USA : Des membres du Congrès américain présentent (encore) un projet de loi sur les sanctions commerciales contre le Cambodge

Sanction

Deux membres du Congrès américain ont présenté un projet de loi visant à revoir le traitement commercial préférentiel accordé au Cambodge en raison de la situation des droits de l’homme dans le pays. Le texte de loi permettrait aux États-Unis de retirer, suspendre ou limiter les privilèges commerciaux dont jouit aujourd’hui le Cambodge.

Le Cambodge bénéficie d’un statut commercial préférentiel depuis 1997. Le pays a exporté environ 400 millions de dollars de vêtements et de produits textiles aux États-Unis en franchise de droits en 2018.

Travailleurs du textile. Photographie ILO Cambodge (cc)
Travailleurs du textile. Photographie ILO Cambodge (cc)

Critiques

Les membres du Congrès Alan Lowenthal (Californie) et Steve Chabot (Ohio) ont présenté un texte de loi sur le commerce cambodgien, qui obligerait le gouvernement américain à revoir le statut du Cambodge dans le cadre du Système généralisé de préférences (SGP). Le SGP accorde au royaume des exemptions et des réductions tarifaires pour ses exportations vers les USA.

“…Le régime de Hun Sen a constamment démantelé ce qui était la démocratie naissante de l’Asie du Sud-Est…”, a déclaré Lowenthal dans un communiqué. ”…Il a sapé la volonté du peuple, contourné la promesse d’élections libres et équitables et exercé le pouvoir avec le gant de fer d’un dictateur…”.

”…L’intimidation, les menaces, la violence et même les meurtres sont les outils de son régime. Lui et son régime doivent payer le prix de leur rôle dans la destruction de l’état de droit et la violation des libertés fondamentales du peuple cambodgien…”, a-t-il ajouté.

Les sénateurs Ted Cruz (Texas) et Chris Coons (Delaware) ont présenté un projet de loi similaire au Sénat début janvier. L’Union européenne, citant les violations des droits de l’homme commises par le gouvernement de Hun Sen, a également entamé un processus visant à suspendre son statut commercial préférentiel avec le Cambodge dans le cadre du programme Tout sauf les armes.

”…Comme je l’ai répété à plusieurs reprises dans le passé, le Premier ministre Hun Sen doit être tenu pour responsable du déracinement de la démocratie au Cambodge», a déclaré Chabot. «Le Cambodge continue de bénéficier d’un statut commercial préférentiel dans ses relations avec les États-Unis, tout en continuant de violer les droits de son peuple. À la lumière de ses actions, il est temps pour nous de réévaluer ce traitement spécial…”

Opportunité

Tout a été dit ou presque sur l’effet probablement lourd de sanctions qui pourraient frapper le secteur du textile, qu’elles soient des initiatives européennes ou américaines, comme ici en l’occurrence. Parmi les socio-professionnels, la société civile et les organismes consulaires (y compris Amcham), un large consensus s’est déclaré contre des sanctions commerciales.

La raison est simple, elles n’ont jamais été efficaces pour faire pression sur les politiques, surtout au Cambodge, ce seront les petits salaires qui seront touchés en premier et, ces sanctions auraient probablement des répercussions sur les relations diplomatiques et commerciales entre l’occident et le Cambodge. Quant à ce rapprochement encore plus serré avec la Chine, que ces ”sanctionneurs” avouent largement craindre, il semble couler de source.

Oui, mais voilà, ces sénateurs porte-drapeaux de la brillante et flamboyante diplomatie américaine, très soucieuse des droits de l’homme, semblent, à l’image de tant d’autres élus et fonctionnaires occidentaux, si peu enclins à faire cas de ces petits ouvriers de la confection pour lesquels les organismes et programmes tels ILO et Better Factories reconnaissent pourtant que le Cambodge a été un bon élève.  A suivre donc…

Haut de page