Solid’Art – Siem Reap : un festival inédit pour une grande cause

Le festival Solid’Art, qui se déroulera les 16 et 17 février, sera sans nul doute le plus grand événement du genre à se tenir dans la cité des temples. Durant deux jours, les principaux noms de la scène artistique khmère se succéderont afin d’apporter leur soutien à une noble cause. En effet, les recettes serviront à financer un incroyable projet.

Rencontre avec Metrisak Moun, organisateur du festival :

Siem Reap : un festival inédit pour une grande cause
Siem Reap : un festival inédit pour une grande cause

Scène artistique, scène éclectique

Cela fait plus d’un an que le projet germe. Un projet en phase de se concrétiser, le jour J approchant enfin : dans quelques jours sera donné le coup d’envoi de la première édition du festival Solid’Art, couronnant la ténacité et la persévérance de ses deux promoteurs.

De gauche à droite : Alexandre Scarpati, fondateur et directeur de la Music Art School ; Leakhena, sa secrétaire ; et Metrisak Moun, organisateur du festival.
De gauche à droite : Alexandre Scarpati, fondateur et directeur de la Music Art School ; Leakhena, sa secrétaire ; et Metrisak Moun, organisateur du festival.

Le programme est à la mesure des efforts menés par Metrisak, qui avoue s’être démené sans relâche afin d’assurer la présence d’artistes venus de la scène locale, mais aussi de Battambang et de Phnom Penh. Parmi eux, des peintres, des représentants des arts du cirque, des danseurs monteront sur la scène du Hard Rock Café dès 11h30, et ce jusqu’à 17h. Des ateliers gratuits, auxquels tout le monde pourra participer, se dérouleront dans le même temps. Enfin, de 17h à minuit, le public pourra assister aux concerts emmenés par des musiciens de renom : le rappeur 12Mé ainsi que Vuthea, dont le tube Kromom 3 Styles a été vu 14 millions de fois sur Youtube, feront partie des têtes d’affiche.

Tout pour la musique

« La tenue de ce festival permettra tout à la fois de démontrer la vivacité de la culture khmère, de créer un tait d’union entre les différentes disciplines, et enfin de susciter une émulation pour tous les jeunes qui viendront assister aux spectacles », affirme Metrisak. Mais la raison d’être du festival réside ailleurs : les fonds récoltés permettront de financer une fanfare de 17 jeunes issus de milieux défavorisés.

Un projet titanesque, puisque tous les instruments sont à acquérir, ce qui représente une somme avoisinant les 14 000 dollars. Cette fanfare, Alexandre Scarpati, fondateur et directeur de la Siem Reap Music Art School, y tient résolument. D’autant plus que la méthode a déjà fait ses preuves : depuis 2017, une chorale rassemblant des enfants en difficulté ou souffrant de handicap a été montée avec succès, pour le plus grand bonheur de ses participants.

« Si tous les fonds sont récoltés comme prévu, la fanfare des enfants pourrait voir le jour d’ici juillet ou août. En plus de créer un lien social évident, cet ensemble permettra à ses membres d’acquérir une éducation musicale gratuite, qui s’étalera sur plusieurs années. Chaque enfant sélectionné pour la fanfare aura l’opportunité de devenir un artiste. Des tournées seront organisées, au Cambodge bien sûr, mais aussi en Asie du Sud-Est et, pourquoi pas, jusqu’en Europe ! ».

Un organisateur au grand cœur

« On n’y croyait pas ! Mettre en place un grand festival de deux jours sur Siem Reap, ça nous semblait au départ complètement impossible », jubile Metrisak. Après avoir envisagé l’organisation d’un gala de charité, l’idée d’un grand festival a été finalement retenue : « Un tel événement touchera forcément beaucoup plus de monde. Mais s’est révélé aussi nettement plus difficile à organiser : il a fallu faire jouer les réseaux et les contacts, imaginer un logo, faire imprimer des T-shirts et des affiches, négocier avec les artistes et les sponsors… En cela, nos principaux partenaires ont été d’un grand secours, le Hard Rock Cafe, qui nous accueillera, l’Alliance Française, qui nous a donné un vrai et grand coup de pouce, ainsi que tous les autres, et ils sont nombreux… ».

Installé à Siem Reap depuis un an et demi, Metrisak Moun, originaire de Normandie, fréquente le pays depuis maintenant six années. « Ma terre est française, mon sang est asiatique », comme l’affirme le jeune homme dont le père est cambodgien et la mère thaïe. Dès ses premiers voyages dans le royaume, Metrisak, pour qui la solidarité n’est pas un vain mot, prend vite sous sa protection des jeunes villageois défavorisés, organise des collectes de fonds, des activités, donne des cours du dimanche. Il encadre aussi une équipe de foot pas comme les autres, puisque uniquement composée de non-voyants. Dans sa bouche, des termes tels que « soutien », « partage » ou encore « ouverture culturelle » reviennent sans cesse. Autant de valeurs qui seront mises à l’honneur lors du grand festival Solid’Art.

Par Rémi Abad

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