Environnement : Le smog en question

Siem Reap a accueilli récemment la 14e Réunion du Groupe de travail technique sur la pollution transfrontalière par le smog (1) dans la Grande sous-région du Mékong (GSM).

Environnement : Le smog en question
Environnement : Le smog en question

Réunion

Le rassemblement, tenu le 23 mai, a permis aux pays de la région d’échanger leurs points de vue, et d’envisager des solutions pour gérer la pollution par le smog. Au cours de la session, une cinquantaine de représentants de pays membres, dont le Cambodge, le Laos, le Myanmar, la Thaïlande et le Vietnam, du Secrétariat de l’ASEAN et des partenaires internationaux ont examiné les progrès de l’engagement commun dans les tentatives de résolution de ces problèmes de pollution.

Vann Monyneath, secrétaire général adjoint au Conseil national pour le développement durable du Cambodge, a déclaré que le gouvernement royal du Cambodge avait étendu les zones protégées à 7,5 millions d’hectares et déployé des efforts considérables pour lutter contre les incendies de forêt. Le secrétaire général a rappelé que les pays membres de l’ASEAN ont signé l’Accord sur la pollution transfrontalière par le smog en juin 2002. Cet Accord, entré en vigueur en novembre 2003, vise à prévenir et à maîtriser les incendies tout en minimisant les effets néfastes du smog sur les pays membres voisins.

Alertes transfrontalières

En février 2019, une alerte rouge sur la pollution par le smog avait été émise en Thaïlande. La nouvelle avait alors déclenché de nombreuses craintes parmi la population cambodgienne, craignant que cette pollution ne s’étende jusqu’au Cambodge. Le smog à Bangkok et dans certaines provinces telles que Samut Prakan, Samut Sakhon, Nonthaburi et Nakhon Pathom avait atteint le niveau PM2,5. Le  gouvernement thaïlandais avait alors temporairement fermé certaines écoles et établissements d’enseignement afin de protéger la santé des étudiants.

Cambodge

Depuis 2017, le ministère de l’Environnement a entrepris de mesurer les niveaux de PM2,5 de Phnom Penh, le polluant atmosphérique le plus dommageable pour la santé humaine. Le PM2,5 se présente sous la forme de minuscules particules créées à partir de poussière et de combustibles fossiles brûlant. Ces particules peuvent contribuer aux maladies cardiaques, aux accidents vasculaires cérébraux et aux maladies pulmonaires.

Les données enregistrées les plus récentes placent la qualité de l’air de Phnom Penh dans une catégorie supérieure à celle de Hanoï et de Beijing – avec des niveaux de PM2,5 de 27,4 mg en moyenne dans la capitale du Cambodge, contre 42,6 dans la capitale vietnamienne et 52,7 en Chine. Le niveau recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se situe à 25 microgrammes.

Toutefois, en raison des pratiques de brûlage incontrôlées à Phnom Penh – brûlage des ordures – cuisson par charbon de bois, et de la forte augmentation du trafic routier, de forts pics de pollution localisés sont fréquents.

Alarmes

En se fondant sur des mesures de la qualité de l’air de plus de 4300 villes, réparties dans 108 pays, une étude de l’OMS indique que les pays d’Asie du Sud-Est (Inde, Cambodge, Laos, Vietnam, Thaïlande…) et de l’Est (Chine, Mongolie…) comptent à eux seuls plus de 4 millions de décès. Cela rejoint des chiffres publiés en 2017, selon lesquels la pollution est responsable de 16% des décès dans le monde.

La pollution de l’air a un impact majeur sur la santé cardiovasculaire et respiratoire de la population mondiale. Plus de la moitié des pneumonies mortelles chez les enfants de moins de cinq ans sont dues à l’inhalation d’un air pollué. « L’OMS reconnaît que la pollution de l’air est un facteur de risque critique pour les maladies non transmissibles causant, selon les estimations, 24% des décès d’adultes imputables à des cardiopathies, 25% des décès imputables aux accidents vasculaires cérébraux, 43% des décès imputables à la bronchopneumopathie chronique obstructive et 29% des décès imputables au cancer du poumon », indique l’étude.

L’OMS attribue environ 20 000 décès au Cambodge liés à la pollution atmosphérique, dont 50% causés par des polluants extérieurs

(1) : Le smog est une brume provenant d’un mélange de polluants atmosphériques. Il est constitué surtout de particules fines et d’ozone. Le smog est associé à plusieurs effets néfastes pour la santé et pour l’environnement. L’influence de la combustion de biomasse – cuisine au charbon, feux en plein air  et agriculture sur brûlis –  se rajoute à celle des combustibles fossiles dans la formation du smog.

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