IFC – Cinéma – Funan : Un film d’animation terriblement humain

Avec Funan, le réalisateur d’origine cambodgienne, Denis Do, raconte le combat d’une mère pour retrouver son fils de 4 ans, durant la révolution khmère rouge.

Funan : Un film d’animation terriblement humain
Funan : Un film d’animation terriblement humain

Un film d’animation terriblement humain

Salle comble au cinéma de l’Institut Français de Phnom Penh, samedi, à l’occasion de la diffusion du film d’animation Funan, le premier long métrage du jeune réalisateur d’origine cambodgienne, Denis Do, né en 1985.

Avec Funan qui a décroché Le Cristal du meilleur long métrage au dernier festival d’animation d’Annecy, Denis Do raconte la survie d’une famille, durant la révolution khmère rouge, le combat d’une mère, Chou, pour retrouver son fils de 4 ans que le régime lui a arraché.

Le récit du réalisateur…

…est d’autant plus poignant qu’il a été construit à partir de ce que sa propre mère a vécu à cette époque. Des informations qu’il a enrichies en se rendant à plusieurs reprises au Cambodge pour rencontrer des témoins, capter les gestes ou saisir les couleurs du ciel sur lequel se découpent les habits sombres.

Le réalisateur a fait le choix de ne pas s’étendre sur le contexte et de focaliser son attention sur cette famille, sur son histoire. On ressent sa faim, sa douleur, son incompréhension, ses espoirs laminés par la pluie et la violence des coups et des mots. « Il faut accepter la douleur car c’est nécessaire pour bâtir une société juste et égalitaire » ânonnent leurs gardes qui supervisent les travaux forcés.

L’horreur et la mort…

…sont omniprésentes. Mais elles ne s’affichent pas ouvertement à l’écran. Elles sont hurlées en silence et se lisent dans les yeux déchirés par les larmes, en gros plans. Les images sont belles, délicates, poétiques, chaudes. Elles défilent, lentement, de la droite vers la gauche comme une lente progression, comme pour mieux souligner que quoi qu’il arrive, il faut continuer à avancer, à espérer.

L’espoir portera mère et fils jusqu’à la frontière thaïlandaise.  Denis Do a dédié son film à sa mère, à son frère, à tous les exilés…

Par Fabrice Barbian

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