Siem Reap – Drame : Le triste destin de la petite Rom Roath Neary

Siem Reap

Les habitants de Siem Reap sont sous le choc après la disparition de la petite Rom Roath Neary, tombée dans une fosse aux crocodiles de la ferme de ses parents, et dévorée par les sauriens.

la petite Rom Roath Neary, tombée dans une fosse aux crocodiles
la petite Rom Roath Neary, tombée dans une fosse aux crocodiles

Il est 10h du matin dimanche lorsque le père de la petite fille s’aperçoit qu’elle a disparu. La maman est occupée avec son nouveau-né dans la petite maison familiale adossée à la ferme. Après quelques minutes, le père découvre le crane de la petite dans l’une des fosses aux crocodiles. Il descend dans la fosse, récupère ce qu’il reste de l’enfant, alerte la police, et raconte la triste et macabre découverte.

Des images publiées par les médias locaux montrent très rapidement les deux parents en larmes alors que la maman en larmes berce le crane de l’enfant. D’autres images, totalement insoutenables et morbides, feront rapidement le tour des réseaux sociaux suscitant tristesse, blâme vers les parents et malheureusement, pas mal de cette curiosité morbide caractéristique des faits divers locaux.

Drame

La famille a déclaré à la police avoir récemment construit une clôture autour de la piscine en béton mais la police estime que celle-ci était suffisamment grande pour que la petit Rom ait pu passer à travers. Le lieutenant Och Sophen, chef de la police communale de Siem Reap, a déclaré : « Lorsque le père est rentré chez lui, il n’a pas pu trouver sa fille dans la maison. Il a confirmé que l’enfant était tombée dans la fosse aux crocodiles La police a ensuite confirmé la version des parents, affirmant que “son père n’a trouvé son crâne que dans l’enceinte du crocodile, là où elle a été tuée”.

Choquée

Chan Leap, une agricultrice de crocodiles locale, âgée de 52 ans, a déclaré qu’elle avait été choquée par la mort de la petite fille et qu’elle ne permettrait plus jamais à sa famille de s’approcher des animaux : ” J’élève des crocodiles et je les nourris tous les jours. Je ne permets à aucun autre membre de la famille de venir voir la ferme ou de nourrir les crocodiles parce que j’ai peur qu’ils ne tombent dans l’enceinte.”

Contexte

S’il est tentant d’accuser la famille de négligence, cela ne calmera certainement pas la douleur, bien visible, de la maman qui a perdu une enfant d’une façon horrible.

Il est à rappeler que l’élevage de crocodiles a connu son age d’or dans les années 2000. Malheureusement, aujourd’hui, beaucoup de fermes ont d’extrêmes difficultés à survivre et, la sécurité ou l’hygiène des fermes a largement été délaissée par leurs exploitants. Beaucoup d’élevages sont réputés pour leur surpopulation et le manque d’hygiène bien qu’il existe des standards internationaux pour qu’une ferme soit éligible à l’export pour le cuir de ces bêtes.

Crocodile d’élevage à Siem Reap
Crocodile d’élevage à Siem Reap. Photographie CG

Le secteur est confronté à de graves difficultés en raison du manque de demande et de l’augmentation des coûts des aliments pour crocodiles. Cela a amené certains éleveurs à réduire leurs activités. Il existe toutefois encore de nombreuses exploitations de crocodiles dans le Royaume, en particulier dans la province de Siem Reap. La plupart d’entre elles vendent aujourd’hui des nouveau-nés à des acheteurs vietnamiens plutôt que d’élever des adultes pour leur cuir.

Les crocodiles adultes qui vivent-survivent dans certaines fermes, comme celle des parents de la petite Rom, sont ceux gardés pour la reproduction ou ceux qui ne trouvent pas acquéreurs en raison du fort déclin de l’activité.

Dans la province, il y aurait toutefois encore entre 300 000 et 400 000 crocodiles. Selon les données du ministère de l’Agriculture, des Forêts et des Pêches, il existe environ 700 fermes au Cambodge, dont 445 seulement sont enregistrées auprès du ministère.

Réseaux sociaux

S’il est courant de retrouver, pratiquement tous les jours, des photos d’accidents ou de morts tragiques, dans les réseaux sociaux et la presse locale – et souvent des photos plus abominables les unes que les autres – la mort tragique de l’enfant a suscité un vaste mouvement de réactions de compassion envers la maman dont la photo, très symbolique et quasi-insoutenable a probablement ému le public.

Au-delà, il y a le sensationnel et l’attrait du morbide, qui existe pratiquement dans toutes les cultures mais qui reste particulièrement ancrés dans les habitudes locales. Vrai que la conception de la mort n’est pas la même (bouddhisme), mais vrai aussi que ce type de photographies, qui choque mais qu’on regarde, fait le buzz, et là, c’est beaucoup plus difficile à admettre. La petite fille est morte, la famille mérite de la compassion, peut-être pas autant de battage et de photographies ”extrêmement difficiles”.

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