Société : Violence domestique dans les quartiers périurbains de la capitale

Fruit de l’analyse de trois ONG, Klahaan, Urban Poor Women Development et People In Need, un rapport récemment publié met en avant les violences domestiques constatées dans les quartiers périurbains de Phnom Penh.

Jeune maman à Tuol Kork
Jeune maman à Tuol Kork

Si, d’après les résultats de l’enquête, la situation semble s’améliorer, certains aspects restent préoccupants.

Une enquête de terrain

L’enquête a été réalisée dans les quartiers Russey Keo, Mean Chey and Donkor entre décembre 2018 et février 2019. Plus de 167 foyers ont été consultés, et six groupes de discussions interrogés dont notamment les chefs de village, de police et les chefs de communautés.

Une amélioration notable mais un fort sentiment d’insécurité

Les personnes interrogées font part d’une diminution des  violences domestiques dans leur communauté. Néanmoins, celles-ci révèlent que “les femmes se sentent souvent en insécurité au sein de leur foyer. Ce sentiment serait majoritairement dû aux risques de vols et cambriolage et à la pauvreté, plus qu’en raison des violences domestiques.

Plus de 60% des femmes interrogées soutiennent que “les violences subies sont orchestrées par leur propre mari.” Et, plus d’un tiers indique avoir été témoin de violences orchestrées dans leur communauté ; ces violences n’étant pas limitées à celle du foyer familial. L’alcool et la drogue jouent également un rôle majeur dans la multiplication de ces violences.

60% des personnes interrogées pensent que le harcèlement sexuel a lieu dans des espaces publics à proximité, bien que la fréquence varie énormément (26% estiment que cela ne se produit pas souvent, alors que 14% pensent que cela est fréquent).

Étonnamment, un tiers des répondants indique que le harcèlement sexuel n’a jamais lieu dans leurs communautés.

Conclusions

Les auteurs du rapport espèrent que ce document contribuera à la multiplication des ouvrages examinant la prévalence et les attitudes à l’égard de la violence sexiste dans les communautés urbaines pauvres du Cambodge.

L’étude a indiqué plusieurs tendances clés pouvant être utilisées pour orienter des interventions et des programmes d’aide.  Il s’agit, par exemple, de remédier au manque de services ordinaires, tels que l’éclairage des rues et les abris.

Note positive

L’enquête indique aussi la prévalence accrue dans certains domaines des activités de police de proximité. Celles-ci comprennent des activités visant à renforcer la confiance avec les membres de la communauté, telles que la fourniture de numéros de téléphone aux ménages et la réalisation d’activités de prévention du crime, et des patrouilles nocturnes.

Ces activités ont été bien accueillies par ces communautés. Plus de 80% des répondants affirment que des patrouilles ont lieu dans leur quartier. Ils déclarent avoir le sentiment que cela est réellement efficace pour réduire la violence contre les femmes.

Ensuite, la vaste majorité des répondants estime que la violence liée à l’appartenance sexuelle diminue dans les communautés cibles. Cette constatation devrait faire l’objet d’une enquête plus approfondie analysant les raisons de cette diminution constatée.

Il est intéressant de noter qu’une majorité de réponses explique que la raison de la diminution de la violence est due à des interventions lancées par des ONG en partenariat avec les autorités locales. Cette constatation est utile car elle indique que les membres de la communauté voient la valeur d’un engagement soutenu des ONG au niveau local. Il est donc recommandé d’évaluer et de renforcer ces types d’interventions.

Enfin, l’étude a révélé qu’un changement d’attitude et de comportement doit constituer les objectifs centraux de tout programme ou campagne, dans le but de mettre fin à la normalisation de la violence sexiste et à toute culture d’impunité pour les délinquants.

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