Agriculture : L’entreprise Les Vergers du Mékong mise sur le Cambodge pour accompagner sa croissance

Créée en 2000, au Vietnam, l’entreprise Les Vergers du Mékong produit et commercialise des jus de fruit. Pour ce faire, elle a développé un réseau de 2.000 petits producteurs vietnamiens. En forte croissance, la société mise, aussi, sur le Cambodge, pour assurer son approvisionnement en « matières premières ».

Elle y a créé une « ferme pilote ».

« En 2018, nous avons doublé la capacité de production de notre usine située au Vietnam et nous devrons certainement l’agrandir encore dans les 5 ans à venir. Notre croissance est forte : 25% par an », explique Aude-Reine Poirier, la responsable, pour le Cambodge, de l’entreprise Les Vergers du Mékong. Créée il y a 20 ans, par le Français, Jean-Luc Voisin, Les Vergers du Mékong est spécialisée dans la production et la transformation de fruits. Elle commercialise, sous la marque « Le Fruit », des jus de fruits et des confitures et, sous le nom de « Folliet », du café (vietnamien). Elle réalise 80 % de son chiffre d’affaires au Vietnam. Les produits sont écoulés via différentes enseignes de la distribution et l’hôtellerie haut de gamme.

L’entreprise Les Vergers du Mékong mise sur le Cambodge pour accompagner sa croissance
L’entreprise Les Vergers du Mékong mise sur le Cambodge pour accompagner sa croissance

L’entreprise fait vivre 2.000 petits producteurs, au Vietnam

Si les affaires sont florissantes, elles ont également pour intérêt d’être « responsables », tant au regard de l’environnement que des Hommes. « Nos produits sont naturels et bons pour la santé mais ils ne peuvent pas être certifiés bio car nous ne pouvons pas satisfaire à toutes les exigences en la matière. Nous ne pouvons pas, par exemple, demander au propriétaire d’un terrain qui jouxte l’une de nos parcelles d’avoir les mêmes exigences que nous en matière de respect de l’environnement. En revanche, les paysans qui travaillent avec nous, respectent un cahier des charges », précise Aude-Reine. Au Vietnam, notamment dans le delta du Mékong, Les Vergers du Mékong font vivre 2000 producteurs, rien que de petits paysans qui composent le réseau des fournisseurs en fruits. S’y ajoutent les 200 salariés de l’entreprise, dont 80 travaillent à l’usine.

Doubler la production

L’entreprise familiale (Sophie Boyadjian, la fille de Jean-Luc Voisin, est en charge de la communication et de l’export) compte multiplier par deux le nombre de ses fournisseurs et sa production (de 2.000 MT à 4.000 MT) dans les années à venir afin de répondre à ses besoins en « matières premières ». Le Vietnam sera mis à contribution mais le Cambodge, également. Et plus précisément encore les territoires proches de la frontière afin d’alimenter plus facilement l’usine vietnamienne. « Pourquoi pas en empruntant le Mékong ? L’idée nous séduit beaucoup », précise la responsable.

Une ferme pilote au Cambodge

Pour l’heure, une ferme expérimentale est active au sein du Royaume, au sud de Phnom Penh. Elle se concentre, aujourd’hui, sur la production de goyaves. « La production actuelle est d’environ 300 kilos par mois, des fruits qui sont commercialisés sur les marchés et dans quelques hôtels. La production est modeste, trop faible encore pour envisager l’exporter au Vietnam ce qui reste à organiser. Mais, il faut savoir que tout était à faire puisque nous travaillons en bio », précise Aude-Reine. Une autre parcelle est davantage dédiée aux expérimentations. Si l’ananas ou les fruits du dragon sont à la peine, Mister Seng, le propriétaire du terrain, connait davantage de réussites avec les fruits de la passion et les papayes.

Ça coince

L’ambition, en initiant ces projets, était de développer, dans la foulée, tout un réseau de producteurs, à l’image de celui du Vietnam. « Nous espérons toujours pouvoir convaincre une vingtaine de producteurs de nous rejoindre d’ici quelques mois, mais nous en sommes encore loin », explique la responsable. Différentes explications sont avancées, notamment culturelles. Mais la principale est liée au fait que, pendant deux ans, la parcelle cultivée selon un cahier des charges exigeant, ne produit rien. Un tantinet ennuyeux pour des familles qui ne roulent pas sur l’or…

Un effort de pédagogie

« Cette phase est transitoire et la surface peut évoluer dans le temps. Il n’est en aucun cas nécessaire de tout changer, du jour au lendemain. Nous fournissons également les plants et un accompagnement », argumente la responsable « notre ferme pilote est aujourd’hui active, les producteurs vont donc pouvoir visualiser ce que nous faisons, concrètement. Nous allons donc la mettre à profit. Nous avons un gros travail de pédagogie à effectuer, c’est certain. Au Cambodge, notre projet est un beau projet. Les débouchés pour les producteurs sont réels et la nature, mieux protégée. Ce que nous faisons au Vietnam le confirme ».

Dans l’immédiat, Les Vergers du Mékong s’apprête à lancer des nouveautés avec des jus de fruit dédiés aux enfants et aux sportifs, proposés en poche d’aluminium. Au Vietnam, une centrale de collecte est également initiée avec pour ambition de permettre aux producteurs de mutualiser les outils de production.

Par Fabrice Barbian

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