Arts – Dans l’atelier de : Adana Legros Mam, l’art et la conscience

Jolie Franco-Cambodgienne revenue au pays il y a quelques mois, Adana Legros Mam est devenue artiste professionnelle par le hasard du destin. Dans son appartement coquet du Quai Sisowath, la jeune femme prépare un concert et une exposition de peintures et dessins.

Adana Legros Mam
Adana Legros Mam

Adana naît en Thaïlande d’une mère cambodgienne et d’un père français. Elle vivra tout sa scolarité au Cambodge avant de partir étudier en France après son baccalauréat. Après trois ans de droit qui ne la passionnent qu’à moitié, elle reviendra au Cambodge pour réaliser un film d’ONG.

‘’C’est à ce moment que je suis tombée gravement malade et j’ai dû repartir en France subir une chimiothérapie pendant six mois’’, explique Adana.

La jeune femme décidera ensuite d’arrêter le droit et de partir à New York, où elle se donne six mois pour préparer une exposition d’art. Puis, elle entreprend un long voyage en voilier de la France jusqu’en Afrique avant de rentrer dans son pays.

La passion

Si Adana commence à peindre depuis son plus jeune âge, elle commence à s’y atteler sérieusement à l’âge de 15 ans. ‘’J’ai acheté tout le matériel nécessaire pour dessiner et, quand je peignais et c’est toujours le cas, c’était ce que j’appellerai un « vomi psychologique ».’’, explique-t-elle en souriant.

Au départ, la jeune étudiante avait des rêves d’humanitaire, voulait changer le monde mais le destin en a décidé autrement. ‘’ Après mon cancer j’avais besoin de digérer la maladie à travers mes œuvres mais aussi de partager mon expérience, ma philosophie’’, explique-t-elle.

L’art

‘’L’art pour moi c’est comme faire du sport, dès que je ne vais pas bien, je commence à dessiner. Et depuis peu, je commence à analyser mes dessins pour pouvoir comprendre mon cheminement psychologique’’, explique Adana. Pour elle, l’art est une activité qui va lui permettre d’atteindre ses objectifs. ‘’Mes expositions sont pour moi le début d’un mouvement que je veux mettre en place’’, dit-elle, expliquant que ce mouvement porte sur l’éveil, plus particulièrement sur une prise de conscience.

A new York, mon exposition comprenait huit chapitres écrits lorsque j’étais malade. Ces huit chapitres représentent la compréhension de la vie à travers le cancer. En partageant ces chapitres, je voulais savoir s’ils pouvaient provoquer des émotions fortes chez les autres.

Culture khmère

Quant à la culture khmère, sa relation est quelque peu compliquée : ‘’Je commence tout juste à assimiler… étant petite je rejetais mes racines, j’étais vraiment immergée dans la culture Française, dans une école Française. Puis récemment, j’ai voulu retrouver mes racines, je me suis rendue compte que si je voulais prendre conscience de moi, il fallait que je me connaisse et donc en revenant ici je voulais vraiment découvrir ma culture, mon pays.

Concernant la France, la Franco-Khmère déclare que le pays lui manque malgré les moments difficiles mais qu’elle préfère se concentrer sur le Cambodge qui, pour elle, reste une étape avant des ambitions internationales.

Adana en ‘’live painting’’ à la Chinese House lors de la Journée internationale des femmes
Adana en ‘’live painting’’ à la Chinese House lors de la Journée internationale des femmes

Projets

Après avoir fait découvrir ses œuvres newyorkaises lors d’une exposition à Samaï, Adana entend mener un projet avec des activistes pour la production d’une série vidéo focalisant également sur la prise de conscience sur des causes comme l’environnement par exemple.

Oeuvre d'Adana
Oeuvre d’Adana

‘’Je vais aussi contacter une production musicale car j’aimerai faire une chanson, car la musique Khmère c’est bien mais parler tout le temps d’amour … J’aimerais encore une fois que le sujet soit la conscience dans le sens où si j’ai une prise de conscience je comprends qui je suis, je comprends le sens de mes démarches’’, ajoute la jeune artiste en précisant qu’elle aimerait ensuite organiser une exposition en Australie, puis à Paris, à New York et à Los Angeles dans les prochains mois.

Par Eva Marcadé
Photographies par Christophe Gargiulo

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