Tout sauf les armes : Le compte-à-rebours est en marche

L’Union européenne (UE) a entamé ce lundi le processus de 18 mois qui pourrait entraîner la suspension du régime préférentiel dont bénéficie le Cambodge pour ses exportations vers les pays de l’UE. La Commission a annoncé que sa décision d’engager le processus sera publiée au journal officiel de l’UE le 12 février. Elle déclenche ainsi un compte à rebours pouvant durer jusqu’en août 2020.

Ouvrières du textile au Cambodge
Ouvrières du textile au Cambodge. Photographie ILO (cc)

Régime préférentiel

Le Cambodge bénéficie du régime commercial “Tout sauf les armes” (TSA), qui permet aux pays les plus pauvres du monde de vendre n’importe quel produit, à l’exception des armes, en franchise de droits. En juillet dernier, l’UE avait averti le Cambodge qu’il risquait de perdre ce statut spécial après les élections qui ont permis au PPC de remporter la totalité des sièges au parlement.

Export

L’UE est le premier partenaire commercial du Cambodge Elle représente 45% de ses exportations en 2018. Les usines de confection emploient environ 700 000 personnes. Et, le textile représente 4,9 milliards d’euros à l’export.

Le mois dernier, chambres consulaires, entreprises et syndicats ont exhorté l’Union européenne à ne pas retirer le régime préférentiel. Ils estiment qu’une telle décision porterait préjudice aux travailleurs du textile et à leurs familles.

Commission

La Commission européenne a déclaré que son objectif était de faire en sorte que le Cambodge améliore la situation, le retrait des préférences n’étant qu’un dernier recours.

”…Il est clair que le geste d’aujourd’hui n’est ni une décision finale ni la fin du processus. Mais le temps est officiellement compté. Et, nous devons prendre des mesures concrètes dans les meilleurs délais…”, a déclaré la Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmstrom, dans un communiqué.

La responsable des affaires étrangères de l’UE, Federica Mogherini, a annoncé que l’UE reconnaissait que les autorités cambodgiennes avaient pris des mesures positives au cours des derniers mois, telles que la libération de personnalités politiques et la levée de certaines restrictions à la société civile et aux activités syndicales. “…Cependant, sans action plus concluante du gouvernement, la situation sur le terrain remet en question la participation du Cambodge au programme TSA…”, a-t-elle conclu.

Le processus comprend six mois de suivi et d’entretiens avec les autorités cambodgiennes, suivis d’un autre semestre permettant à la Commission de produire un rapport et de prendre une décision quant à l’opportunité de retirer les préférences commerciales. Un éventuel retrait prendrait effet après une période de grâce de six mois supplémentaires.

Eurocham

Suite à l’annonce faite par la Commission européenne à propos de l’accord “Tout sauf les armes”, la Chambre de commerce européenne (EuroCham) au Cambodge a rapidement publié un communiqué de presse faisant part de ses regrets concernant la décision prise par la Commission.

”…En tant que représentant principal de la grande communauté européenne des investisseurs et des entreprises au Cambodge, EuroCham est profondément préoccupé par les conséquences négatives possibles de cette décision sur les relations commerciales actuelles et futures entre l’Union européenne et le Cambodge…”, indique le communiqué.

”…Le lancement par la Commission européenne de l’enquête sur le retrait de l’initiative TSA est contre-productif pour la transformation socio-économique du Cambodge. Cette décision compromet non seulement les réalisations passées et futures de ce partenariat, mais également d’autres initiatives de développement financées par l’Union européenne au cours des deux dernières décennies. Ces initiatives ont permis d’améliorer considérablement le statut socio-économique de millions de Cambodgiens…”, ajoute Eurocham.

”…Nous regrettons cette décision, mais nous nous engageons à poursuivre notre partenariat et notre engagement avec le gouvernement royal sur ses objectifs commerciaux et de développement…EuroCham suivra de près la situation actuelle et le processus d’enquête en étroite collaboration avec ses chambres nationales française, allemande, italienne, britannique, du Benelux et des pays nordiques, qui partagent son opposition au retrait prématuré du régime préférentiel…”, conclut le communiqué.

Haut de page