Arts – Yim Maline : Prendre soin de notre planète

Une peintre cambodgienne s’inquiète de notre avenir

Pour l’artiste Yim Maline, la nature ne signifie pas nécessairement douceur ou beauté.  “Quand tu prends le temps de voir des choses dans la nature…il y a le côté violence et le côté la vie, » dit-elle. La violence d’un cours d’eau qui déborde, détruisant tout sur son passage. La beauté d’un oiseau qui nourrit ses petits dans un nid.  Et comme la planète Terre est le seul chez-soi qu’ont les humains pour l’instant, faudrait en prendre bien soin”, dit-elle.

Oeuvre de Yim Maline
Oeuvre de Yim Maline

C’est pour nous le rappeler que les œuvres de son exposition “Décomposition” tenue au Café Java (Monument de l’Indépendance) sont des cercles rappelant notre planète, chaque œuvre consistant en plusieurs couches de carton recyclé, les formes abstraites donnant l’impression de se mouvoir sur la surface des œuvres.  Et le tout en belles couleurs un peu foncées, celles de la nature en forêt plutôt que d’un jardin en fleurs.

Originaire de Battambang, Mlle Maline a d’abord étudié à l’école d’art de l’ONG Phare Ponleu Selpak à Battambang puis, ayant reçu une bourse pour étudier en France, a obtenu une licence de l’école des beaux-arts de Caen.  C’est lors d’une résidence d’artiste à Johannesburg en 2016 qu’elle s’est rendu compte de l’étendue des problèmes environnementaux.

Yim Maline
Yim Maline

 

Nouvelles techniques

De retour à Siem Reap où elle habite au Cambodge, Mlle Maline a modifié son parcours. Au lieu de papier ou toile, elle a décidé de se servir de carton de boîtes jetées. « J’ai demandé aux vendeuses au marché ou bien j’ai trouvé dans les poubelles.  « Avec cette matière-là, j’ai créé mon travail. J’ai collé des couches, des couches, des couches de carton, » a expliqué Mlle Maline. « Et après, j’ai brûlé ce carton pour créer des trous. Tu vois, c’est comme la nature, quand il y a des trous brûlés avec des charbons. »

Parce qu’on ne peut considérer comme allant de soi que la nature est belle et douce, dit-elle. Et, si on ne prend pas soin de notre planète, on risque de payer cher, ajoute-t-elle.

L’exposition « Décomposition » au Café Java se termine le 21 juin. Les œuvres de Mlle Maline, qui habite dans la ville de Siem Reap, seront aussi exposées à Singapour, aux Etats-Unis et en Australie au cours de l’année.

Par Michelle Vachon – Photos Dana Langlois

 

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