Théâtre khmer : L’ association Kok Thlok s’engage pour la promotion des arts khmers

L’Association des Artistes Kok Thlok a été créée en 2006. Regroupant près de 21 artistes, diplômés de l’Université Royale des Beaux-Arts avec pour mission la promotion du théâtre classique khmer.

Des marionnettistes cambodgiens, Crédit Photo : Association Kok Thlok
Des marionnettistes cambodgiens, Crédit Photo : Association Kok Thlok

Le théâtre au Cambodge a connu une période extrêmement difficile lors du génocide des Khmers rouges. De nombreux artistes ont perdu la vie durant ces années (plus de 90% selon l’UNESCO). Néanmoins le théâtre reprend progressivement sa place dans le paysage culturel khmer à partir des années 1980 par l’intermédiaire de Pich Tum Kravel, un artiste khmer ayant survécu au régime de Pol Pot. Depuis 2008 l’UNESCO a notamment inscrit le Sbek Thom (spectacle d’ombres) comme patrimoine immatériel de l’humanité.

Des activités diversifiées

Grâce à de multiples partenariats, l’Association des Artistes Kok Thlok a considérablement diversifié ses activités. Elle joue plus de dix formes de théâtres différents et propose désormais de multiples activités à destination des touristes comme la confection de marionnettes traditionnelles, mais également de la jeunesse cambodgienne par une initiation au théâtre. A cette occasion ils ont notamment la possibilité de créer leur propre pièce et de la jouer ensuite devant leur public.

Consciente que l’activité culturelle du pays a encore du mal à s’organiser autrement qu’à Phnom Penh, l’association prend le parti d’organiser leur spectacle dans les provinces du Cambodge. Plus de 80 représentations, réunissant entre 600 et 1000 personnes montrent que l’art cambodgien possède un véritable public. Dans une volonté d’ouverture vers les expatriés et les touristes, les spectacles joués en khmer sont sous-titrés en anglais. « Nous voulons que nos pièces sont accessibles à tout le monde y compris les occidentaux, nous avons donc fait le choix d’axer le jeu de nos acteurs sur la gestuelle plutôt que sur le texte. La langue khmère est difficile à comprendre mais le langage gestuel est universel » explique Phoeung Kompheak, directeur de l’association.

Une représentation de Tep Soda Chan, une pièce classique du théâtre khmer, Crédit Photo : Hugo Bolorinos
Une représentation de Tep Soda Chan, une pièce classique du théâtre khmer, Crédit Photo : Hugo Bolorinos

Le problème du financement

« Aujourd’hui un comédien touche 30$ par représentation à l’extérieur de Phnom Penh. Nous n’avons pas toujours les finances pour payer nos comédiens » confie Phoeung Kompheak. « Les représentations en province sont gratuites et, même si on sent une vraie demande, il n’y a pas assez de rentrée d’argent pour assurer l’avenir de l’association ». L’avenir du projet se joue à Phnom Penh, et a pour enjeu la clientèle des touristes pour ce type de représentation. Le théâtre seul ne suffit pas, il faut donc arriver à fidéliser le public tout en cherchant d’autres sources de revenus. Afin d’accroître ses recettes, la troupe a décidé de commercialiser ses marionnettes, « 70% vont aux sculpteurs et le reste sert à financer l’association » explique Phoeung Kompheak. Afin d’attirer plus de public la compagnie a également décidé de créer une carte d’adhésion permettant d’assister à toute les représentations pour l’adhérent et sa famille pour 30$.

A propos du Sbek Thom

Le Sbek Thom met en scène de grandes marionnettes non articulées, en cuir ciselé, pouvant mesurer jusqu’à deux mètres de haut. Considéré comme un art sacré, ses représentations s’inspirent du Reamker, la version khmère du Ramayana et sont dédiées à des divinités. Ce théâtre ne pouvait à l’origine se produire seulement lors d’événements particulièrement importants comme le Nouvel An khmer ou l’anniversaire du roi. Les marionnettes sont taillées dans une seule pièce de cuir, les peaux sont colorées à l’aide d’une solution à base d’écorce de kandaol. L’artisan dessine la figurine sur la peau tannée, puis la cisèle et la peint avant de la fixer sur deux tiges de bambou qui permettront au danseur d’animer la marionnette.

Site internet de l’association : http://www.kokthlok-cambodia.com/

Texte par Hugo Bolorinos.

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