Politique – Opposition : Mu Sochua et Sam Rainsy de concert

Mu Sochua, vice-présidente du PSNC (Parti de sauvetage national du Cambodge) a écrit une lettre adressée à Cecilia Malmström, Commissaire au commerce au sein de la Commission Européenne, pour protester contre les menaces présumées à l’encontre de Sam Rainsy.

Mu Sochua. Photographie Tore Sætre (cc)
Mu Sochua. Photographie Tore Sætre (cc)

Lettre

Dans une lettre de trois pages datée du 04 février, Mu Sochua déclare que les menaces  l’encontre de Sam Rainsy se sont intensifiées à l’annonce de son retour au Cambodge. Et, elle énumère les noms de plus de vingt membres du parti dans les provinces qui, selon elle, auraient été menacés. A titre d’exemple, la vice-présidente cite l’arrestation et la détention provisoire d’anciens conseillers de commune dans la province de Sihanoukville lors d’un récent conflit foncier. L’arrestation de la militante Kong Mas est également mentionnée dans sa lettre.

Crise

”…Nous réitérons notre soutien aux discussions entre le régime de Hun Sen et la communauté internationale afin de rétablir la démocratie. Et, Sam Rainsy et tous les membres de l’opposition en exil rentreront au Cambodge pour trouver des solutions en vue de la réconciliation nationale et pour défendre les principes démocratiques et les valeurs libérales…”, déclare-t-elle, ajoutant que les droits politiques sont inscrits dans la Constitution et que le retour de Rainsy est son droit en tant que citoyen. Elle ajoute que son retour doit être considéré comme une solution permettant de mettre fin à ce qu’elle décrit comme une crise politique.

Sam Rainsy

Dimanche, depuis Seattle, Sam Rainsy a déclaré qu’il n’avait pas peur d’être arrêté et qu’il reviendrait afin de “libérer” le royaume du Premier ministre Hun Sen. …”Il y a des millions de personnes unies et prêtes à se lever ensemble…Frères et sœurs, nous nous sommes engagés à libérer le Cambodge ensemble en 2019…”, a-t-il lancé.

”…Je retournerai au Cambodge en 2019 pour ne pas laisser Hun Sen m’arrêter, mais pour que des millions de Cambodgiens se lèvent pour arrêter Hun Sen et le poursuivre pour trahison…”, a-t-il affirmé.

Gouvernement

Sans surprise, Phay Siphan, porte-parole du gouvernement, a déclaré qu’il ne s’inquiéte pas de la lettre de Mu Sochua, indiquant que la Commission Européenne n’a aucune autorité pour décider de l’avenir du Cambodge et que le gouvernement royal reste encore son interlocuteur privilégié.

Concernant Sam Rainsy, il a indiqué que ce dernier est actuellement recherché par les autorités et qu’il sera arrêté dès son arrivée dans le royaume. Phay Siphan a ajouté que quiconque accompagnerait M. Rainsy à son retour serait considéré comme complice.

Toujours au sujet de Sam Rainsy, le porte-parole du PPC, Sok Eysan, a déclaré que les accusations de violation des droits de l’homme dans le Royaume étaient fausses, soulignant que Sam Rainsy ne voulait que détruire la paix dans le Royaume.

Analystes

Enfin, le président de l’Académie royale du Cambodge, Sok Touch, a émis l’hypothèse que les déclarations de retour de Rainsy n’étaient qu’une stratégie pour collecter des fonds. ”…Il recueille de l’argent auprès de ses partisans parce qu’il dépense sans compter depuis longtemps…”, a-t-il déclaré.

Sok Sokun, alias James Sok, analyste indépendant basé aux États-Unis, a récemment commenté la vidéo de Sam Rainsy, exprimant avec ironie ses plus sincères condoléances aux Cambodgiens des États-Unis pour avoir contribué financièrement au parti d’opposition dans l’espoir d’obtenir un poste au sein du gouvernement. James Sok a demandé pourquoi les Cambodgiens ont été si naïfs pour faire confiance cette propagande du parti d’opposition ?

Haut de page