Musique – Interview : El Moreno et le bonheur sur scène

Le corps transpirant, le micro vissé à la bouche, les épaules hautes et le sourire large, El Moreno délivre à chacun de ses passages sur scène une prestation rythmée, actuelle et originale. Arrivé il y a deux ans au Cambodge, le chanteur cubain fait maintenant partie des soirées de la capitale. Cambodge Mag a rencontré l’auteur, le compositeur et l’interprète.

El Moreno (Premier à droite). Photographie par Luke Ding
El Moreno (Premier à droite). Photographie par Luke Ding

Felix Merlin Martinez, de son vrai nom, est né à La Havane il y a un peu plus de trente ans. Enfant talentueux dans de nombreux sports, il fait le choix de la boxe à l’âge de dix ans et intègre la fameuse Académie de Boxe Provincial Manuel Fajado, pour ensuite se joindre à l’équipe départementale durant 17 années consécutives. C’est aussi au cours de ces années qu’il développe son goût pour la musique et la composition.

Après une participation aux Jeux d’Asie du Sud-est en 2017 sous les couleurs du drapeau cambodgien, il décide ensuite de son consacrer entièrement à la musique. Entretien :

CM : La culture latine est peu connue au Cambodge. Des initiatives voient le jour dans la capitale depuis quelques années, on entend « Despacito » ou « Bailando » de temps à autre mais cela reste timide. Comment avez-vous réussi à vous faire une place à Phnom Penh ?

La scène musicale cambodgienne m’a ouvert ses bras facilement, mes premières performances ont rapidement été appréciées. J’aime ce que je fais et j’essaie au maximum de communiquer mon bonheur au public. Je travaille beaucoup sur mon propre répertoire de chansons. J’évite de trop faire des reprises en concert, je présente plutôt mes compositions. Et puis, j’ai reçu beaucoup d’aide et faveurs, je suis très reconnaissant envers ceux qui croient en moi, qui me guident et m’introduisent au tout Phnom Penh.

CM : Vous terminez actuellement un album. Comment se traduit l’influence du Cambodge dans votre écriture ?

Le Royaume est sans aucun doute une source d’inspiration. Cependant, le moteur principal de mon écriture reste ma culture urbaine latine, traditionnelle et contemporaine. Au Cambodge, j’ai découvert d’autres influences, d’autres types de productions et la rencontre de ces cultures me pousse à avoir plus de profondeur. Il faut aussi souligner que je rencontre beaucoup d’artistes à Phnom Penh et travailler avec eux me donne envie de mélanger les langues dans mes chansons par exemple, ce à quoi je n’aurais pas pensé avant. Ces deux dernières années ont été très actives pour moi, sur scène et en studio, j’ai gagné en confiance. Tout ce que j’ai appris sera retranscrit dans cet album.

CM : Le public vous connait donc surtout au Cambodge grâce à vos nombreuses performances live. Vous dites beaucoup donner sur scène.

Tout donner sur scène est très important mais aussi normal. Lorsque l’on fait ce qu’on aime on ne se pose pas de questions, on fonce, on donne tout et on espère que le public soit réceptif. C’est cliché, mais s’il y a un moment où je me sens bien en tant qu’artiste, c’est sur scène. Mon but lors de mes concerts est d’emmener les gens avec moi, de leur faire goûter à Cuba, j’essaie de donner le maximum à chacune de mes performances et de faire passer toute l’émotion de la culture latine.

CM : A ce propos, quelle est l’image de la musique cubaine au Cambodge ?

La musique cubaine est associée à la fête, la danse, la bonne humeur, la rencontre. Aujourd’hui, la culture cubaine actuelle voyage plus facilement et peut donc se présenter d’une façon plus moderne. Cependant, le Cambodge reste très attaché à une culture latine traditionnelle comme avec la salsa, la bachata, Buena Vista Social Club ou La Guantanamera. Mais je suis sûr que la musique latino jazz, courant plus moderne, fera son chemin dans le Royaume.

CM : Quel est le dernier album qui vous a marqué ?

“Fantasia” du groupe Los Van Van. Cet album s’identifie beaucoup à la culture cubaine et s’articule autour du quotidien des cubains, sobre et sans artifices mais aussi plein d’espoir.

Propos recueillis par Jean-Benoît Lasselin

Facebook : @felixelmoreno.merlin

Cet article est un extrait du magazine en ligne Cambodge Mag 5, disponible en ligne ici…. Pour télécharger le cahier spécial alumni, cliquer ici…

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