Alumni – Sarome Rieng : La surprise sera plus belle en découvrant la France

Guide touristique à Siem Reap, Sarome Rieng est délégué France Alumni Cambodge pour le secteur du « Tourisme, Hôtellerie et Restauration ». Quadrilingue, il parle très bien le français mais n’a pas encore eu l’opportunité de découvrir l’Hexagone. Un rêve qui pourrait, prochainement, devenir réalité…

 Sarome Rieng parle français mais également anglais et espagnol, en plus de sa langue maternelle
Sarome Rieng parle français mais également anglais et espagnol, en plus de sa langue maternelle

CM : Où avez-vous grandi ?

Je suis né en 1981, dans le district de Pouk, à une vingtaine de kilomètres de Siem Reap. C’est là que j’ai grandi et étudié jusqu’à l’âge de 18 ans. J’ai alors arrêté l’école pour travailler à la campagne avec mes parents. Ce n’est que bien plus tard que j’ai repris mes études, à l’université, dans le domaine du management, parallèlement à mon travail.

CM : Et c’est à l’université que vous avez appris le français ?

Pas tout à fait. En fait, après avoir travaillé avec mes parents, je suis devenu moine bouddhiste, notamment dans une pagode de Siem Reap. C’est alors que j’ai eu l’opportunité d’apprendre une première langue étrangère : l’anglais. En 2002, j’ai quitté les moines et, avec mon anglais, j’ai pu trouver du travail. Comme je gagnais un peu d’argent, j’ai appris une seconde langue : l’espagnol. J’ai alors commencé à travailler comme guide touristique. J’ai approfondi mon espagnol ce qui me permet aujourd’hui d’être professeur d’espagnol. J’apprends cette langue aux guides. Mon histoire avec le français est plus récente. Elle remonte à 2009. J’ai alors commencé à l’étudier à l’Alliance Française de Siem Reap et ensuite avec des professeurs particuliers.

CM : Quelle était votre ambition, votre objectif en l’apprenant ?

L’ambition première était vraiment de pouvoir davantage travailler en tant que guide, en m’adressant aux francophones. J’avais remarqué que les guides qui maîtrisaient le français n’étaient plus très jeunes pour la plupart. Et les jeunes guides n’ont pas très envie de l’apprendre car, selon eux, c’est une langue compliquée en ce qui concerne la conjugaison et la grammaire. Il y avait donc un « marché » intéressant pour moi. Cela dit, je confirme les commentaires de mes confrères, au début de mon apprentissage, j’avoue en avoir bavé. C’était compliqué (rires).

CM : Vous êtes délégué France Alumni Cambodge pour le secteur « Tourisme, Hôtellerie et Restauration ». Pourquoi ? Quelles sont vos motivations et quelles sont vos ambitions ?

C’est le fruit du hasard. J’ai découvert que cette organisation se mettait en place, alors j’ai postulé comme délégué, sans vraiment croire que j’allais être élu comme je n’ai pas étudié en France. Et finalement, j’ai été choisi. Sur le plan personnel, mon ambition est d’améliorer encore mon français, notamment mon « français des affaires » et de rencontrer des gens d’horizons divers : des commerçants, des personnalités politiques, des décideurs… Et j’avoue avoir déjà fait des rencontres intéressantes et enrichissantes. Et ce qui vaut pour moi, je pense, est valable pour tout le monde. Nous avons tous à apprendre les uns, des autres. M’investir comme délégué, c’est, aussi, pouvoir mobiliser des énergies afin de les mettre au service du pays et de la population cambodgienne. Cela peut prendre de multiples formes comme organiser des opérations de nettoyage ou assurer la promotion de produits locaux, par exemple.

CM : Vous parlez très bien le français mais n’êtes jamais encore allé en France ?

Non pas encore. C’est un rêve depuis très longtemps. Et il pourrait bien devenir réalité puisqu’il est possible que je me rende en France, en août prochain pour plusieurs semaines. Ce n’est pas certain à 100 %, mais l’agent de voyage pour lequel je travaille, le souhaite. Je devrais, normalement, être sur Toulouse. Si cela se fait, et si j’en ai l’opportunité, je profiterai de mon séjour pour visiter un peu l’Europe, notamment les pays voisins de la France, comme l’Espagne, bien entendu.

CM : Quelles sont les images qui vous viennent en tête lorsque l’on évoque la France ?

Je connais plein de choses sur ce pays, à travers mes lectures et mes discussions notamment, mais de manière superficielle. Je ne cherche pas à en avoir une image précise ou juste, la surprise sera plus belle en découvrant la France, j’en suis convaincu. Cela dit, deux petites anecdotes concernant la France. Premièrement, je connais par cœur la chanson « J’attendrai » de Dalida et mes clients me disent que je chante juste. Deuxièmement, alors que tous mes collègues français me disaient que je racontais n’importe quoi, j’avais prédit la victoire d’Emmanuel Macron aux présidentielles. Durant cette période, j’écoutais beaucoup la radio RFI pour le français et les discours de Macron avaient dû retenir mon attention. J’ai donc étonné mon monde (rires).

Par Fabrice Barbian

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