PekaKucha – Association Anvaya : La transformation de l’urbanisation au Cambodge

L’association Anvaya en partenariat avec le Centre pour les Etudes Khmère organisait le 29 Mai un PekaKucha ayant pour thème la transformation urbaine au Cambodge. Pour rappel, le PechaKucha est un format de narration dans lequel un présentateur montre 20 diapositives pour 20 secondes de commentaire chacune. Lors d’une soirée PechaKucha, des personnes se rassemblent dans un lieu pour partager des présentations de leur travail. Le format PechaKucha peut être utilisé, par exemple, dans des présentations professionnelles à des clients ou au personnel, ainsi que dans des contextes éducatifs ou d’atelier-conférence.

Borin Pin
Borin Pin, Président de l’association Anvaya

L’événement avait lieu à l’Université Pannasastra de Phnom Penh. Trois interventions ont présenté les enjeux et les conséquences d’une urbanisation accélérée.

Grace Smith de GoGreen Cambodia

Grace Smith est la cofondatrice de GoGreen Cambodia, association qui a pour ambition de rendre les rues de la capitale plus propres. Les causes de la saleté de la ville sont multiples : la pauvreté, le manque d’éducation, le manque d’infrastructures, le peu de régulation et les taxes importantes sur les produits biodégradables.

Grace Smith de GoGreen Cambodia
Grace Smith de GoGreen Cambodia

« Le plastique est partout ». Afin de trouver des solutions, GoGreen Cambodia a développé une application pour smartphone (disponible sur Android) qui utilise des données en temps réel afin d’informer ses utilisateurs de l’état sanitaire des quartiers de la ville de Phnom Penh. Pour cela, elle récolte les données de ses utilisateurs par un système de notation à base de smiley qui permet de savoir si le quartier dans lequel nous vivons est sale, propre ou si il manque des poubelles. L’application permet également d’organiser des événements destinés à entreprendre des nettoyages communautaires. Durant ces événements se présente alors l’opportunité de sensibiliser la population à la gestion des déchets.

Antoine Meinnel de Bloom Architecture

« La seule constance est le changement », Antoine Meinnel résume ainsi l’évolution des villes cambodgiennes. Le but de sa société est de penser le design comme un moyen de rendre la ville plus agréable à vivre. L’architecture et l’esthétique sont des notions « très subjectives », on ne peut donc pas plaire à tout le monde. Cependant, ce qui n’est pas subjectif c’est la « qualité de l’espace public ». En créant ces espaces grâce à des aménagements de qualité, Antoine Meinnel affirme « qu’il est possible de déclencher de nouveaux comportements, d’établir de nouvelles normes en matière d’urbanisme, d’espaces publics, de méthodes de construction durables et de préservation du patrimoine. ». L’architecture se doit d’être en accord avec les anciens bâtiments. Pour illustrer son propos, l’architecte a présenté un de ses projets, le Vattanac Park.

Projet de Vattanak Park, crédit photo : Bloom Architecture
Projet de Vattanak Park, crédit photo : Bloom Architecture

En reprenant un style architectural des années 1960 mais en le réadaptant, il crée un lien avec les habitants de la ville, « l’idée est que si les grands parents visitent ce parc, ils pourront se souvenir que ce lieu a déjà existé, et ils seront capables de le raconteur à leurs enfants » explique l’architecte.

Yvon Chalm

Yvon Chalm est un architecte français basé à Phnom Penh. Son intervention concernait le développement spectaculaire que connaît cette ville depuis quelques années. En raison des investissements chinois, la ville a complètement changé. Les investissements dans le domaine de l’immobilier, avec l’ouverture des casinos et le développement du tourisme ont complètement bouleversé le paysage urbain.

Cependant ce développement soudain n’est pas si anarchique qu’il peut le paraître. L’arrivée des investisseurs chinois s’est faite sur plusieurs vagues. La première concernait des chinois venant du Myanmar avec des investissements qui, auparavant, partaient de Macao pour aller vers Singapour et la Malaisie. Cette première vague a amené les premiers touristes chinois dans le pays. D’autres projets de casinos ont suivi et créé cette première forte demande d’immobilier. Une seconde vague concerne des casinos qui ont été construits avec des logements pour les employés.

Yvon Chalm est un architecte français basé à Sihanoukville
Yvon Chalm est un architecte français basé à Sihanoukville

« Sihanoukville était plutôt une ville forte auparavant et donc le développement immobilier chinois est amplifié par le développement immobilier local» explique l’architecte. Ce boom immobilier a poussé les habitants à quitter le centre-ville pour s’installer près de la route n°4. Une zone qui s’est également rapidement développée, avec des habitations mais aussi des écoles, des pharmacies…Une vie de village s’est rapidement installée

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