Exposition : Transition ou la ville transformée

Depuis son arrivée au Cambodge l’an dernier, ce qui a le plus étonné Martin Jacquemin à Phnom Penh est la juxtaposition de deux univers dans la ville.  « Ce qui m’a frappé… ce sont vraiment ces deux mondes qui cohabitent, qu’on voit tous les jours. Ces grandes tours en construction ou déjà construites et la vie cambodgienne plus modeste, » déclare-t-il.

« Et c’est encore plus frappant avec cette communauté cham de l’autre côté du fleuve,» ajoute-t-il. Du Quai Sisowath, on peut voir sur la presqu’île Chroy Changvar de petites tentes et des bateaux près du grand Sokha Phnom Penh Hotel.

Pêcheur préparant ses filets. Photo Martin Jacquemin
Pêcheur préparant ses filets. Photo Martin Jacquemin

Voulant en savoir davantage, M. Jacquemin s’est rendu sur place. « C’est un choc, » dit-il, « de voir ces gens qui vivent dans des abris de fortune, il faut bien le dire, au pied d’un hôtel qui est immense. »  Craignant qu’un de ces jours on leur demande de quitter les lieux, M. Jacquemin a décidé d’immortaliser en photos ces pêcheurs de religion musulmane, ce qu’ils lui ont permis de faire sans aucune difficulté.  Cette série de photos qu’il a nommé « Transition » est exposée à la galerie Imag’In à Phnom Penh à compter de jeudi soir (24 avril).

Le porteur d'eau. Photo Martin Jacquemin
Le porteur d’eau. Photo Martin Jacquemin

Une communauté en transition

Ce qui ressort de ces images est que cette communauté se sait être en sursis. A part leurs bateaux de pêche, leurs installations et abris sur la rive sont temporaires. Et à l’horizon dans plusieurs photos se dessine cet hôtel dont l’activité sera probablement le facteur déterminant qui les fera quitter cette parcelle de rive qui leur sert de village.  Dans une photo, un adolescent transporte des bidons d’eau d’un bateau de pêche pour les remplir sur la rive. Dans une autre, une femme portant la coiffure des femmes cham regarde le photographe de son bateau peint bleu ciel, démontrant que la communauté prend soin de ses biens. Il y a aussi une photo d’un homme qui dort sous un abri de toile posée sur un cadre de bois chancelant.  Puis une photo explique en une image la situation de cette communauté : un jeune garçon trop sérieux pour son âge regarde le photographe tandis que la silhouette de l’hôtel se dessine à l’arrière-plan.

Garçon jouant avec une canne à pêche. Photo - Martin Jacquemin
Garçon jouant avec une canne à pêche. Photo – Martin Jacquemin

Le photographe

Ingénieur en mécanique, M. Jacquemin, qui est français, travaille à l’Office européen des brevets à La Haye. Il est actuellement en année sabbatique qu’il passe au Cambodge.

Vernissage : jeudi le 24 avril, 19 :00
Lieu : Galerie Imag’in, 2A rue 93 (du Boulevard Monivong, tourner sur la rue 86 longeant le Phnom Penh Hotel, puis à gauche sur la rue 93).
L’exposition se termine le 22 mai.

Par Michelle Vachon

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