Portrait – Exclusif : Catherine V Harry, une meilleure dose de Cath

« A Dose Of Cath » est le nom de son vlog (blog vidéo) bilingue comptabilisant près de deux cent cinquante-mille abonnés au Cambodge et à l’étranger. Sa fondatrice Catherine V Harry a vingt-quatre ans et fait l’admiration des jeunes Cambodgiennes. Elle est aussi une épine dans le pied de quelques conservateurs qui, au nom de la Culture Khmère, blâment son engagement pour la cause féministe.

Cath est née à Phnom Penh, elle y a grandi, elle y termine une maîtrise de communication et journalisme à l’Université de Panhasastra. Dans le même temps elle écrit son deuxième livre. Le charisme et l’empathie de cette battante spirituelle ne peuvent laisser indifférent : Cath est de celles qu’on aime ou qu’on déteste. Concernant les Droits des Femmes ou la liberté sexuelle, l’égalité des genres ou l’écologie, les relations des Cambodgiens avec les expatriés, elle ne manie pas la langue de bois.

Catherine V Harry
Catherine V Harry,

Rencontre avec un esprit brillant qui risque de secouer un brin les mentalités. Attachez vos ceintures !

Q : Comment êtes-vous devenue une vlogueuse ?

Le vlog est en réalité une extension de mon blog, que j’avais démarré à l’âge de dix-huit ans. À cette époque, je travaillais pour une ONG créée par la BBC, sur un projet appelé Love 9, qui parlait de prévention sexuelle et maternelle, ciblant un public de quinze à vingt-cinq ans. Même si l’audience atteignait environ les deux millions de spectateurs, la ligne éditoriale de la BBC restait un peu rigide, et je me suis sentie obligée de développer plus profondément les sujets qui étaient abordés dans le programme.

Q : Une ligne éditoriale rigide, dites-vous ? Pourtant, les médias occidentaux donnent l’impression de laisser libre cours à l’expression.

Je me souviens que des envoyés du siège de la BBC à Londres nous avaient apportés un livre énorme dans lequel se trouvait décrite en détail la ligne éditoriale que nous devions suivre. Il y avait somme toute une logique à cela, étant donné que la BBC est en partie financée par le gouvernement Britannique, ainsi que d’autres institutions telles l’ONU. Ce que nous évoquions dans le programme Love 9 ne devait pas offenser nos sponsors locaux, ou les différents promoteurs de la BBC. Je ne crois pas qu’aucun média, dans aucun pays, ne soit totalement libre d’expression. Vous ne pouvez pas simplement dire tout ce que vous pensez, la réserve est de mise. Les réseaux sociaux semblent frappés par moins de censure, ils hébergent davantage de penseurs subversifs.

C’est pourquoi j’ai démarré mon propre blog, approfondissant mes recherches sur les conflits relationnels et le harcèlement sexuel, en liaison avec le féminisme et la libération sexuelle. C’était le produit de ma réflexion personnelle à propos de l’impact négatif, voire de l’oppression de la société conservatrice dans laquelle j‘ai été élevée.

Je voulais en discuter, partager mes impressions et mes inquiétudes, ainsi que mes revendications, avec des gens de mon âge. Il y a deux ans, je suis passée à la vidéo afin de sensibiliser un public beaucoup plus nombreux.

Q : Votre collaboration avec cette ONG de la BBC fut-elle un atout pour créer votre propre média ?

Je ne nie pas que ce fût une expérience positive. Les gens de la BBC m’ont appris pas mal de choses, mais en même temps, je trouve que, malheureusement, beaucoup d’organisations étrangères présentes ici aient tendance à traiter les Cambodgiens avec une certaine condescendance, ce qui laisse un goût amer de colonialisme, et je n’ai vraiment pas apprécié cela. J’avais certes besoin de conseils, d’orientation, d’expertise, mais sûrement pas de minimisation de mon potentiel.

Cette attitude récurrente amène les jeunes Cambodgiens, même éduqués, à considérer les étrangers comme plus efficaces, plus capables, plus intelligents qu’eux, et cela affecte leur confiance en soi, leur ambition professionnelle. Regardez les ONG par exemple, la plupart sont sous management étranger, alors qu’elles sont supposées apporter des solutions à des problèmes spécifiques à la population locale. Beaucoup de Cambodgiens ont inconsciemment intériorisé cet axiome qui voudrait que les étrangers soient plus compétents.

