Gouvernement : Changer la perception de Sihanoukville dans la presse

Singapour, Las Vegas ou encore Silicon Valley…Ce sont les modèles dont le gouvernement cambodgien dit vouloir s’inspirer pour la ville côtière de Sihanoukville, actuellement abondée par des investissements chinois massifs.

Des touristes chinois se détendent sur la plage d'Ochheuteal à Sihanoukville
Des touristes chinois se détendent sur la plage d’Ochheuteal à Sihanoukville

L’afflux d’immigrants et des finances fait suite à la visite au Cambodge en octobre 2016 du président chinois Xi Jinping.

Photo de Las Vegas

Le porte-parole du gouvernement, Phay Siphan, a donné lundi une conférence de presse de deux heures pour transmettre un message aux journalistes locaux. La raison ? Un certain mécontentement face aux investissements chinois massifs et à l’immigration associée à Sihanoukville se fait jour. Des milliards de dollars sont investis sur le marché immobilier et les casinos se multiplient pour répondre essentiellement aux besoins des touristes chinois.

“Vous savez quoi?”, a déclaré M. Siphan lors de la réunion de lundi. “Cela ne fait que huit mois depuis ma dernière visite dans la province de Preah Sihanouk et, lorsque j’y suis retourné, je me suis perdu tellement cela a changé”.

«J’ai parcouru les rues de la ville la nuit, c’est tout simplement une photo de Las Vegas», a-t-il ajouté.

Un Chinois faisant des courses dans un supermarché du centre commercial international de Min Hui, dans la province de Sihanoukville
Un Chinois faisant des courses dans un supermarché du centre commercial international de Min Hui, dans la province de Sihanoukville

M. Siphan a précisé que, tôt ou tard, la région deviendra un centre financier et technologique comme la Silicon Valley ou Singapour. Il appelle ainsi les médias à écrire des articles «positifs» sur le «phénomène de développement».

Sihanoukville “est une ville en développement avec le désir d’être une ville moderne, ce que j’appellerais une ville de miracles dont nous devrions être fiers en tant que Khmer”, a-t-il déclaré.

Transformation

La transformation rapide de Sihanoukville intervient dans le cadre d’une campagne mondiale contre l’Initiative Ceintures et Routes de la Chine, avec l’inquiétude que Pékin ne pratique la «diplomatie du piège de la dette». NDLR : Toutefois, ces observateurs oublient de mentionner que la dette africaine, par exemple, auprès de la Chine ne représente que 2% de la dette globale africaine. En septembre 2018, il faut rappeler que la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et le Club de Paris sont les plus gros créanciers de l’Afrique, très loin devant la Chine. A rappeler également que le président chinois Xi Jinping a promis en 2018 d’annuler la dette de certains des pays les moins avancés d’Afrique.

NDLR : En 2017, le gouvernement cambodgien a emprunté 6,377 milliards de dollars sur une base bilatérale. De ce montant, 4,05 milliards de dollars proviennent de Chine, 1,235 milliard de dollars du Japon et 145 millions de dollars de France. Les autres pays prêteurs sont l’Inde (75,2 millions de dollars), la Corée du Sud (720 millions de dollars), la Malaisie (8,66 millions de dollars), la Thaïlande (95,48 millions de dollars) et le Vietnam (44,56 millions de dollars). Parmi les partenaires de développement multilatéraux, le Cambodge a emprunté au total 3,307 milliards de dollars. Pour en savoir plus sur la dette cambodgienne, cliquer ici…

Démentis

Des allégations selon lesquelles la Chine envisageait de transformer un port construit par l’une de ses sociétés publiques à Koh Kong en une base navale ont été catégoriquement démenties. Le porte-parole a qualifié de telles revendications de «campagne de diffamation».

Les touristes chinois ont représenté un tiers des 6,2 millions de visiteurs au Cambodge l’an dernier. À Sihanoukville, environ 90% des expatriés permanents seraient chinois.

Meas Ny, un analyste politique au Cambodge, a déclaré que les investissements chinois à grande échelle apportent des avantages. Mais, selon lui, ils mettent également en péril l’indépendance du pays. «Dans la plupart des projets de développement menés par des Chinois, le dialogue social n’a généralement pas lieu. Ils ne se soucient pas de poser des questions sur les préoccupations locales jusqu’à ce que qu’il y ait des impacts – et ils envisagent une solution plus tard. “, dit-il.

Avec Sun Narin – Aun Chhengpor – Sokummono Khan – VOA Khmer

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