Communauté – Interview : Charya SAM, ”connecter mon pays d’origine et ma passion”

Entretien avec Charya SAM, responsable de la formation aux métiers de la coiffure chez “Happy Chandara”. Cette activité est une branche de l’association “Toutes à l’école”, association permettant l’accès à l’éducation pour les jeunes filles défavorisées du royaume.

Charya SAM, responsable de la formation aux métiers de la coiffure chez “Happy Chandara”
Charya SAM, responsable de la formation aux métiers de la coiffure chez “Happy Chandara”

Q : Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Charya Sam, j’ai 40 ans et je suis née en France de deux parents Cambodgiens.

Q : Quel a été votre parcours scolaire ?

J’ai suivi une formation de coiffure en France, jusqu’en 2001 puis je suis partie à Londres pour approfondir mon apprentissage dans la coiffure ainsi que dans la langue anglaise.

Q : Combien de temps avez-vous passé en Angleterre ?

J’étais partie de base pour une formation d’un mois, puis j’ai trouvé un emploi et je suis donc restée à Londres durant quatorze ans.

Q : Quand êtes-vous venue au Cambodge pour la première fois ?

J’ai voyagé au Cambodge pour la première fois en 2004, avec mon mari. Je n’y étais jamais allée avant, malgré le fait que mes parents soient Cambodgiens. À partir de ce premier voyage, nous sommes revenus en vacances tous les deux ans. Et, dès notre premier voyage, mon mari et moi avions le projet d’y vivre un jour. Nous nous étions promis de nous y installer avant nos trente-cinq ans. Nous avons tenu notre promesse, et nous nous sommes installés au Cambodge en 2013.

Q : D’où vient réellement votre souhait de vous installer au Cambodge ?

Pour ma part c’est une obsession depuis toute petite. M’installer dans mon pays d’origine était inscrit sur ma liste de vœux depuis mon plus jeune âge. J’ai eu la chance que mon mari ressente la même envie après notre premier voyage dans le pays.

Q : Vous êtes-vous sentie Cambodgienne en venant dans le pays ?

Je ne me sentais pas Cambodgienne avant mon premier voyage au Royaume. C’est d’ailleurs durant ce voyage que j’ai rencontré pour la première fois ma famille, qui habite près de la frontière Thaïlandaise. Ce n’est qu’à partir de ce moment-là que je me suis vraiment reconnectée avec mes racines et que j’ai pu sentir réellement d’où je venais.

Q : Qu’avez-vous fait en arrivant au Cambodge ?

La première année de mon arrivée au Pays je n’ai pas travaillé, j’ai pris du temps pour moi, pour me reconnecter avec mon pays. J’ai notamment pris des cours de Khmer car je comprenais la langue mais ne savais pas répondre, ce qui me frustrait beaucoup. J’ai maintenant atteint un niveau convenable même si j’aimerais maîtriser encore mieux la langue.  J’ai ensuite effectué quelques petits boulots dans des salons de coiffure, c’est là que j’ai connu “Toutes à l’école”.

Q : Pourquoi avez-vous choisi de travailler avec “Toutes à l’école” ?

Quand j’ai commencé à connaitre l’association, j’ai tout de suite été touchée par le sujet. C’est un projet qui me tient à cœur. J’ai donc décidé de travailler avec eux et j’ai débuté en 2013. Au début j’étais formatrice en coiffure, puis je suis devenue, après deux ans, responsable de formation. L’école Happy Chandara relie deux choses importantes à mes yeux, mon pays d’origine et mon domaine, la coiffure.

Q : Avez-vous pour projet de rester au Cambodge pour la suite ?

Mon mari et moi avons trouver notre place en venant ici, nous avons également trouvé un métier qui nous correspond. Je pense que nous nous voyons bien finir au Cambodge.

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