khmers tout en utilisant les techniques modernes.

Cette nouvelle génération crée alors la Nouvelle Architecture Khmère, une génération portée par son architecte phare : Vann Molyvann, connu pour de nombreuses constructions à travers la capitale.

Performances artistiques
Performances artistiques

Ces bâtiments laissés à l’abandon en 1975, à cause des déportations des populations citadines n’ont ensuite que très peu été utilisés, mêmes après le départ des Khmers rouges en 1979. Cela s’explique par le fait que les cambodgiens qui gagnent la capitale après l’intervention vietnamienne ne sont pas dans une grande majorité, les habitants des années 1960 mais des personnes venant de la campagne.

De plus l’absence d’électricité et l’accès à l’eau potable rendait ces habitations particulièrement inconfortables, alors même qu’elles étaient conçues à la base pour mieux supporter le climat tropical du pays.

Srin Sokmean confiait à Cambodge Mag qu’il regrette notamment la disparition de ces vieux cinémas d’antan qui sont une partie du patrimoine cambodgien. Le constat est le même pour les pagodes et les anciens bâtiments coloniaux.

Le vernissage s’est ensuite terminé par plusieurs performances artistiques, dont des danses folkloriques khmères ainsi qu’une performance de Master Peak Chapech.

Par Hugo Bolorinos

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