Vous devez être au courant du déséquilibre salarial : les Cambodgiens ont des revenus tellement inférieurs aux étrangers, même à des niveaux d’éducation ou de compétence équivalents. Je me suis jointe à une discussion sur un forum Facebook dans laquelle un expatrié recherchait un traducteur de langue Khmère à langue Anglaise et se renseignait sur le tarif. D’autres lui suggéraient de rémunérer cette expertise « pas plus de vingt dollars par jour », ce qui est cinq fois moins que le taux international en vigueur. Ceci est totalement inacceptable.

Je connais personnellement des expatriés qui mènent grand train à Phnom Penh, en travaillant probablement moins que leurs employés, mais en gagnant beaucoup plus. Les Cambodgiens désormais sont très au courant de ces abus, et la situation devrait évoluer vers davantage d’équité, sinon les relations entre étrangers et locaux risquent d’être bien moins chaleureuses.

D’autre part, il y a des choses que les expatriés ne comprennent pas au sujet des Cambodgiens, surtout en termes de Culture, de développement. Ils savent rarement comment appréhender le marché local. C’est pourquoi lorsque j’ai décidé de parler de problèmes de famille, de sexualité ou de Culture, j’ai songé humblement que j’avais suffisamment de compétences pour le faire moi-même.

Q : Comment les gens réagissent-ils à vos publications ?

Lorsque j’ai tout d’abord écrit mon blog en Anglais, je me suis concentrée sur l’éducation sexuelle, que je considérais comme une des bases du féminisme. Peu après, devenant populaire, c’est devenu ma marque de fabrique. La plupart de mes lecteurs venaient de mon cercle d’amis, ils étaient progressistes. Ils ont adoré le contenu et l’ont diffusé.

Devenu bilingue, le vlog touche un échantillon de population plus large. Je suis très vilipendée. Certains me reprochent de bafouer la Culture Khmère. Ces attaques ne sont pas seulement le fait de Cambodgiens : des expatriés aussi me disent qu’une femme Cambodgienne authentique devrait être « gentille » et « respectueuse de sa Culture », Culture à laquelle ils ne connaissent pourtant pas grand chose. J’essaie de ne pas réagir avec colère, mais cela trahit leur mentalité réelle vis-à-vis des Cambodgiennes.

J’ai eu beaucoup de critiques de la part de célébrités locales : metteurs en scène, acteurs, chanteurs … Eux aussi me reprochent de mettre en danger notre Culture.

Q : Les artistes ne devraient-ils pas avoir l’esprit plus ouvert ?

Je crois que dans tous les pays l’industrie du divertissement est majoritairement misogyne et sexiste. L’affaire Harvey Weinstein n’est certainement pas un cas isolé, et je comprends que les célébrités locales puissent mettre leur carrière en péril en me soutenant publiquement. Je reçois pas mal de messages de la part d’artistes de la nouvelle génération, mais ce sont là des attentions discrètes. Ils peuvent toutefois jouer un rôle dans l’amélioration de la condition féminine, au travers de leur création. Petit à petit, cela devrait permettre un vrai changement.

Je suis également l’objet de pas mal d’insultes, que je ne mentionnerai pas par correction, mais que je vous laisse imaginer. Et l’on m’envoie bien des messages et images pornographiques. Les hommes me montrent fièrement leurs attributs, pensant probablement qu’une femme qui ose parler de sexe est forcément une femme facile. C’est un exemple courant de machisme néfaste.

Q : Ces goujats sont-ils Cambodgiens ou étrangers ?

Les deux. Ce qui ne me surprend pas, je n’en attends pas moins de la part de certains étrangers qui viennent en Asie, espérant y rencontrer des femmes soumises. Ce stéréotype est malheureusement tenace.

Q : Parlons maintenant des réactions positives à vos vidéos.

Ils sont une majorité, ce qui est très encourageant. Il s’agit de jeunes gens me remerciant de l’enseignement qu’ils trouvent dans mes vidéos. Du courage, également, que mes propos leur donnent pour s’adresser à leur partenaire, à leur famille.

