Société : Rencontre avec l’ONG Planète Enfants & Développement

Planète Enfants & Développement est une association qui s’engage pour l’amélioration des conditions de vie des enfants et de leurs familles. Cette association agit particulièrement dans les quartiers précaires.  

Cambodge Mag a rencontré Pierre Larnicol, chef de projet chez Planète Enfants & Développement à Phnom Penh. 

Pierre Larnicol, Chef de projets pour Planète Enfants & développement sur les quartiers précaires
Pierre Larnicol, Chef de projets pour Planète Enfants & développement sur les quartiers précaires

Q : Pouvez-vous nous dire quelques mots sur l’association Planète enfants et développement ?  

Planète enfants et développement est le résultat de la fusion entre deux associations en 2016 : Planète enfants et Enfants et développement. 

Travaillant depuis 1984 au Cambodge, Enfants et développement est l’une des plus anciennes ONG Françaises du Royaume. Cette association mène des programmes de développement, principalement autour de la petite enfance.  Enfants et développement travaille beaucoup avec le Ministère de l’éducation. L’organisation aide notamment à la création d’écoles maternelles et de crèches.  

Présente dans quatre pays, le Vietnam, le Burkina Faso, le Népal et le Cambodge,  Planète enfants et développement accompagne les familles.  L’ONG sensibilise également à la petite enfance et à la santé. 

 Q : Comment repérez-vous les familles dans le besoin ? 

Nous avons une équipe de travailleurs sociaux. Nous travaillons aussi avec l’association SKO (Samatapheap Khnom Organization). Ces derniers se rendent dans les quartiers et évaluent les vulnérabilités.  Nous avons également créé des associations de quartier qui identifient les familles les plus défavorisées.  

 Q : Quelles sont les différentes actions de l’association ? 

Nous avons une pluralité d’actions. Nous pouvons aussi bien aider à la rénovation de maison qu’à la recherche d’emploi d’un membre d’une famille.  

Au Cambodge, nous avons trois centres d’actions :

  1. les quartiers précaires de Phnom Penh,
  2. les industries du textile par l’aide à la mise en place de services de santé et de garde
  3. La petite enfance, notamment par la construction d’écoles  
Rénovation de maison

Q : Quel est votre rôle en tant que chef de projet des quartiers précaires ?  

Je suis responsable de la tenue et l’atteinte des objectifs fixés.  Il est indispensable que les fonds soient utilisés de manière judicieuse.  J’ai aussi pour mission de créer et d’installer le meilleur environnement possible pour l’équipe, afin qu’ils puissent travailler de façon optimale.  

 Q : Pouvez-vous nous indiquer en quoi consiste le projet sur les quartiers précaires ?  

L’intitulé exact du projet est “Projet d’amélioration de l’autonomie et du cadre de vie de communautés précaires de Phnom Penh”. Donc, comme son nom l’indique, il vise à améliorer la vie des habitants des quartiers précaires.  

Nous avons trois échelles de travail pour ce projet :

  1. La famille : travail social,
  2. Le quartier : création des associations d’habitants pour renforcer les dynamiques et création de la solidarité au sein des quartiers
  3. Les recherches dans ces quartiers : partage des recherches effectuées avec des associations et des chercheurs à travers le monde afin de mieux comprendre les dynamiques qui régissent ces quartiers
Association de quartier

Q : Connaissez-vous le nombre de quartiers précaires à Phnom Penh ? Combien en aidez-vous ?  

Il est difficile de définir le nombre exact de quartiers précaires. Tout dépend de la définition qu’on donne à “quartier précaire”. Mais nous pouvons dire sans trop se tromper qu’il y a aujourd’hui entre 200 et 300 quartiers précaires à Phnom Penh.  

En 2019, Planète enfants et développement aide dix quartiers. Certains accueillent plus de 300 familles. Nous nous concentrons plus sur la zone Sud de Phnom Penh. C’est une zone que nous connaissons bien, nous avons des contacts avec les autorités ainsi que les ONG locales.  

 Q : Quels problèmes rencontrez-vous dans ce projet ?  

Nous rencontrons quelques difficultés dans certains quartiers déjà aidés par de nombreuses ONG.  Les habitants, en nous voyant, s’attendent alors systématiquement à recevoir quelque chose de matériel (nourriture, vêtements…).

Or, nous venons pour aider sur la durée et surtout pour favoriser la dynamique du quartier.  

 Q : Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’actions menées ?  

Durant la saison des pluies, un quartier qui se situe près du Tonle Sap, voit chaque année ses habitations inondées.  Grâce aux groupes de discussions mis en place, les habitants ont décidé d’un commun accord de construire une passerelle afin d’accéder aux maisons. Chaque famille a donné un dollar US pour mener à bien ce projet.

Fort d’un technicien de génie civil dans l’équipe, l’association vient ensuite vérifier la validité des constructions.  Nous avons aussi très récemment lancé un nouveau groupe de discussion, visant à prévenir les violences domestiques liées au genre. 

Maison innondée

Q : Constatez-vous une évolution dans les quartiers que vous suivez depuis longtemps ? 

Oui, dans certains quartiers que nous suivons depuis près de 15 ans nous remarquons une réelle évolution.  Certains quartiers qu’on qualifiait de “précaires” se placent aujourd’hui au rang de quartier de classe moyenne.

Ces évolutions nous donnent de l’espoir.

 Q : Avez-vous des projets pour l’avenir ?  

Pour le moment nous nous concentrons sur les 10 quartiers. Puis, par la suite, nous aimerions nous développer vers le Nord de Phnom Penh où de nombreux quartiers sont dans le besoin.  

 Propos recueillis par Eva Marcadé

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