Arts : Steven Gargadennec, matière première

La tenue de l’exposition Prima Matera à l’Alliance Française de Siem Reap a mis à l’honneur un artiste prolifique aux talents multiples. Entretien avec Steven Gargadennec.

Steven Gargadennec.
Steven Gargadennec

Steven Gargadennec, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

J’ai une carrière éclectique mais en gros j’ai évolué dans la mode et l’événementiel pendant 30 ans. Avec un goût pour la photo présent depuis mon enfance, la mode a forgé mon œil et l’événementiel ma compréhension de l’importance de l’image.

Bien entendu je suis retourné à « l’école » pour me professionnaliser mais c’est vraiment au Cambodge que j’ai développé mon activité dans la photo de mode et la photo de plateau. J’ai eu le plaisir de participer au tournage de la production franco cambodgienne récompensée à Cannes « Diamond Island » du réalisateur Davy Chou et je participe régulièrement à ce genre d’activité pour notre propre boite de production 802 filmsProd ainsi que pour la plus grosse compagnie audiovisuelle au Cambodge « HangMeas ».
Dans mon studio personnel, j’ai également photographié de multiples personnalités du Cambodge y compris des membre de la famille royale.

Le public de Siem Reap a pu découvrir vos œuvres lors de l’exposition Prima Matera, qui s’est déroulée à l’Alliance Française et s’est achevée le 10 juillet dernier. Quel bilan tirez-vous de cette exposition ?

Très positif, le public est venu nombreux et de tous horizons, l’ensemble des personnes présentes s’est interrogé sur la technique et les effets pour parvenir aux deux questions récurrentes : peinture ou photo, Photoshop ou pure composition ? C’était tout à fait le but recherché.

Oeuvres exposées dans le cadre de Prima Matera

Pouvez-vous nous résumer le concept de Prima Matera ?

Pour moi, la définition de l’art c’est soit le résultat d’une technique poussée à son paroxysme, soit l’invention d’une nouvelle technique pour un nouveau type d’expression artistique.

Dans le cas de Prima Matera, c’est la première idée que j’ai développée : régulièrement contractualisé pour des pack-shots (clichés commerciaux de produits de consommation), j’ai utilisé ces techniques de mise en lumière et beauté sur des compositions de natures mortes en lien avec le quotidien et la culture cambodgiennes. Des éléments simples mais qui assemblés avec minutie prennent un nouveau sens.

Vos œuvres feront-elles l’objet d’autres expositions ?

En effet, l’exposition devrait migrer prochainement soit en galerie soit en hôtel.

Est-ce que cette orientation artistique fait partie de votre vision habituelle, ou constitue-t-elle une rupture avec vos précédents travaux photographiques ?

Ayant grandi dans une famille de plusieurs générations d’artistes amateurs, la frontière entre une activité technique et artistique n’existe pas vraiment, donc pour moi c’est une évolution toute logique.

L’intégralité des profits tirés de la ventes des œuvres a été versée à l’Alliance Française : qu’est-ce qui a motivé cette décision ?

L’Alliance Française de Siem Reap vient juste d’ouvrir ses bureaux, plusieurs années après la fermeture de l’antenne locale de l’Institut Français.

C’était un humble geste de ma part pour cette structure qui soutient le développement de la langue de Molière dans la région. Par ailleurs, je cherchais un endroit pour mon exposition et l’Alliance Française en la personne de son directeur, Serge Bellini, m’a fait confiance.
D’ailleurs, dans le cas où vos lecteurs voudraient y contribuer, il reste encore à la vente une bonne partie des œuvres de l’exposition.

Vous n’êtes pas seulement photographe, mais aussi très impliqué dans la scène artistique cambodgienne. Quelles sont vos autres activités ?

En effet, je fais partie de l’équipe de KLAPYAHANDZ, un label de musique hip-hop local qui fonctionne plutôt bien (j’en veux pour preuve notre invitation au Japon le mois dernier afin de représenter la nouvelle musique cambodgienne). Dans ce label, je développe la partie jazz (de super concerts arrivent au mois de décembre dans la région) et de nouveaux tournages de plateau m’attendent très prochainement.

Pour finir, quels sont vos projets, tant artistiques que professionnels ?

L’année prochaine devrait être riche en événements jazz de haut vol. Pour avoir créé et organisé le festival international de jazz Audi durant quatre éditions, je me suis fait une solide réputation dans le monde de la production jazz et mon catalogue de musiciens grandit d’années en années. Dommage que la scène cambodgienne ne me donne pas encore les possibilités de les programmer. Mais les choses avancent dans le bon sens.

Oeuvres exposées dans le cadre de Prima Matera

Propos recueillis par Rémi Abad

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