De jeunes femmes souhaitent devenir féministes, je suis en quelque sorte celle clame dit haut et fort ce qu’elles pensent, ce qu’elles veulent combattre, mais n’ont jamais osé affirmer. D’une certaine façon, je valide leurs opinions. Savoir que ces gens sont derrière moi, créant ainsi un mouvement émergeant, me donne une grande énergie.

Des groupes féministes me soutiennent aussi, tout spécialement Safe Cities, qui est une émanation d’ActionAid. Ils diffusent mes vidéos. Je travaille également avec Miles Of Hope, car je fais beaucoup d’éducation sexuelle et c’est une organisation progressiste. Une fois encore, les ONG de ce type soutiennent mes travaux mais ne peuvent les promouvoir pleinement sans risquer de porter préjudice à leurs relations professionnelles ou leur financement.

Certains officiels initient le dialogue, en privé. Aucune menace, dois-je dire. Ils me laissent simplement faire ce que je veux, ce qui est déjà très appréciable. Le Ministère des Droits de la Femme se sent peut-être concerné par mes prises de position, mais seulement concernant les sujets traditionnels de leur mission. Tel est le cas du problème majeur de la violence domestique, liée à la sexualité et à l’égalité des genres : on le dénonce de concert, mais on n’ose pas s’atteler à une refonte de notre Culture qui, sous certains de ses aspects, oppresse véritablement les femmes.

Catherine V Harry

Q : Les relations conjugales entre Cambodgiennes et expatriés sont en constante augmentation. Trouvez-vous cela positif pour la condition féminine locale ?

Les gens considèrent habituellement que la Culture occidentale est plus progressiste, probablement parce qu’ils ne l’ont pas étudiée en profondeur. Ils auraient remarqué combien elle peut être patriarcale. Il est édifiant par exemple de réaliser que le droit de vote a été consenti aux femmes depuis seulement un siècle, lorsque l’Histoire de l’Humanité s’égrène depuis des millénaires. La Culture occidentale a peut-être un tout petit peu d’avance sur la nôtre.

J’ai parlé avec des femmes Cambodgiennes qui m’ont dit vouloir épouser des occidentaux car elles les croient plus compréhensifs, plus attentionnés, plus intelligents. Il serait bien utopique de concevoir cela comme une généralité.

Cette tendance trouve ses origines dans l’ère coloniale Française. À l’époque, les locaux ont considéré ces colons comme leurs supérieurs. Nous savons que dans chaque ethnie il y a du bon et du mauvais, mais cette idée condescendante à l’égard des Cambodgiens persiste. Il faudra du temps pour la casser, de même que pour mettre un terme au déséquilibre salarial et à beaucoup de largesses que nous avons trop naïvement accordées aux mentalités colonialistes.

S’il est positif pour la condition féminine Cambodgienne que nos femmes soient en couple avec un expatrié, c’est uniquement si elles s’épanouissent au sein de leur couple et si elles y préservent leur libre-arbitre. Cela n’est ni une question de niveau social ou de confort financier.

Q : Certains expatriés ont tendance à nier ces privilèges que vous décrivez.

Les gens ne réalisent pas qu’ils sont privilégiés jusqu’au jour où on leur ôte leurs privilèges.  J’ai eu une altercation avec un professeur expatrié à mon université. Il affirme ne pas croire à la notion de privilège occidental au Cambodge. Il ne reconnaît pas qu’il y ait une différence de salaire importante entre lui et les professeurs Cambodgiens qui enseignent au sein de la même institution. Il m’a qualifiée de raciste, pour avoir jugé sa couleur de peau. Il m’a dit que j’étais une malade mentale, que j’avais l’esprit corrompu, pour véhiculer de telles idées.

J’entends souvent des expatriés se plaindre de payer plus cher, par exemple pour les motos ou les Tuk Tuk. Ou de devoir laisser un pourboire plus élevé sous peine de perdre la face. Cela est certes un désagrément, mais s’il y avait équité des revenus, il pourrait y avoir équité des services.

