Portrait flash : Serge Pak, notre entreprise doit s’inscrire dans un projet sociétal

Serge Pak, est né au Cambodge, puis a pu partir avant la guerre. Il est revenu s’installer dans le royaume avec sa famille il y a à peine deux ans.  Pour Cambodge Mag, l’élégant Franco-khmer, passionné de tennis, explique l’essentiel de son parcours.

Serge Pak
Serge Pak

Q : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Serge Pak , je suis franco-khmer, je suis né à Pailin.  Ma famille a quitté le Cambodge peu avant la guerre en 1975, j’ai vécu quelques temps au Laos, puis en Thaïlande avant d’atterrir en France à l’âge de sept ans. J’ai commencé ma scolarité en France à partir du CP, à Paris.

Q : Dans quelles circonstances avez-vous appris le Français ?

J’ai appris le français lors de mon arrivée en France, j’ai du m’adapter à un nouveau pays, un nouvel environnement, une nouvelle langue. L’adaptation a été relativement facile car j’étais jeune, j’allais à l’école. Mais cela a été beaucoup plus compliqué pour mes parents qui passaient leur temps à travailler et donc n’avaient pas le temps d’étudier. Ils parlaient pas un mot de français au début. J’ai donc poursuivi mes études en France, j’ai préparé une école d’ingénieur à Paris, l’ESCOM. Après ça j’ai obtenu une bourse pour pouvoir étudier aux Etats-Unis, dans le Wisconsin, où j’ai passé deux ans dans une université.

Q : L’adaptation à ces différents pays n’a pas été trop difficile ?

Je me suis habitué à changer de pays donc au fil du temps l’adaptation est devenu plus simple, c’est sûr que ce n’est jamais facile, mais on s’y habitue. J’ai aussi habité deux ans en Grèce, où j’ai monté une entreprise de cuisine centrale.

Q : Après vos études, aviez-vous pour projet de rester travailler en France ?

En fait je suis arrivé au Cambodge pour m’y installer il y a seulement deux ans. Avant cela j’étais en France, où je possède une entreprise d’agro-alimentaire qui fonctionne toujours d’ailleurs. C’est une usine de fabrication de produits Asiatiques qui s’appelle Asia Central Food et qui se trouve dans le Var.

Q : Pourquoi êtes-vous revenu au Cambodge ?

Je suis revenu avec mon épouse et mes enfants en juillet 2016, pour une opportunité professionnelle qui s’est présentée. Par la même occasion cela me plait de contribuer à l’essor du pays. J’ai donc monté une usine de fabrication de parpaing de standard France, nous sommes en partenariat avec plusieurs fabricants de machine en France mais aussi locaux.

Q : Revenir au Cambodge après toutes ces années n’a pas été trop compliqué ?

À vrai dire tout ça s’est fait assez naturellement car j’y revenais déjà tous les ans en vacances. Mais c’est vrai que venir travailler ici est différent que de venir en touriste. Mais, cela reste un pays familier, je connaissais déjà des gens, la culture, l’esprit.

Q : Pensez-vous qu’avoir effectué vos études en France et aux Etats-Unis vous ont offert plus d’opportunités ?

Définitivement, oui. Les études donnent une ouverture d’esprit. Elles aident aussi à vous adapter à votre environnement.

Q : Vous avez des projets pour le futur ?

J’aimerais développer mon entreprise au Cambodge, Béton Block & Pave. J’aimerais suivre le modèle de mon entreprise en France, qui a un label de développement durable. Mon but est que mon entreprise impacte au minimum l’environnement, actuellement nous recyclons l’eau de pluie. Notre entreprise Béton Block & Pave doit s’inscrire dans son projet sociétal et s’intégrer dans la communauté.

Propos recueillis par Eva Marcadé

Haut de page