INDRI – S.E. Dr Chhiv Yiseang : Pour une diplomatie cambodgienne forte et créatrice d’idées

Quelques extraits du discours de bienvenue de S.E. Dr Chhiv Yiseang, Président de l’Institut National de Diplomatie et des Relations Internationales (INDRI) lors de la visite d’une dizaine de membres de France Alumni à l’institut.

S.E. Dr Chhiv Yiseang, Président de l’Institut National de Diplomatie et des Relations Internationales
S.E. Dr Chhiv Yiseang, Président de l’Institut National de Diplomatie et des Relations Internationales

Bienvenue :

”…Je suis ravi de rencontrer les responsables de France Alumni. Moi-même, je suis un alumni car j’ai effectué mes études en France au sein de plusieurs universités. C’est un grand plaisir de vous accueillir. C’est aussi un espoir de voir les compétences se renforcer avec le retour des diplômés qui contribuent au développement de notre société. Le recrutement et le renforcement des compétences font partie des priorités tant chez les responsables publics que dans le privé. Vous faites partie de ces hommes et femmes qui sont capables de travailler vite et de façon efficace dans un monde qui évolue sans cesse….”.

Vocation de l’Institut

Dans le domaine de la diplomatie, et donc à l’INDRI, nous cherchons à former des diplomates compétents et capables de traiter d’égal à égal avec les diplomates des autres pays. On a souvent dit que le Cambodge était un petit pays, un pays pauvre et la tendance générale de la part des autres pays est souvent de faire pression et d’imposer. On appelle cela les relations ‘’Grand frère- Petit frère’’, avec le grand frère qui a toujours raison…Le droit international ne fonctionne pas comme cela.

Nous avons donc besoin de diplomates compétents, solides, capables de discuter et de négocier sur un pied d’égalité avec les autres puissances. Cela implique des besoins importants en matière de ressources humaines qualifiées mais aussi créatrices d’idées.

L’exemple de Tout Sauf les Armes

Pour prendre un cas d’exemple réel et concret. Le débat sur le régime privilégié ‘’Tout Sauf les Armes’’ fait la une depuis un certain moment. Comme vous le savez, L’Union Européenne (UE) a lancé la procédure de retrait des préférences commerciales du Cambodge. Il reste 18 mois à travailler avant la décision finale. Pour le gouvernement, il faut des diplomates capables de montrer à l’UE qu’elle a une attitude de double standard, il y a deux poids deux mesures…il faut voir, des progrès ont été réalisés par le Cambodge et la coopération avec l’UE dure depuis plus de vingt ans, c’est là dessus que devrait porter l’essentiel des négociations.

C’est là que le travail de diplomatie, de lobbying prend tout son sens, il faut discuter, expliquer car c’est une ‘’sanction’’ qui aura des impacts si la décision prise va vers l’annulation des privilèges commerciaux. C’est une situation qui met le pays en situation de défi – opportunité. La question est : ‘’Que devient le Cambodge en cas de perte du régime privilégié ?’’. A rappeler que, quoiqu’il en soit, le Cambodge perdra de facto son privilège dans 5 ou 6 ans. Cela doit nous inciter à renforcer nos compétences et notre productivité ; et à simplifier nos procédures. Et, le gouvernement travaille dans ce sens, des mesures ont déjà été prises pour alléger nos coûts de production qui sont encore trop élevés.

J’ai ouvert cette parenthèse car le dossier TSA est un exemple de dossier qui mobilise des énergies compétentes. Nous en avons besoin et encore besoin.

Importance de la communication

Pour être efficace, la diplomatie nécessite du savoir-faire et des moyens. Elle a également besoin de réseaux. Au niveau externe, mais aussi interne, nous devons ouvrir des canaux de communication, cela aide grandement à résoudre les problèmes. Dans la ‘’nouvelle diplomatie’’, il se dit que les risques de guerre sont plus élevés si les diplomates ne se parlent pas. S’il n’y a pas de discussion, il y a des soupçons…il faut donc toujours se parler.

La diplomatie aujourd’hui est compliquée. Vous le savez, la situation mondiale évolue très vite. Nous observons une guerre commerciale entre les grandes puissances. Vous avez pu voir les problèmes sociaux en Europe, en France particulièrement avec les gilets jaunes puis la rupture diplomatique avec l’Italie.

Quand il y a des problèmes, un pays ne peut pas se développer tranquillement. Prenons l’exemple de Singapour. En 1965, Lee Kuan Yew déclarait qu’il souhaitait développer Singapour à l’image de Phnom Penh…Et, le développement spectaculaire de la ville-état est principalement lié à la paix et à la stabilité depuis 1965. Pour le Cambodge, cela a été différent, entre le coup d’état, le régime des Khmers rouges et ensuite les douze ans d’embargo international.

Et, malgré les Accords de Paris et les élections, il n’y avait pas encore de véritable paix. Ce n’est que depuis 1998, qu’il y a une paix totale. Beaucoup d’étrangers qui ne connaissent pas notre histoire pensent que le Cambodge est un pays comme les autres. Et, ils cherchent des détails pour faire pression sur le pays.

Donc, on peut très bien comparer ces deux pays, paix, stabilité et développement pour Singapour depuis 1965, la même chose pour le Cambodge depuis 1998.

C’est important pour le Cambodge d’être fort et capable de s’exprimer dans un monde incertain, sujet à de nombreuses tensions entre les grandes puissances.

Avec France Alumni
Avec France Alumni

Les bienvenus

C’est très important pour nous de travailler ensemble, de pouvoir discuter, avec les alumni. J’ouvre grandes les portes de l’Institut pour organiser des rencontres, des discussions sur un thème précis. Vous êtes les bienvenus.

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