Q : Vous avez accepté cette interview immédiatement après notre partage sur Facebook d’une vidéo tournée pendant le Nouvel An Khmer. Cette vidéo vous a profondément touchée. Voudriez-vous en parler ?

Oui, vraiment, il faut en parler. Cette vidéo s’est propagée rapidement, en quelques jours. Elle montre deux femmes sur une mobylette, qui se font arrêter sur la route par un groupe de jeunes hommes, qui perpétuent la tradition des jeux d’eau et de farine de la nouvelle année. Cela tourne très mal lorsque trois de ces hommes en viennent à les harceler, touchant leur corps et les embrassant contre leur gré. L’entourage se moque d’elles, alors qu’on voit très clairement qu’elles sont choquées et terrifiées.

J’ai relayé cette vidéo, bien entendu, et j’ai fait un commentaire très acerbe sur le harcèlement sexuel et comment il devrait être puni. Je fus abasourdie par les réponses. La plupart des hommes, expatriés inclus, défendaient les harceleurs, prétendant qu’il s’agissait là au contraire d’attentions délicates à l’égard de ces filles, ou de plaisanteries bien légères, qui ne devraient pas susciter l’indignation.

Il faudra bien du temps pour changer les mentalités, et pas seulement au Cambodge. Les hommes ignorent toujours ce qu’est réellement le harcèlement sexuel, ils ne comprennent pas combien cela peut traumatiser les femmes. En Suède par exemple, le taux d’agressions sexuelles est plus élevé qu’au Cambodge. Ce n’est pas un reflet de la réalité, car en Suède, on punit pour tout contact sexuel non consenti, toute attitude sexuellement agressive, c’est pourquoi les chiffres prennent en compte beaucoup plus de délinquance qu’ici, où l’on n’a pas le moindre cadre de loi en ce domaine.

Q : Comment faire prendre conscience aux Cambodgiens de ce problème et changer leur mentalité sans « bafouer la Culture » ?

La solution viendra peut-être de la prochaine génération. Il faut apprendre aux jeunes garçons ce qu’est le harcèlement sexuel, ce qu’est le consentement féminin. Il faut bannir cette excuse idiote que « les hommes seront toujours des hommes ».  Nous devons réaliser qu’il faille combattre des centaines d’années d’idées distillées dans l’éducation locale. Je ne crois pas avoir assez d’une vie pour le faire. J’espère réussir à changer ne serait-ce qu’un homme, et si d’autres femmes font de même, cela pourrait avoir des conséquences significatives dans les prochaines décennies.

On devrait aussi apprendre aux Cambodgiens qu’il peut y avoir de mauvaises mentalités dans leur Culture, et qu’elles appartiennent au passé, car elles peuvent légitimer la violence contre les femmes ou dans le cadre familial. Ce qu’il y a dans nos livres d’Histoire devrait être enseigné avec prudence, avec conscience que notre style de vie a changé. Nous devons bien sûr étudier notre Culture, en gardant ses bons apports tout en dénonçant ce que nous jugeons désormais inacceptable.

Le problème est qu’on éduque les populations sans jamais leur octroyer le droit à la critique. Nous devons éliminer le principe d’une seule et unique éducation. Nous devons intégrer l’idée selon laquelle se forger sa propre opinion n’est pas condamnable, ne fait pas de soi un mauvais garçon, ou une fille indigne.

Q : Pensez-vous que votre vlog puisse affecter votre avenir au Cambodge ?

J’espère que son impact me sera bénéfique ! Je suis très passionnée dans son développement, je souhaite qu’il puisse être un vecteur de changement, ce qui, probablement, affectera mon avenir. Je regardais « Une Femme D’Exception », ce long-métrage basé sur l’histoire vraie de Ruth Bader Ginsburg, une avocate qui dut affronter des problèmes professionnels suite à sa grossesse. Un passage du film qui m’a marqué est ce moment où Ruth explique que pour faire évoluer les mentalités, les activistes exigent habituellement des textes de lois, alors qu’ils devraient en priorité joindre leurs forces pour faire changer l’état d’esprit des individus. L’éducation, ce n’est pas établir des limites ou des punitions. C’est avant tout faire de la prévention. C’est créer des plateformes d’enseignement afin que les gens puissent partager opinions et sentiments, afin d’éclairer leur esprit à propos de problèmes auxquels ils n’ont jamais été confrontés.

