Théâtre – Siem Reap : Le SRAS présente « Le Dieu du carnage »

Huis clos. Salon intérieur bourgeois, deux couples de parents quadras y discutent fort civilement afin de régler un léger incident : à l’école, le petit Ferdinand a attaqué son copain Bruno à coup de bâton. Mais peu à peu la discussion dégénère, le vernis de la politesse et des convenances s’effrite pour laisser apparaître le démon qui sommeille en chaque individu.

« Le Dieu du carnage »
« Le Dieu du carnage »

Cette pièce, c’est « Le Dieu du carnage », de Yasmina Reza, que la troupe du SRAS a choisi de présenter cette année au public siemreapois. En pleines répétitions, son directeur, Raphaël Ferry, a pris le temps de répondre à quelques-unes de nos questions.

Q : A quand remonte la création de la troupe du SRAS ?

Raphaël Ferry : quand je suis arrivé à Siem Reap, ce qui me manquait le plus, c’était le culturel. Si nous sommes assez bien fournis en termes d’expos peinture ou photo, s’il y avait déjà à l’époque une grande offre musicale, il n’y avait en revanche pas grand-chose en matière de spectacle vivant, et encore moins de spectacle francophone. Alors que je m’en plaignais, l’une de mes amies, Diane, m’a tout simplement dit : « Eh bien si ça n’existe pas, tu n’as qu’à le faire ! ». Voilà. C’est comme ça qu’en 2012, la décision a été prise ! En ce qui concerne le nom de la troupe, nous avons choisi l’acronyme de SRAS, pour Siem Reap Actors Studio. Une manière pour nous de dédramatiser le contexte anxiogène qui régnait alors avec l’épidémie de grippe aviaire.

Q : L’univers du théâtre vous était-il déjà familier ?

Je n’avais auparavant pratiqué le théâtre qu’au cours de deux années, et encore, en simple amateur. J’ai enrôlé ma femme qui, elle, débutait totalement, et nous nous sommes retrouvés à jouer « Petits crimes conjugaux », d’Éric-Emmanuel Schmitt. On a beaucoup travaillé, et on a aussi eu pas mal de chance : nous étions comme portés par la vague. Nous cherchions un théâtre ? Pas de problème, un ami nous a gentiment proposé de nous prêter le sien, sans que nous sachions auparavant qu’il en possédait un ! C’est comme ça que nous nous sommes retrouvés sur les planches de l’Angkor Village. Restait à trouver un décor et des costumes, et là aussi, le hasard des rencontres a joué son rôle : tout nous a été fourni grâce aux bonnes volontés que nous avons croisées à l’époque.

Le SRAS présente « Le Dieu du carnage »

Q : Combien de membres compte la troupe ?

Après cette première pièce, la troupe s’est étoffée, allant jusqu’à compter une dizaine de personnes. Les effectifs varient en fonction des années, car il faut garder à l’esprit que faire partie d’une troupe de théâtre est une activité extrêmement exigeante : quelle que soit la pièce que nous montons, nous répétons deux fois par semaine pendant huit mois. C’est énormément de travail.

Q : Comment les pièces sont-elles choisies ?

Nous fonctionnons uniquement sur la notion de plaisir : les textes sont choisis en fonction de l’envie que nous avons de les jouer. Et nous tentons, aussi, de varier les genres. Nous avons fait des comédies dramatiques, des pièces en alexandrins, des vaudevilles, des sketches… Il nous reste à nous attaquer à la comédie musicale et au théâtre classique, qui manquent encore à notre répertoire.

Q : L’année dernière, la représentation de « Sketches sans animaux » était suivie d’une autre pièce. Allez-vous renouveler cette double affiche ?

Tous les bénéfices réalisés sont utilisés pour faire venir des comédiens professionnels. L’année dernière, il s’agissait de la compagnie des « 3 mousquetaires », de Bangkok. Cette année, nous allons effectivement renouveler le principe en accueillant la comédienne Maud Andrieux, qui rendra hommage au Cambodge de Marguerite Duras en lisant quelques-uns de ses textes.

Q : Y aura-t-il d’autres représentations de ce « Dieu du carnage », ailleurs qu’à Siem Reap ?

S’il nous est arrivé de représenter nos pièces à Phnom Penh et à Hanoï, nous allons nous cantonner cette année à Siem Reap, et uniquement pour les dates du 25 et 26 mai. Raison de plus pour ne pas manquer ces deux représentations !

« Le Dieu du carnage », pièce de Yasmina Reza, les 25 et 26 mai à l’Angkor Village, à partir de 18h.
Tarifs : 8$ pour un spectacle, 12$ pour les deux.

Distribution : Stéphane Basler et Sophie Ferry joueront les époux Houllié, Anne-Sophie Vincent et Raphaël Ferry les époux Reille.

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