Relations internationales : Adoption du Cambodia Democracy Act par les États-Unis

Quelques mois après l’annonce de sanctions par l’Union Européenne face au régime préférentiel ‘’Tous Sauf les Armes’’, les États-Unis annoncent à leur tour des mesures.

Le Cambodia Democracy Act 2019 comprend la mise en œuvre de sanctions à l’encontre des représentants politiques du Cambodge qui auraient agi en violation de la démocratie et des droits de l’Homme.

Ted Yoho: l'objectif du texte est, selon lui et ses partisans, de soutenir la démocratie au Cambodge. Photographie Gage Skidmore (cc)
Ted Yoho: l’objectif du texte est, selon lui et ses partisans, de soutenir la démocratie au Cambodge. Photographie Gage Skidmore (cc)

Adoption du Cambodia Democracy Act par la chambre des représentants

Introduit en janvier dernier par le républicain Ted Yoho, l’objectif du texte est, selon lui et ses partisans, de soutenir la démocratie au Cambodge.

Le projet de loi a été voté lundi 15 juillet dernier à l’unanimité par la Chambre des Représentants. Toutefois, le texte doit être soumis et débattu au Sénat avant d’être signé par le Président américain.

Cambodia Democracy Act (H.R. 526) consiste en des sanctions à l’encontre des représentants officiels, membres du gouvernement et militaires ayant contribué aux mesures de répression face aux oppositions politiques, aux atteintes à la liberté de la presse et à la violation des droits humains.

Le président sera autorisé à soumettre la liste des personnes concernées dans les 180 jours suivant l’adoption de la loi. Les sanctions comprennent la saisie des actifs et les restrictions de visa.

Un objectif commun

Les législateurs espèrent que le projet de loi incitera le Premier Ministre à améliorer les droits humains et la démocratie au Cambodge.

Ted Yoho souligne que “le Premier Ministre maintient son pouvoir par l’utilisation de la violence, des menaces et des poursuites injustifiées contre les représentants du parti d’opposition CNRP. Ces faits comprennent notamment la dissolution du parti et le retrait des 118 représentants à l’Assemblée en novembre 2017″.

La porte-parole de l’Ambassade américaine au Cambodge, Emily Zeeberg, indique que l’acte adopté exprime les inquiétudes des rédacteurs quand à l’érosion des droits humains et la faiblesse des institutions démocratiques au Cambodge.

Réactions du Gouvernement royal

Qualifiant l’annonce “d’acte contre la paix menaçant la stabilité et la prospérité du Royaume“, le porte-parole du Gouvernement, Phay Siphan, a appelé le Gouvernement américain a reconsidérer ses positions pour le maintien des relations bilatérales.

Selon ce dernier, le texte est en contradiction avec les volontés du peuple cambodgien ayant voté pour leurs représentants dans le cadre d’une d’un processus électoral.

Sok Eysan, porte-parole du Premier Ministre, indique que le Congrès américain n’a pas analysé la situation réelle du Cambodge. Les informations donnant lieu à ces sanctions sont erronées et fondées sur des motifs injustifiés, dit-il.

Par ailleurs, le Ministère des Affaires étrangères a répondu à l’annonce en exprimant sa déception face à l’approbation du texte de loi.

Réactions des tiers

Le consultant pour le groupe Licadho, Am Sam Ath, a quant à lui indiqué que le projet de loi contribuerait à l’amélioration des droits humains et de la démocratie. En effet, il estime que le gouvernement doit prendre en considération les recommandations internationales afin d’améliorer la démocratie.

L’analyste politique Em Sovannara approuve la décision américaine qu’elle considère encourageante pour la mise en œuvre des recommandations internationales.

En outre, un habitant de la province de Takéo témoigne en faveur de l’acte. Il considère que “le gouvernement américain souhaite voir nos représentants prendre la mesure du passé et corriger leurs erreurs“.

Avec VOA Khmer, RFA et Fresh News Asia

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