Les Rues de Phnom Penh : Sous le pont Monivong à Chbar Ampov

La zone située après le pont Monivong (1), dans le district de Chbar Ampov, est en plein boom immobilier, avec ses bons côtés, ses moins bons et ses paradoxes.

Sous le pont Monivong
Sous le pont Monivong

Les boreys, malls, galeries commerçantes et complexes résidentiels fleurissent à quelques kilomètres du pont qui franchit le Bassac. C’est une véritable ville nouvelle qui se crée, plus calme et plus verte, avec des Cambodgiens ravis d’échapper au tumulte de la capitale. Certains sont heureux, d’autres le sont un peu moins.

Contraste

Juste avant l’entrée du village d’Ou Thum qui se situe en contrebas du pont Monivong, nous apercevons deux mendiants d’un certain âge, assis à même le sol à seulement quelques mètres de la route devenue très encombrée aux heures de pointe. Ils sont là chaque matin, guettant peut-être le générosité des nombreux automobilistes qui utilisent cette route pour éviter l’encombrement de la RN1.

deux mendiants d’un certain âge
Deux mendiants d’un certain âge

À notre arrivée dans le village, juste après le pont, dans une petite ruelle de terre battue perpendiculaire à la rue 371, le contraste est saisissant : sur une rive se dresse l’ambitieux complexe immobilier “Prince Plaza”, tandis que sur l’autre, beaucoup de petites maisons sont bien plus rudimentaires, parfois délabrées. La rive est assez abrupte, envahie par les plantes mais aussi par les déchets ménagers.

village d'Ou Thum
village d’Ou Thum

En contrebas, une jeune maman tente de manœuvrer son embarcation avec son bambin dans les bras.

Nous suivons un étroit chemin de terre qui nous mène à un ensemble assez hétéroclite de petites maisons et de cabanes en taules. Ces habitation sont parfois propres, parfois moins entretenues. Certaines d’entre elles sont même décorées de verdures et de bambou.

La communauté est accueillante, Les enfants du village jouent entre eux, pendant que les parents travaillent, font la sieste ou prennent des cafés.

village d'Ou Thum
Village d’Ou Thum

Environ 200 familles vivent dans ces baraques qui bénéficient d’un assainissement approximatif et d’un accès limité à de l’eau potable. Il y a toutefois une école publique à proximité.

Une bonne partie des jeunes travaillent dans une installation de traitement du poisson à proximité ou dans les chantiers de construction qui fleurissent alentours. Quelques ONG travaillent dans cette zone pour éviter que certains jeunes partent à la dérive. La plus connue d’entre elles est Tiny Toons qui a son QG tout près du village.

Vendeurs ambulants

Apparemment, à voir le nombre de chariots alignés, beaucoup d’entre eux sont des vendeurs ambulants. Des vendeurs de glaces et boissons fraîches déambulent, des vendeurs d’insectes et même des “vendeurs de vœux” – ceux qui proposent aux touristes des lâchers d’oiseaux – s’affairent autour de leur carriole, probablement en train de se préparer à aller travailler sur Riverside.

Maisons en tôle, en bois, en béton – surtout dans les rues perpendiculaires – se côtoient, certains villageois s’en sortent probablement mieux que d’autres. Apparemment, les pêcheurs seraient les moins bien lotis, leurs cabanes en bord de rive sont rafistolées, construites de bric et de broc et donnent l’impression de s’écrouler à tout moment.

Organisation

Toutefois, malgré le manque évident de moyens de certains de ses membres, la communauté semble organisée. Le système d’alimentation d’eau et d’irrigation est rustique mais ce sont les villageois qui ont pris les choses en main. Des efforts de coquetterie sont même entrepris sur certaines habitations et, comme tout petit quartier de banlieue, il y a des café, quelques petits restaurants de rue et surtout, une ambiance chaleureuse.

Il suffirait de…

Si la visite des quartiers et petites rues de Phnom Penh laissent à l’évidence constater à quel point la gestion des déchets est difficile, on ne peut s’empêcher de penser que, finalement, il ne manquerait pas grand chose pour que ce quartier de petits pêcheurs et petits métiers devienne un peu plus propre, et plus accueillant pour ses habitants.

Réparer ou reconstruire quelques dizaines de maisons, organiser une vraie collecte des déchets avec des poubelles centrales peut-être (les camions de Cintri ne peuvent aller dans toutes les zones du village) et un peu de responsabilisation – formation sur ce problème seraient les bienvenus.

(1) Le pont Monivong est un double-pont en béton nommé ainsi en l’honneur du roi Sisowath Monivong (1875-1941). C’est l’un des deux seuls ponts franchissant le Bassac au Cambodge, avec le Pont Ta Khmao plus au sud, c’est un pont stratégique pour la circulation de la ville. Il est en fait constitué de deux ponts, le premier construit dans les années 1960 et le second inauguré le 27 mai 2009.

Pour consulter la totalité de l’album photographique, cliquer ici…

village d'Ou Thum – District de Chbar Ampov

Posted by Cambodge Mag on Thursday, 23 May 2019

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