Histoire – Monument : A propos de Techo Meas et Techo Yât

Sur le quai Sisowath, en face de la pagode Ounalom, a été dressée en 2012 une double statue équestre.

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Fiers guerriers khmers

Elle représente deux fiers guerriers khmers, portant leur épée sur le dos, tournés vers l’Ouest, retenant par la bride leurs chevaux impétueux qui se dressent sur un rocher. Aucune plaque ne vient préciser qui sont ces personnages, mais il suffit de se livrer à une simple recherche sur Internet pour découvrir qu’il ne s’agit ni plus ni moins que de deux héros nationaux : Techo Meas et Techo Yât (parfois orthographié Yort).

Ces deux personnages vivaient à la fin du XVe et au début du XVIe siècles, à l’époque où la capitale de l’Empire Khmer se trouvait à Longvek. L’Empire Khmer fut à l’époque en butte à des invasions siamoises. A l’occasion de l’une de ces invasions, le roi khmer fit lever des troupes. Un homme du peuple, un certain Meas, n’écoutant que son courage, s’enrôla sans hésiter.

Techo

Mais le général khmer chargé de repousser les Siamois était pusillanime et refusa d’engager le combat contre l’envahisseur. Voyant cela, il se vit vertement tancer par Meas, et le général en question le mit alors au défi de se lancer seul à l’attaque des Siamois. Meas répliqua que le sacrifice de sa personne ne serait d’aucune utilité. Cet incident parvint aux oreilles du roi khmer qui convoqua Meas. Après avoir entendu les arguments de l’impétueux guerrier, le roi lui confia le commandement des troupes et lui conféra le titre de « techo », qui s’applique à un chef militaire invincible.

Meas, assisté de son fidèle esclave pnong Yât, mit les troupes siamoises en déroute en usant d’un stratagème. Lorsque Meas périt, c’est Yât qui prit sa succession, qui hérita du titre de son maître et qui poursuivit la lutte contre les Siamois.

Publication

L’histoire de Techo Meas et de Techo Yât est bien connue des Cambodgiens. Elle est racontée dans le volume 8 du Recueil des contes et légendes khmers publié par l’Institut Bouddhique de Phnom Penh. Dans ce conte, Techo Meas est appelé Ta Krâhâm Kâ. Cette histoire a été traduite en français par Adhémard Leclère et se trouve dans le recueil de contes et légendes du Cambodge publié par Leclère en 1895 à Paris.

Kung Bunchhoeun, auteur contemporain majeur (décédé en 216), s’est inspiré de cette histoire pour écrire un roman historique flamboyant. Le récit a également inspiré une pièce du théâtre lkhaon bassac, ainsi que des adaptations cinématographiques.

PS : Le titre officiel du Premier Ministre Hun Sen comporte le mot « techo ».

Texte et photographies : Pascal Médeville

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