Sorties – Improvisation théâtrale à Siem Reap – mode d’emploi

Faire découvrir les recettes de l’improvisation théâtrale à un public amateur, telle est la mission qu’a relevée Fabrice Bernard au cours d’une soirée riche en fous rires.

Fabrice Bernard venu tout droit de Phnom Penh pour cette soirée riche en fou rire

Deux heures de rire et de folie douce. Deux heures durant lesquelles, sans inhibition mais non sans talent, les aspirants improvisateurs ont découvert un art exigeant, mais ô combien libérateur.

C’est sous la houlette de Fabrice Bernard, venu tout exprès de Phnom Penh, que cette séance a pris place sur le toit de l’Alliance Française.

Seize personnes de tous âges se sont prêtées au jeu, loin de se douter, quelques instants plus tôt, qu’elles seraient capables de rebondir sur les thèmes les plus saugrenus ni de relever avec autant d’aisance les défis imaginés par le pro de l’impro.

Se recentrer sur soi-même

Dans un premier temps, le maître de cérémonie a tenu à installer progressivement les participants dans un état de bien-être, de décontraction et d’ouverture par quelques exercices d’échauffement.

Fermer les yeux, se concentrer sur ses sensations et son environnement proche ne constituent pas uniquement des exercices de relaxation. Il s’agit aussi, selon Fabrice Bernard, de mieux percevoir son corps afin de se recentrer sur soi-même.

Puis un cercle se forme : les prénoms sont échangés, un contact physique est établi. Peu à peu, la confiance s’installe, et la folie monte imperceptiblement.

On crie, on rit, on bouge tout en jouant avec les mots : bienvenue dans l’univers de l’improvisation théâtrale.

Une soirée riche en fou rire

L’imagination au pouvoir

Siem Reap a déjà sa propre troupe de théâtre, le SRAS.

Ces passionnés de la scène montent chaque année sur les planches, la dernière représentation en date ayant été Le Dieu du carnage, de Yasmina Reza.

Si leurs pièces sont patiemment répétées, il en va tout autrement du théatre d’improvisation, qui obéit à ses propres règles, bien différentes du théâtre traditionnel.

Ici, comme le rappelle Fabrice, les pratiquants s’affranchissent des contraintes liées à l’apprentissage d’un texte. Nul besoin non plus de costumes ou d’accessoires, de scène ni d’éclairage. Tout repose sur l’aptitude des participants à rebondir sur les mots et les situations, à faire preuve d’imagination et d’adaptation autour de thèmes inattendus.

Au bout d’une heure, les improvisateurs amateurs, dont seuls cinq d’entre eux étaient déjà familiers avec la pratique théâtrale, discutaient sans ciller de Michael Jackson sur l’Himalaya, de panique à la morgue ou d’enclume bleue à paillettes.

Une pratique qui a le vent en poupe

Développée au Québec dans les années 1970, l’improvisation théâtrale s’est exportée avec succès en France dès la décennie suivante. Depuis, le nombre de ses pratiquants ne cesse d’augmenter, donnant lieu à de nombreuses rencontres dont le point d’orgue est constitué par le festival parisien Impro en Seine.

La pratique est aussi bien développée en Asie du Sud-Est, où une Ligue d’improvisation francophone organise depuis deux ans des tournois réunissant la fine fleur des improvisateurs. La troupe de Fabrice Bernard, qui officie à Phnom Penh, faisait partie des six équipes qui se sont rencontrées en mars dernier à l’occasion du championnat qui s’est déroulé à Hanoï.

Fondée en 2017 et rassemblant une dizaine de membres, Les Improhoks exercent leurs talents lors d’ateliers hebdomadaires et de spectacles réguliers. « La communauté de Phnom Penh se montre très dynamique », déclare Fabrice, qui s’est déplacé pour cette initiation siemreapoise « dans le simple but de passer un agréable moment autour d’une pratique qui gagne à être découverte ».

En effet, l’improvisation théâtrale ne constitue pas seuleument une activité ludique : il s’agit aussi d’un excellent exercice pour développer la confiance en soi, l’imaginaire, l’écoute des autres et la créativité.

Après ce galop d’essai concluant, reste à donner une suite à cette initiation : nul doute que ses participants auront envie de renouveler une expérience aussi récréative.

théatre d'impro

Par Rémi Abab

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