Travail des enfants – nouvelles directives : Les briquetiers employant des enfants iront en prison

Briqueterie à Siem Reap
Briqueterie à Siem Reap. Photogrphie ILO (cc)

Nouveaux textes

Depuis le 05 juin 2019, en vertu d’une nouvelle directive du ministère cambodgien du Travail et de la Formation professionnelle, les propriétaires d’usines à briques qui embauchent des mineurs (-18 ans) peuvent aller en prison. Le propriétaire d’une briqueterie située dans la province de Kandal, sera l’un des premiers à faire l’objet de poursuites après qu’une fillette de neuf ans ait perdu un bras dans un accident de travail.

En effet, cette nouvelle réglementation fait suite à un grave accident survenu le 9 mars 2019 à Preah Prasap, un village du district de Khsach Kandal, et dont fut victime Chheng Srey Pheak, 9 ans. Ses blessures étaient si graves qu’il a fallu l’amputer. La presse locale et internationale s’était alors emparée de l’affaire et avait saisi l’occasion pour mettre à nouveau en lumière les pratiques ”quasi-esclavagistes” des propriétaires des fabriques.

Un rapport de l’ONG LICADHO publié en décembre, expliquait comment des familles désespérées contractent des emprunts auprès de propriétaires d’usines qu’elles ne peuvent jamais espérer rembourser, mais pour lesquelles elles acceptent de travailler jusqu’à ce que la dette soit remboursée. Comme les travailleurs ne reçoivent pas de salaire et sont payés pour chaque brique qu’ils produisent, cela incite les parents à faire travailler leurs enfants avec eux, car ils peuvent produire davantage de briques dans l’espoir de se libérer de leurs dettes plus rapidement.

Avec les nouveaux textes, ce type de pratique – la servitude pour dettes – est a présent strictement interdite

Avant ces nouvelles directives, les poursuites pénales, pouvant aller jusqu’à l’emprisonnement, ne concernaient que les entreprises employant des enfants de moins de douze ans. Et, les peines encourues se limitaient à des amendes.

Engrenage

Plusieurs dizaines de milliers d’agriculteurs cambodgiens abandonnent chaque année les rizières en raison de la sécheresse et des inondations. Alors dans l’impossibilité de rembourser leurs emprunts, nombre d’entre eux trouvent du travail dans une des centaines de manufactures de briques du royaume. Ces fabriques font travailler “une main-d’oeuvre d’adultes et d’enfants”, relevaient en octobre dernier des chercheurs de l’Université de Londres, dénonçant “une forme d’esclavage moderne”.

Avec la directive du ministère, les fours doivent désormais afficher des panneaux clairement visibles indiquant que les mineurs ne sont pas admis dans les locaux. La simple présence d’enfants est assimilable à une infraction pénale par les propriétaires. La servitude pour dettes est également strictement interdite. Les propriétaires de four doivent fournir des logements à leurs employés et aux familles qui vivent loin de leur lieu de travail. Ces logements doiventt être entourés d’une enceinte.

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