Environnement – Approbation de nouveaux projets solaires

Le Conseil des Ministres a approuvé vendredi dernier la mise en œuvre de quatre nouveaux projets de fermes solaires pour le pays.

Les projets ont pour but de générer 140 Megawatts supplémentaires et ainsi pallier les coupures de courant, a indiqué S.E. Phay Siphan, porte-parole du gouvernement, sur sa page Facebook.

Mis en oeuvre d’ici 2021, les fermes solaires seront construites dans les provinces de Pursat, Battambang, Banteay Meanchey and Svay Rieng.

Diversifier la production énergétique : priorité donnée aux fermes solaires

La première ferme solaire a ainsi vu le jour en 2017 à Bavet avec une capacité de 10 MW et un investissement de 12,5 millions de dollars USD, grâce à un prêt ADB de 9,2 millions à Sunseap Cambodia, d’origine singapourienne. Ce prêt est assorti d’un Partenariat Public-Privé (PPP) de 20 ans avec Électricité du Cambodge (EDC). Le tarif offert par Sunseap est de 0.091 USD par kWh, en-dessous du coût moyen de production d’EDC.

La même année, Global Purify Power, une joint-venture d’investisseurs régionaux, a commencé son programme de trois fermes solaires à Kampong Speu, Takeo et Kampong Chhnang pour une capacité de 225 MW. L’investissement prévu est de 400 millions, sans PPP avec EDC.

En avril dernier, le conseil des ministres a approuvé la construction de deux centrales solaires dans les provinces de Pursat et Kampong Chhnang.
L’exploitation sera opérée par SchneiTec, un groupe sino-cambodgien, également en charge de la ferme solaire située dans la province de Kampong Speu.
L’investissement des nouvelles fermes d’une capacité de 60MW s’élève à 58 millions de dollars.

Centrale solaire flottante
Centrale solaire flottante

L’objectif affiché pour le gouvernement est d’atteindre une capacité de 130 MW en 2020 et à plus long terme de permettre une contribution de l’énergie solaire à hauteur d’environ 10% de la production énergétique du pays.

Si le solaire dispose d’avantages évidents, son utilisation pose également certaines contraintes majeures, à savoir un besoin en investissement important en amont et beaucoup d’espace pour produire une quantité importante d’énergie. Sa variabilité entraîne aussi des réticences de la part des autorités par rapport à la connexion des installations solaires au réseau électrique.

Cependant, la baisse importante (-83%) du coût des composants et panneaux solaires ces dix dernières années et dont le prix devrait encore être divisé par deux d’ici 2050, a permis de rendre cette technologie plus attractive.

Pénurie d’électricité

Le Cambodge dispose de trois sources majeures d’alimentation électrique que sont l’énergie hydraulique, les centrales à charbon et les centrales solaires.

Dans le passé, accroître rapidement la production d’énergie tout en se diversifiant était la priorité du Gouvernement pour réduire sa dépendance aux importations.

Le choix s’est porté non pas sur le solaire mais sur l’hydroélectricité dont la part est passée entre 2011 et 2018 de 5% à 48.5% de la production totale. Si les observateurs n’ont pas manqué d’alerter sur les risques possibles en terme d’impact environnemental, force est de constater que les objectifs ont été atteints en grande partie. En effet,  la production totale d’énergie a atteint 2 650 MW en 2018 contre 579 MW en 2010. Une production désormais produite à 85% localement.

Toutefois, en raison de la sécheresse touchant le pays, le Cambodge a fait face à une pénurie 400 MW en 2019.

De par ses caractéristiques intrinsèques, l’énergie solaire pourrait répondre théoriquement aux besoins du pays. Avec un ensoleillement important, d’une durée journalière longue, et ce tout au long de l’année, le Cambodge dispose d’un potentiel considérable, estimé par des experts à environ 8 000 MW, pour l’utilisation de cette énergie propre et abondante. Cependant, ce potentiel a été jusqu’alors largement sous-exploité.

Avec AKP Phnom Penh, Juillet 2019 et Ratana Phurik-Callebaut

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