ONU : La Mission permanente du Cambodge prend position contre le Haut-Commissariat aux droits de l’homme

La Mission permanente du Royaume du Cambodge auprès de l’Office des Nations Unies à Genève a rendu public hier un communiqué de presse en réponse à celui du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) du 19 juin sur l’application du droit au Cambodge.

Mme Rhona Smith, rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme au Cambodge, et David Kaye, rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression
Mme Rhona Smith, rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Cambodge, et David Kaye, rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression

”Dans le communiqué du HCDH, déclare la Mission permanente, Mme Rhona Smith, rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Cambodge, et David Kaye, rapporteur spécial sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, ont faussement prétendu que l’application de la loi et l’ordre par les forces de l’ordre visait à réduire au silence les opposants politiques.”

« La Mission permanente n’est pas étonnée que les deux rapporteurs spéciaux voient fréquemment les droits de l’homme, la démocratie et l’Etat de droit du Cambodge comme des verres à moitié vides, tandis que le grand public les voit à moitié pleins. », ajoute-t-elle.

La Mission permanente s’est appuyée sur l’affaire de Mouen Sum, affirmant que c’est un bon exemple. ”Le gouvernement a été injustement tenu pour responsable la disparition de Mouen Sum, alors que la personne en question appréhendée pour avoir défriché illégalement une forêt s’était échappé de la réserve faunique de Koulen Promtep, dans la province de Preah Vihear, le 20 janvier 2019 ; seulement deux mois plus tard, il sera à Phnom Penh le 31 mars 2019 et se trouve actuellement avec sa famille…”, explique la Mission.

…En fait, ajoute le communiqué, les droits ne sont pas absolus. Pour assurer le respect des droits, le gouvernement est dûment autorisé à imposer certaines restrictions à ces droits. Celui qui exerce son propre droit à la liberté de parole a l’obligation légale de ne pas utiliser ce droit pour répandre des mensonges, pour promouvoir l’instabilité, et pour nuire à l’ordre public. Les citoyens sont tenus d’exercer leurs droits de manière responsable, ce qui est avant tout une obligation légale aux termes du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. L’article 19 de ce Pacte stipule que la liberté d’expression doit être exercée avec des devoirs et des responsabilités spécifiques, en tenant compte du respect du droit et de la réputation des autres, de la sécurité nationale et de l’ordre public.

”…Une rhétorique politique pleine d’incitation, de haine, de discrimination, de violence, de harcèlement, d’abus, d’appel à la révolte sociale et d’appel à la rébellion contre un gouvernement légitimement élu n’est pas le droit à la liberté d’expression ou d’opinion, indique la même source, soulignant que si la tendance  n’est pas contrôlée, elle se traduira par une distorsion de la liberté d’expression et d’opinion qui porteront atteinte à l’Etat de droit, aux droits de l’homme et à la démocratie…”, poursuit la Mission permanente.

« En tant que pays démocratique respectant les droits de l’homme et adhérant à la loi, tous les citoyens cambodgiens sont traités sur un pied d’égalité devant la loi, indépendamment de leur affiliation politique, de leur profession, de leur statut social ou de leur passé. Chaque personne est légalement responsable, non pas à cause de qui elle est, mais à cause des infractions qu’elle a commises », précise la Mission permanente, ajoutant qu’elle trouve que le rapporteur spécial a pour mandat ”…d’aider le gouvernement royal du Cambodge dans la promotion et la protection des droits de l’homme, pas de faire des commentaires qui peuvent être perçus comme un acte d’ingérence. Le rapporteur spécial n’est pas un juge chargé de décider qui sera inculpé ou acquitté…”

Avec C. Nika – AKP Phnom Penh, juin 2019 —

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