Éducation : Rencontre avec les étudiantes d’Happy Chandara

Dans la continuité de nos précédents articles sur le centre de formation Happy Chandara, Cambodge Mag a eu l’opportunité de s’entretenir avec cinq de ses étudiantes.  

Le salon Chandara Concept
Le salon Chandara Concept

Pour rappel, le centre de formation Chandara Concept recrute les jeunes filles dès l’âge de quinze ans, et fournit un suivi et un parcours scolaire complet. Le programme n’est pas uniquement basé sur l’apprentissage de la coiffure.

Revenant sur leur parcours, leur passé et leur nouveau quotidien avec Happy Chandara, les étudiantes racontent cet épisode de leur vie avec émotion.

Srey Toch : “Happy Chandara a changé ma vie”

Phat Srey Toch

“Mon nom est Srey Toch, j’ai 15 ans. J’ai un frère et une sœur. Je suis née dans la province de Kandal, d’une famille très pauvre.”

Des sept enfants, ils ne sont aujourd’hui plus que trois. Séparée de sa famille à l’âge de 9 ans, Srey Troch perd sa mère, décédée prématurément. Recueillie par l’orphelinat soutenu par l’ONG Enfants d’Asie, elle vit alors avec son frère et arrête l’école au grade 8, l’équivalent de la quatrième en France.

Grâce à la manager de l’orphelinat, elle a connaissance de l’école Happy Chandara qu’elle intègre en 2018.

” Cette école me permet d’apprendre de nouvelles disciplines, de l’informatique aux mathématiques, en passant par l’anglais et surtout les métiers de la coiffure et de la beauté. J’aime pouvoir rendre les gens beaux, et moi-même par la même occasion ! ” témoigne-t-elle. “Happy Chandara a changé ma vie. L’école me permet d’acquérir des compétences auxquelles je n’aurais jamais pu avoir accès sans cette dernière.”

Thet Sovanny – “Je rêvais d’être make-up artist”

Thet Sovanny

“Je suis Thet Sovanny, j’ai 23 ans. J’ai trois sœurs et un frère, nous sommes nés à Phnom Penh. Mon père est chauffeur et ma mère femme de ménage.”  

Après avoir arrêté l’école à la fin du lycée, Thet Sovanny effectue plusieurs petits boulots, dont notamment celui de vendeuse à Aeon Mall. Après avoir connu l’école par le bouche à oreille, elle met tout en oeuvre pour obtenir son inscription.

Quand j’étais enfant, je rêvais d’être make-up artist. Mon rêve aujourd’hui est d’acquérir les compétences nécessaires pour être coiffeuse déclare-elle.

Keo Sophors – “Quand j’étais plus jeune, j’adorais jouer avec le maquillage”

Keo Sophors

 “Je m’appelle Keo Sophorns, j’ai 33 ans et deux enfants.”

Après le décès de son père en 2000, Keo Sophorns est contrainte d’arrêter ses études à la fin du collège afin de subvenir à ses besoins. Enchaînant différents petits boulots et de longues heures de travail pour gagner de l’argent, elle sera tour à tour cuisinière, femme de ménage, vendeuse et travailleuse en usine. Elle confie qu’elle a toujours rêvé de monter son entreprise pour être une véritable “business woman”.

C’est également grâce au bouche à oreille que la jeune femme découvre le centre de formation Happy Chandara. Intéressée par la coiffure et la beauté, elle peut ainsi poursuivre ses études sans frais. Heureuse dans son activité, elle affirme que ses conditions de travail sont nettement plus agréables que par le passé.

Quand j’étais plus jeune, j’adorais jouer avec le maquillage, je me rappelle avoir essayé de maquiller mes amies durant des après-midis entiers,” indique-t-elle

Sorn Danay – “Quand j’étais plus jeune, je ne pensais qu’à une seule chose : être coiffeuse pour les top model ou les stars”

Sorn Danay

“Je suis Sorn Danay, j’ai 24 ans et je viens de la province de Kandal.”

En raison des heures de travail de ses parents, Son Danay est hébergée durant sa jeunesse chez ses grands-parents, avec ses deux sœurs et son frère.

À la fin du lycée, elle rejoint Happy Chandara. Sa sœur étant déjà étudiante, c’est grâce à cette dernière qu’elle en a eu connaissance. Désormais, Sorn est co-enseignante et coiffeuse au sein du salon. Elle apprécie particulièrement le contact humain et les rencontres avec des personnes venant de tous les horizons. Elle est également heureuse de transmettre son savoir et ses connaissances à ses pairs. 

Quand j’étais plus jeune, je ne pensais qu’à une seule chose : être coiffeuse et coiffer les top models ou les stars. J’avais même un petit carnet où je dessinais les idées de coiffures que j’avais, confie-elle.

 Propos recueillis par Eva Marcadé  

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