Sans prétention aucune, mon vlog est peut-être une première plateforme d’échanges pour les Cambodgiens, qui leur permet de lire un autre point de vue. Si c’est le cas, je vais le développer autant que possible.

Q : Quel est le féminisme selon Cath ?

Je m’en tiens à sa fondation du qui est le libre arbitre, la liberté de choisir.

La seconde vague féministe des années 1970 était majoritairement le fait de la classe moyenne blanche. Elle prétendait notamment que les femmes au foyer étaient une menace pour la société, qu’elles devaient en sortir et trouver un travail. Pour moi, et c’est la véritable essence du féminisme, décider d’être femme au foyer n’a rien de dégradant, si c’est un choix personnel et si la porte du foyer est toujours ouverte à un changement de décision.

Le féminisme n’est pas seulement affaire de femmes. Il a pour mission de combattre le patriarcat et le machisme néfaste. Ce dernier affecte les hommes également : on leur dit qu’il ne faut pas pleurer, qu’il ne faut pas montrer leur émotion, et cela est un désagrément pour tout le monde. Notre action est de démonter ces stéréotypes, de dire aux garçons qu’ils peuvent être timides, qu’ils peuvent jouer avec les filles, même à la poupée, de faire entendre aux hommes qu’il est tout aussi viril d’être gentil ou romantique …

Beaucoup de féministes que je fréquente exigent que les femmes soient respectées pour chacune de leurs opinions et décisions. Cela est vrai même pour les travailleuses du sexe.

Q : Il y a sûrement beaucoup de problèmes dans ce domaine au Cambodge.

Je ne trouve rien d’infamant à être une travailleuse du sexe lorsque ce choix est personnel. Encore une fois, un homme peut faire preuve de harcèlement envers une travailleuse du sexe, car la relation avec le client doit être basée sur un consentement mutuel. Au final, les métiers du sexe sont un business comme un autre. On vend du sexe. Les gens pensent que c’est dégradant parce qu’il s’agit du corps de la femme, et que les femmes ne devraient pas avoir de relations sexuelles avec beaucoup d’hommes, ce qui est un point de vue sexiste. Si vous brisez ce tabou, les femmes devraient pouvoir consommer du sexe comme bon leur entend, avec qui elles veulent, et sous quelque agrément que ce soit.

Au Cambodge, les métiers du sexe apparaissent comme l’unique possibilité pour certaines familles de sortir de la pauvreté. Les prostituées doivent être protégées et respectées tout autant, pas mises au pilori. Un grand pas pour la condition féminine ici serait de réévaluer financièrement les petits emplois et métiers, ce qui pourrait éviter à bien des femmes de se tourner vers la prostitution pour gagner leur vie.

Q : Avez-vous une audience LGBT ?

Oui, tout à fait. Ils font partie de mes supporters les plus actifs. Certains m’ont avoué que grâce à mes arguments ils se sont sentis plus confiants. Ils ont même trouvé la force de parler à leur famille, de faire leur coming out, ou, à défaut, d’initier un vrai dialogue et d’affronter le challenge social qui est le leur.

C’est un aspect de ce pays me fait croire à une vraie possibilité de changement. Les femmes commencent à s’exprimer ouvertement, tout comme la communauté LGBT, avec, je dois le reconnaître, une écoute et une tolérance en net progrès.

Q : Que souhaiteriez-vous au Cambodge pour la prochaine décennie ?

Du changement !  Il ne s’agit pas pour moi de juger le passé ou les affaires courantes. Il s’agit plutôt de tenir compte des nouvelles générations. Plus de la moitié de notre population a moins de trente-cinq ans. Nous devons certes apprendre de nos aînés, mais nous avons également besoin d’une écoute attentive des attentes et problèmes des jeunes. Cela aidera les mentalités à évoluer.

Q : Croyez-vous qu’il y ait un seul endroit en ce Monde où les femmes aient réellement un pouvoir ?

Probablement au sein d’une petite tribu, quelque part … A moi de trouver où !

Propos recueillis par Philippe Javelle

 

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