Santé : Développer les traitements pour les troubles mentaux et la toxicomanie

Dans un communiqué de presse, le ministère de la Santé publie une liste de plus de 400 centres de santé proposant des traitements pour les troubles mentaux et la toxicomanie, leur localisation et leurs numéros de téléphone.

Le Ministère de la santé
Le Ministère de la santé

Mise à jour

Le ministère déclare avoir étendu ses efforts de sensibilisation pour traiter les problèmes de santé mentale et de toxicomanie dans les établissements de santé publics. Ils étaient 177 en 2016, 419 en 2017, et leur nombre s’élève à 431 cette année. “Les patients peuvent désormais savoir où obtenir des services de soins pour des troubles mentaux ou un traitement pour toxicomanie dans tout le pays”, indique le communiqué.

Yim Sobotra, responsable de la santé mentale et de la toxicomanie à l’hôpital d’amitié khméro-soviétique, déclare que beaucoup de Cambodgiens aujourd’hui sont sensibilisés aux problèmes de santé mentale par le biais de campagnes, publications et d’ateliers.

Auparavant, ce dernier estimait que : ”… Quand on parle de santé mentale, la plupart des Cambodgiens pensent que les patients ne doivent consulter que pour des cas très graves. Et ainsi, les gens n’osent pas demander un soutien ou une consultation…”. Il ajoutait que, en dépit des problèmes, le nombre de personnes qui sollicitaient des consultations pour des problèmes de santé mentale avait doublé depuis 2014.

Histoire

La santé mentale au Cambodge a été largement influencée par l’histoire génocidaire du régime des Khmers rouges. Et, les chercheurs ont largement documenté les effets à long terme sur la santé mentale des survivants, ainsi que de leurs enfants, qui présentent des signes de trouble de stress post-traumatique intergénérationnel.

Après la première élection parrainée par les Nations Unies en 1993, les sanctions internationales ont été levées et le Cambodge a été autorisé à recevoir une assistance internationale. De nombreuses organisations ont mis en place des programmes et des services de santé mentale, notamment le programme de formation en santé mentale cambodgien (CMHTP) de l’Université d’Oslo, les services sociaux du Cambodge, le groupe psychosocial transculturel, le programme Harvard pour les traumatismes des réfugiés et le Centre de santé mentale pour enfants et adolescents de Caritas Cambodge.

Services communautaires

De nombreux intervenants ont recommandé que l’hôpital de santé mentale Praek Thnoat, détruit par les Khmers rouges, ne soit pas rouvert et que des services communautaires soient plutôt développés. Au cours des 20 dernières années, des progrès importants ont été réalisés, en grande partie grâce aux efforts de collaboration entre le Ministère de la santé du Cambodge et les organisations internationales susmentionnées.

L’Université des sciences de la santé est actuellement chargée de dispenser une formation spécialisée en psychiatrie. Il y aurait officiellement maintenant 56 psychiatres et 44 infirmiers psychiatriques (0,33 et 0,26 pour 100 000 habitants, respectivement).

Pas assez de lits

Il existe également des services disponibles dans de nombreux grands hôpitaux provinciaux ainsi que dans certains centres de santé en zone rurale. Cependant, le nombre de lits psychiatriques dans un hôpital cambodgien reste extrêmement bas : seulement 0,10 lit par 100 000 personnes.

Croyances traditionnelles

Malgré la disponibilité croissante de services de santé mentale, de nombreux Cambodgiens vivant dans les zones rurales adhèrent toujours aux croyances traditionnelles pour expliquer et gérer leurs problèmes de santé mentale. Ils attribuent généralement leurs problèmes à des relations rompues avec les esprits de leurs ancêtres. En outre, le concept bouddhiste du karma est largement considéré comme un moyen de justifier les conditions de vie actuelles. Pour compliquer davantage les choses, des syndromes spécifiques à la culture sont également courants. Pour ces raisons, les services de santé mentale au Cambodge doivent être sensibles à la culture et adaptés au contexte. Quels que soient les progrès accomplis dans la prestation de services, il reste encore beaucoup à faire pour développer et améliorer les soins, en particulier dans les zones rurales.

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