Arjay Stevens – Photographie – Arts : l’influence du Reamker dans les arts au Cambodge

L’histoire du livre REAMKER – The Cambodian Ramayan, ouvrage comprenant près de 400 pages couvertes de photos couleurs a commencé par un coup de cœur pour le Cambodge il y a plus de 20 ans.

Dans les années 90, l’auteur, Arjay Stevens, n’avait aucune intention de visiter le Cambodge. Mais un ami cambodgien de Berlin qui était rentré au pays a fini par le convaincre. Donc, en novembre 1996, il débarque à Phnom Penh. « Au cours du trajet vers le centre-ville, nous avons soudainement aperçu une énorme embarcation que plusieurs personnes étaient en train de transporter, » explique M. Stevens.

Arjay Stevens, auteur du livre du livre REAMKER - The Cambodian Ramayan
Arjay Stevens, auteur du livre du livre REAMKER – The Cambodian Ramayan

Virus du Cambodge

« J’ai sauté de la voiture et ai pris ma toute première photo ici. Et c’est comme si j’avais attrapé le virus du Cambodge. »

Depuis, M. Stevens est revenu à chaque année, passant plus de six mois ici depuis qu’il a pris sa retraite en 1999. E,t il a pris des milliers de photos.
Une passion pour le pays et ses formes artistiques

« Quand les gens me demandent ‘qu’est-ce que vous photographiez au Cambodge,’ je réponds tout, » dit-il. « Vous ne pouvez pas vous imaginer comme c’est intéressant quand on regarde en bas de son balcon avec sa caméra. Je pourrais remplir des livres et des livres. »

Représentation du monastère Preah Keomorokot (Pagode d'argent)
Représentation du monastère Preah Keomorokot (Pagode d’argent)

Mais ce qui l’a passionné dès le début, c’est la façon dont le Reamker – la version cambodgienne du récit épique indien Ramayana – imprègne toutes les formes d’art ainsi que la vie quotidienne au Cambodge, et ce, depuis des milliers d’années.Et, c’est ce qu’il démontre dans son livre « Reamker, The Cambodian Ramanaya », dont le texte est écrit en anglais, français, allemand et khmer.

Jeune danseur interprétant Hanuman
Jeune danseur interprétant Hanuman

A travers des centaines de photos prises au fil des années, c’est toute l’histoire artistique du Cambodge qui apparaît, depuis les épisodes du Reamker sculptées sur les murs du monument Angkor Wat il y a neuf siècles, et les panneaux sculptés multicolores de la pagode Vat Damrei Sar construite en 1904 dans la cité de Battambang, jusqu’aux marionnettes de cuir Sbeak Thom utilisées pour mettre en scène des épisodes du Reamker à la lumière d’un feu ou d’éclairage électrique derrière un écran blanc.

Peinture murale
Peinture murale

Et bien sûr, il y des photos de danse classique khmère et de danse masquée aux costumes et mouvements spectaculaires.

Une épopée qui imprègne la vie au pays

Pages après pages, le livre comporte de nombreuses photos avec de courtes explications regroupées non seulement par formes artistiques mais aussi dans l’ordre dans lequel se déroule l’histoire du Reamker.

Et, pour finir le livre, Mr. Stevens a inclus des photos montrant jusqu’à point le Reamker imprègne la vie de tous les jours au Cambodge : des cartes à jouer où les personnages sont ceux de l’épopee, une horloge avec fond brodé de ces mêmes personnages, un de ces personnages comme figure de proue d’un bateau.

Dans le premier avant-propos du livre dont le lancement se déroula ce mois-ci à l’Institut bouddhique à Phnom Penh, la Princesse Norodom Buppha Devi félicite M. Stevens d’avoir mis au début de l’ouvrage des photos des peintures de la Pagoge d’argent du Palais royal à Phnom Penh, peintures qui sont la seule série de peintures au pays à raconter toute l’histoire du Reamker.  Dans le second avant-propos, Madame Phoeurng Sackone, ministre de la Culture et des Beaux-Arts, souligne que l’importance de ce livre pour les générations futures au Cambodge ne peut être surestimée car il démontre combien le Reamker est le pilier culturel de la nation.

Arjay Stevens, une vie dans un pays d’après-guerre

Né près de Berlin un mois avant la fin de la Seconde Guerre mondiale en avril 1945, M. Stevens a grandi comme bien des Cambodgiens dans la pauvreté d’un pays a rebâtir. Grâce à un enseignant qui l’avait initié à la science, il posa sa candidature pour un poste auprès d’Otto Heinrich Warburg, un chercheur allemand qui obtint deux Prix Nobel en physiologie. « Je devins son adjoint scientifique personnel à l’ȃge de 18 ans, » dit M. Stevens. « C’était un homme vraiment extraordinaire. »

Arjay Stevens
Arjay Stevens

Par la suite il fit des études universitaires en pharmacie. Lors de sa retraite en 1999, il était en charge d’un département de pharmacie dans un grand hôpital de Berlin et un conférencier dans ce domaine. Parlant de cet ouvrage, M. Stevens explique qu’il ne voulait pas créer un manuel sur le sujet. « Je voulais simplement dire aux gens qui ne le savent pas d’où proviennent », dit-il, toutes ces formes artistiques au Cambodge.

Le livre est peut être obtenu a Monument Books et à la boutique du Musée national à Phnom Penh ainsi qu’en s’adressant directement à M. Stevens. (e-mail : RJS.Comp@t-online.de).

Par Michelle Vachon

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