Gouvernement – Abandon du projet de “prison payante”

Face à la surpopulation carcérale et aux conditions de détention des prisonniers, le Gouvernement a fait l’annonce de nouvelles infrastructures.

Prison de Prey Sar
Prison de Prey Sar

Un projet de prison payante mis en attente

Un projet de “Prison Hôtel” où les détenus pourraient payer pour séjourner fut annoncé en 2017. Ce nouvel établissement avait pour avantage d’être plus confortable que la prison actuelle de Prey Sar.

Surnommé “hôtel” ou encore “Prison 5 étoiles” par le Ministre de l’Intérieur, S.E. Sar Kheng, et par son porte-parole Khieu Sopheak, les constructions ont été réalisées par l’entreprise Kunn Rekon Holdings Co Ltd.

Face aux controverses, le projet fut ralenti puis finalement suspendu, dans l’attente des retours du Gouvernement.

Un double système controversé

Le projet de construction fut critiqué, notamment par la Directrice Générale du Centre pour les Droits de l’Homme du Cambodge, Mme Chak Sopheap. Ce double système pose “un problème majeur au regard des droits de l’homme” a-t-elle ajouté.

Malgré la surpopulation carcérale dans les prisons du pays, l’accès payant à des prisons plus confortables n’apparaît pas comme une solution adéquate.
En effet, elle soulève le fait que “la sanction et les conditions de détention dépendront du portefeuille des criminels. Les personnes les plus vulnérables seront les premières victimes de ce système inégalitaire“.

Rhona Smith, rapporteure spéciale des Nations Unies pour le Cambodge, a également exprimé ses inquiétudes dans un rapport paru en 2018.
Selon elle, “tous les détenus doivent jouir des mêmes conditions de détention ; ces conditions doivent être conformes aux standards minimum acceptés par le Gouvernement cambodgien dans les traités bilatéraux“.

Décision de nationalisation de la future prison

Le porte-parole du département des prisons du Ministère de l’Intérieur, M. Nouth Savna, a déclaré que l’entreprise sollicitée pour les travaux ne serait pas en mesure de répondre aux standards nationaux et internationaux pour l’établissement. Prévue pour l’accueil de 400 détenus, la construction est désormais terminée.

Toutefois, le Gouvernement a fait le choix de nationaliser la prison, octroyant une indemnité de compensation à la société en charge pour les travaux opérés.

Le porte-parole du Ministre de l’Intérieur, Khieu Sopheak, a fait l’annonce officielle de la prise en charge du nouvel établissement par le Gouvernement, ainsi que l’abandon du projet de prison payante.

Lutte contre la surpopulation carcérale 

Le Haut Commissaire pour la défense des droits de l’Homme pour l’ONU, Simon Walker, a indiqué que la surpopulation carcérale pouvait être solutionnée de plusieurs façons. À titre d’exemple, la diminution des détentions provisoires ou encore les “méthode alternatives de sanctions” permettent de réduire le nombre de détenus.

Pour information, l’ONG LICADHO publie régulièrement ses rapports sur les conditions de détention des détenus et travaille sur l’amélioration de ses dernières. Engagée sur 18 des 28 prisons du pays, les consultants recherchent des solutions pour l’amélioration de la nourriture, de l’eau, de l’hygiène et de la propreté des établissements. Elle défend également les droits des prisonniers.

Avec VOA Khmer, Juillet 2019 

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