Santé – Conférence : Alors que sévit la dengue dans le royaume…

Alexandra Kerléguer, chef du laboratoire de biologie médicale de l’Institut Pasteur, a animé la conférence « santé » organisée, samedi, à l’Institut Français de Phnom Penh. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur le moustique et ses « dégâts », pour mieux s’en protéger.

Alexandra Kerléguer, chef du laboratoire de biologie médicale de l’Institut Pasteur, a animé la conférence « santé »
Alexandra Kerléguer, chef du laboratoire de biologie médicale de l’Institut Pasteur, a animé la conférence « santé »

Les professionnels de santé francophones, notamment le professeur de neurochirurgie François Roux, ont donné rendez-vous à la communauté, samedi dernier, à l’Institut Français de Phnom Pen, avec pour objectif de partager des informations et des conseils.

Le rendez-vous, soutenu par l’Ambassade de France, – l’ambassadrice de France, Eva Nguyen Binh et le Consul de France au Cambodge, Adrien Cavey étaient d’ailleurs présents-, se voulait pragmatique et concret.

Alexandra Kerléguer, chef du laboratoire de biologie médicale de l’Institut Pasteur, a notamment évoqué les risques sanitaires liés aux moustiques et balayé quelques idées préconçues. Des informations à conserver en tête alors que les épidémies de dengue sont très actives, notamment à Phnom Penh :

  • Les moustiques ne piquent que la nuit ? Ils piquent le jour comme la nuit.
  • Les moustiques sont attirés par la lumière et le sucre ? Ils sont attirés par le CO2 (que l’on émet en expirant) et les mauvaises odeurs, notamment corporels. L’Institut Pasteur utilise d’ailleurs des vêtements malodorants a précisé Alexandra Kerléguer-, pour leur élevage de moustiques.
  • Les moustiques ne piquent pas durant la saison sèche ? Ils piquent toute l’année mais son effectivement plus actifs durant la saison des pluies.
  • Il est possible de se faire vacciner contre trois des principales maladies transmises par les moustiques : la dengue, le paludisme et l’encéphalite japonaise ? Ce n’est pas possible pour le paludisme. Pour la dengue, il existe un vaccin mais il fait l’objet de controverses, suite, entre autres, au décès d’enfants aux Philippines. Trois nouveaux vaccins font l’objet de tests, actuellement, mais les résultats ne sont pas encore connus. Il est en revanche possible de se faire vacciner contre l’encéphalite japonaise et ces vaccins sont très efficaces.
  • La personne qui a été victime de la dengue est immunisée ? Il existe quatre types de dengue. Il est donc possible d’en être victime à plusieurs reprises. La première fois, elle est généralement de faible intensité. La deuxième est généralement très forte. La troisième est souvent plus « douce ».
  • Mieux vaut porter un masque pour éviter d’être contaminé ? Cela ne sert à rien, la transmission se fait par piqûre.
Aedes aegypti
Aedes aegypti

Bon à savoir

– Utilisez des moustiquaires pour le lit ou le berceau (attention aux jeunes enfants qui encourent des risques d’étouffement.
– La climatisation permet de réduire, un peu, les risques de piqûres.
– En forêt, portez des vêtements de couleur claire, qui recouvrent le corps.
– Les répulsifs sont efficaces mais pas plus de 4 à 8 heures.
– Les huiles essentielles sont efficaces une vingtaine de minutes.
– Les serpents fumigènes ont également leur intérêt mais il est préférable de les utiliser en dehors d’un lieu clos.
– Il importe d’éviter les récipients contenants de l’eau. En revanche, les aquariums sont utiles car les poissons mangeront les larves de moustiques qui s’y développeront.
– Pour la dengue et le paludisme, surtout ne pas utiliser d’aspirine en cas de fièvre il faut consommer du paracétamol. Et consulter son médecin, au plus vite.

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