Education – Siem Reap – Portrait : Aline Ngn Clément, les devoirs de l’école

Créée en 2003, l’École Française de Siem Reap assure chaque année l’éducation d’une centaine d’élèves. Rencontre avec sa jeune et dynamique directrice, Aline Ngn Clément.

Aline Ngn Clément, les devoirs de l’école
Aline Ngn Clément, les devoirs de l’école

Il n’aura fallu que quelques minutes de trajet pour parvenir, depuis le centre-ville, jusqu’au bâtiment abritant l’École Française de Siem Reap. Dans ce quartier calme, loin de la frénésie vibrionnante qui caractérise la cité des temples, seuls résonnent le chant des oiseaux et les cris des enfants jouant dans la cour. Aline Ngn Clément, qui occupe la fonction de directrice depuis maintenant trois ans, détaille avec fierté les infrastructures mises à la disposition des enfants tout en présentant les membres de l’équipe enseignante. 20 personnes exercent au sein de l’école, dont 11 professeurs, qui veillent sur les 75 élèves du primaire et les 13 collégiens.

Fonctionnement associatif

C’est en 2003, sous l’égide d’un groupe de parents d’élèves désireux d’assurer une éducation de qualité à leurs enfants, que l’École Française de Siem Reap (EFSR) a vu le jour. Le principe de fonctionnement est semblable à celui d’une association, à laquelle chaque famille qui inscrit son enfant devient automatiquement membre. « Les parents d’élèves peuvent de fait participer aux assemblées générales, prendre part aux décisions et proposer leurs idées concernant le développement de la structure. Plus que de la direction, c’est de l’association des parents d’élèves qu’émanent les principales décisions. C’est donc en concertation que sont décidés le budget de l’établissement, les recrutements ou encore la politique de développement ». Aline confesse que ce mode de gestion surprend parfois les familles, mais que la méthode a l’avantage d’impliquer encore plus les parents d’élèves dans la vie d’un établissement qui respecte à la lettre les critères de l’Éducation nationale.

Éducation nationale à Siem Reap

« Nous sommes homologués par l’Éducation nationale pour les classes allant de la petite section de maternelle jusqu’au CM2. Ce qui veut dire que nous suivons exactement les mêmes programmes que dans n’importe quelle école située sur le territoire français. C’est ce socle commun avec les établissements situés en métropole qui séduit bon nombre de parents d’élèves. Avec, pour seule différence, un effort supplémentaire concernant l’enseignement des langues vivantes étrangères, l’anglais, bien sûr, mais aussi le khmer. A ce propos, nous sommes d’ailleurs surpris par le niveau des enfants, surtout par leur maîtrise de l’anglais, qu’ils parlent couramment, et sans accent ! ».

Afin de développer encore plus le potentiel des enfants, certains cours sont assurés dans une langue étrangère : il en va ainsi des classes d’histoire et de sciences, qui se déroulent en anglais. « Cette méthode pédagogique, que l’on nomme EMILE , fonctionne tellement bien que nous envisageons de la développer aussi avec le khmer. Les mathématiques, par exemple, pourraient très bientôt être enseignés dans cette langue » précise la directrice, qui a elle-même exercé, en Savoie, dans une école pilote mettant en place ces premiers dispositifs d’enseignement bilingue.

Aline Ngn Clément
Aline Ngn Clément

De la Savoie au Cambodge, en passant par la Mongolie

« Enseigner en anglais m’a logiquement donné, au bout d’un moment, envie de partir à l’étranger », raconte Aline, qui entend parler en 2014 d’un poste vacant en Mongolie. « C’était ma première expatriation, et le dépaysement était total ! Il s’agissait de participer à la mise en place de la première école française d’Oulan-Bator et d’en assurer la direction. Une grande première pour moi, qui n’avait jusque-là été qu’enseignante. J’y suis resté deux années, riches en expériences et en satisfactions, puisque l’école d’Oulan-Bator fonctionne bien. Mais j’avais envie de me rapprocher de l’Asie du Sud-Est, alors, lorsqu’un poste s’est libéré au Cambodge, j’ai sauté sur l’occasion.

Ecole Française de Siem Reap
Ecole Française de Siem Reap

Cela fait maintenant trois ans que je suis ici, à Siem Reap, et je ne regrette absolument pas cette décision ». Si les effectifs de l’école restent stables d’année en année, la provenance de ses élèves s’est quant à elle diversifiée : « Nous voulons absolument éviter de donner l’image d’une école franco-française repliée sur elle-même. Nous avons donc initié une démarche d’ouverture qui porte ses fruits, et nous accueillons aussi des élèves qui ne parlent pas français. Nos classes sont fréquentées par des cambodgiens, des australiens, des espagnols, des italiens ou des coréens, et nous mettons tous les moyens nécessaires pour les encadrer. Avec un atout de choix : l’ouverture, cette année, de l’Alliance Française qui organise des stages pour les élèves non francophones, qui acquièrent grâce à elle un bagage suffisant pour suivre nos cours ».

Développer l’enseignement secondaire

Résolument investie dans la vie de l’école, Aline Ngn Clément ne manque pas de projets concernant le devenir de son établissement, la priorité numéro un étant le développement de l’enseignement secondaire. « Pour le moment, nous ne pouvons qu’encadrer les collégiens, qui suivent les cours du CNED tout en recevant l’aide de deux tutrices. Nous allons tout faire pour obtenir une homologation de la part de l’Éducation nationale, en procédant par étapes.

Aline Ngn Clément
Aline Ngn Clément

Nous ne pourrons pas nous transformer en lycée du jour au lendemain, car cela sous-entend d’agrandir l’établissement et de recruter de nouveaux professeurs. Nous allons donc d’abord demander une homologation pour la classe de sixième, et nous développer peu à peu, d’année en année, jusqu’à la seconde. » L’enseignement bilingue sera lui aussi renforcé au cours de ces prochaines années, et l’accent continuera d’être mis sur les activités pédagogiques. De quoi offrir de prometteuses perspectives d’avenir à cet établissement, qui célèbre ses 15 années d’enseignement. Comme le résume Aline Ngn Clément, « C’est une école à taille humaine, familiale, bienveillante envers les enfants, et c’est cette bienveillance que nous cherchons à leur transmettre. Ces derniers sont heureux de venir à l’école, et ça, c’est la meilleure récompense que nous puissions avoir ! »

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