Crime : Raid chez le gang des Roumains – Nigériens, une supérette de la mort

Après l’arrestation du Roumain Olaru Narcis Manuel, les autorités ont procédé à une perquisition chez son complice nigérian Azubam Celestine Emeka. Le raid a permis de découvrir un stock de :  Méthamphétamine = 4665,31 grammes, Cocaïne = 610,59 grammes, Héroïne = 20,27 grammes, Comprimés de MDMA = 6,58 grammes, Kétamine = 1,22 gramme “. Composés chimiques : acétone = 10 litres, éther diéthylénique = 28 litres.

Éther…

L’utilisation de l’éther entre dans l’une des étapes du processus de fabrication de la drogue, la salinisation. Cette dernière permet après chauffage de donner une consistance solide. L’éther n’est pratiquement plus utilisé dans la fabrication de drogues dures en raison de sa très haute toxicité. Les produits les plus couramment utilisés restent l’ammoniaque dilué ou le bicarbonate de soude.

Raid chez le gang des Roumains - Nigériens, une supérette de la mort
Raid chez le gang des Roumains – Nigériens, une supérette de la mort

Processus

Au lieu d’être purifiée, la drogue est mélangée lors de sa cuisson avec d’autres produits pour en augmenter le volume On utilise généralement les résidus de bicarbonate auxquels sont ajoutés des colorants et des excipients plus ou moins dangereux et exotiques tels plâtre, détergent ou encore des médicaments effervescents écrasés, et parfois de la poudre de serpentin anti-moustique.

Idem, l’acétone est un solvant également utilisé dans le processus de fabrication de drogue. Toutefois, chaque trafiquant – apprenti laborantin a sa propre méthode. Et, il est difficile de déterminer la composition exacte de leur ”recette”. Une chose est sure : c’est nocif, dangereux et, son utilisation montre un mépris flagrant des effets dévastateurs sur les victimes. Comme mentionné plus haut, même les trafiquants professionnels n’utilisent pratiquement plus l’éther en raison de sa dangerosité.

Laboratoire ?

Alors que ces criminels ont déclaré n’être que des revendeurs important de drogue venue du Laos, il est fort probable, au vu des produits chimiques et accessoires saisis que le gang procédait à quelques ”transformations locales” pour vendre dans les rues de Phnom Penh. Toutefois, cela n’a pas été indiqué par la police.

Balances, passeports, emballages et téléphones trouvés au domicile – supérette de la mort du trafiquant ont également été saisis.

Campagne anti–drogue

Rappelons qu’en 2018, les autorités cambodgiennes ont arrêté un total de 1 485 suspects. 806 suspects étaient impliqués dans le trafic de drogue et 679 étaient liés à la consommation. 110 d’entre eux sont des femmes. Lors du lancement de la campagne anti-drogue en janvier 2017, le vice-premier ministre Ke Kim Yan avait déclaré qu’il y avait officiellement plus de 12.000 toxicomanes au Cambodge.

D’après l’Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime, le trafic continue d’augmenter et de menacer sensiblement la sous-région du Mékong. La production et le trafic de méthamphétamine et d’héroïne de la région génèrent une valeur annuelle estimée de plus de 31 milliards de dollars US. Ensuite, les rapports indiquent que l’utilisation et l’approvisionnement restent croissants dans les pays du Mékong. Ils démontrent aussi que les drogues synthétiques, en particulier la méthamphétamine, restent une grande menace.

L’agence de l’ONU a déclaré que la facilité de transformation de la  méthamphétamine pourrait expliquer sa popularité.

En 2006, 86 laboratoires ont été découverts en Asie de l’Est et du Sud-Est. Douze ans plus tard, leur nombre est supérieur à 500, selon les estimations de l’ONU.

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